More
    More
      Array

      Dis moi comment tu testes, je te dirais qui tu es!

      Souvent décriés, toujours critiqués, parfois dénoncés, les tests de jeux vidéo sont néanmoins attendus à chaque grosse sortie avec impatience par les joueurs. Il est parfois même plus passionnant de lire les commentaires qui s’y rapportent que les tests eux-mêmes, racontant corruption, dessous de table et intrigue politico-sociale à faire pâlir Tom Clancy et consorts. Afin de lever pour vous le voile sombre du mystère des notes de tests, j’ai décidé d’enquêter pour vous dans les limbes et les recoins les plus sombres de la rédaction de Just Focus. Préparez-vous à découvrir les petits secrets de vos rédacteurs préférés et comprendre un peu mieux les notes que vous voyez défiler.

      Pour vous mettre dans l’ambiance, je vais vous reposer le contexte : un soir de pluie, je suis dans mon bureau, assis confortablement dans mon fauteuil, les pieds sur le bureau, les gouttes glissant sur la fenêtre, la musique de blues trottoir et un verre de Whisky (l’alcool c’est mal, à consommer avec modération, ce n’est pas vrai, c’est juste pour l’ambiance !) et je lis le test d’Exheres sur J-star Victory VS+. Et là, l’affaire du siècle me tombe dessus ! Comment être moins en accord avec ce test, moi qui me force à avancer dans ce jeu qu’il apprécie ? Je me dois de mener l’enquête, le monde doit savoir comment ce test est né et le pourquoi du comment. Je me pose alors la question : comment est réalisé ce test ? Pourquoi les notes diffèrent sur la qualité d’un jeu soi-disant évaluée sur des critères objectifs ? Ni une, ni deux, je prends mon chapeau et mon trench coat virtuels (aussi appelés clavier et souris dans le milieu des non initiés) et je plonge dans l’investigation. Ouvrons ensemble le dossier « Dis-moi comment tu testes, je te dirais qui tu es ! ».

      maxresdefault

      En grand enquêteur que je suis (j’ai fini tous les Phoenix Wright et les chevaliers de Baphomet ainsi que les Professeur Layton), il ne me faut pas longtemps pour tomber sur le premier indice. Tout en bas du test, une petite note indique « Graphismes »,  « bande-son », « Jouabilité », « Originalité », « scénario » et « durée de vie ».Hum, a priori nous avons à faire ici à des éléments plutôt objectifs, vérifiables et quantifiables. Cependant, mon regard se remplit alors d’étoiles. Non, je ne rêve pas, c’est le système de notation ! Une seule étoile pour les graphismes ? Tiens, ça ne m’avait pas l’air si moche que ça… Durée de vie, 4 étoiles ? Peut-être, mais le peu d’intérêt que m’apporte ce titre me ferait dire qu’elle est beaucoup trop longue… Décidément, le mystère s’épaissit. Loin de m’aider à comprendre, cet indice me dit qu’il ne faut pas se fier aux apparences, cette enquête s’annonce plus profonde qu’elle n’y parait.

      Une question me saute alors au visage. Pourquoi ? Pourquoi Exheres a-t-il fait ce test et pas moi ? Vu qu’il se trompe dans son test car nos avis divergent. Comment sont attribués les tests ? La clé de l’énigme se situe peut-être en amont. Je remonte donc l’allée Web jusqu’au petit bar où discutent les rédacteurs de la section jeux vidéo de Just Focus (aussi appelé groupe privé facebook) et là, je tombe sur une discussion entre les protagonistes où chacun dépose ses cartes et atouts sur la table à la manière d’une partie de poker endiablée. Exheres veut tester Assassin’s creed Syndicate et Yakuza 5, Kihaa le dernier Tomb Raider et Archange veut Halo 5 et Dragon Quest Heroes (entre autres). Et là, la lumière. Un premier élément de réponse : les rédacteurs choisissent les jeux à tester en fonction de leurs affinités et de leurs attentes. Premier élément de subjectivité, chacun ayant ses petites préférences sur un genre, un éditeur, une licence ou même un univers. Cela semble pourtant logique, on ne fera pas tester FIFA à un rédacteur ne connaissant pas la règle du hors-jeu, ni un Call of Duty à quelqu’un que les FPS rends malade. De même qu’un homme ne testera pas Cooking Mama ou quelqu’un de bon goût The Order… Je m’égare. La première partie de mon enquête s’achève donc ici et j’y vois un peu plus clair : la suite sera en DLC (non je rigole!). L’affinité du testeur avec la licence, l’univers ou le genre va déjà amener une légère différence de notation.

      PhoenixWright2

      Pour autant, arrêter mon enquête ici serait trop simple, une petite voix dans ma tête me murmurant : « Oui, mais pour les jeux imprévus à tester ? Et pourquoi J-Star que vous avez fait tous les deux et donc qui à priori est un style qui vous plait ne reçoit pas la même appréciation ? » Zut, mon professionnalisme journalistique me pousse à approfondir la chose. En effet, si les joueurs jouent à un jeu, c’est qu’à la base ils éprouvent une certaine affinité avec le genre et ils ne sont pas d’accord pour autant avec les tests. Je continue donc mon enquête sur le boulevard des commentaires et m’attarde sur ceux du test de Mad Max et d’Until Dawn (deux très bon tests au passage !) Et que vois-je ? « 70 euros pour 6h de jeu c’est trop », « le scénario est cousu de fil blanc ! ». Mais… Mais… Mais vous ne comprenez pas ? L’important n’est pas d’avoir deviné la fin, mais d’avoir VECU l’aventure. Et vraiment, j’insiste sur le terme « vécu ». Ou encore « Mad Max est répétitif », « le scénario est basique ». Sérieusement, vous n’avez pas RESSENTI ce fun en parcourant les terres désolées ? Vous n’avez pas pris votre pied en écoutant vrombir le moteur V8 ? Vous n’avez pas frissonné lors de l’approche de la tempête ou jouit du sentiment de puissance à faire exploser tout un camp ? Et là, deuxième illumination. Oui, je le reconnais, vider 191 décharges, reconstruire 4 forteresses totalement identiques si ce n’est par leur leader, c’est redondant. Mais c’est vraiment ça qu’il reste comme impression lorsqu’on lâche la manette ? Je veux dire, est ce que ce que les gens retiennent à la fin de Shadow of the colossus c’est qu’ils ont éliminé 16 fois des colosses ou bien qu’ils ont vécu un voyage extraordinaire ? Retient-on de God of War qu’on a enchainé des combats contre des dieux ou le plaisir presque malsain de les avoir poutrés ? Et là, je me rends compte qu’on soulève pour moi le point le plus important lorsque je teste un jeu : la réminiscence. Le souvenir. Le sentiment que l’on éprouve en posant la manette. Si en la lâchant, je ne pense qu’à la reprendre, c’est gagné. Si je repense au voyage que je viens d’effectuer, sourire aux coins des lèvres, larme à l’œil avec nostalgie, alors « this is it » comme ils disent. Pour moi, l’important est là, dans ce qu’on cherche en plongeant dans le jeu. Du coup, je décide de convoquer mes collègues rédacteurs et de leur poser LA question : « Qu’est-ce qui est le plus important pour vous quand vous testez un jeu vidéo ? »

      Voici le compte rendu des auditions :

      Kihaa : « Pour tous les jeux classiques, soit une grosse proportion des jeux (ne sont pas comptés dedans les jeux de sports, les moba, Sandbox et FPS only multi), mon premier contact avec l’ambiance sera primordial. Dans ce qui participe à l’ambiance, j’entends : la bande-son, le design du jeu / graphismes et la tonalité. Suit de très près l’Histoire : scénario, richesse des personnages, cohérence de l’univers et dialogues. Le gameplay représente un plus, mais si l’ambiance et l’histoire sont haletantes alors je pardonne plus facilement les imperfections. De très beaux graphismes sans aucune profondeur derrière ne m’intéressent pas. Je préfère un visuel un peu plus modeste avec de vraies qualités plutôt qu’une vitrine. Plaisir et affectif sont intimement liés. C’est de l’attachement à un personnage, à une trame, à une musique, que nait l’envie d’avancer. Quelque chose qui nous transcende et nous extirpe de notre quotidien pour nous faire évader dans un monde imaginaire. Imaginaire et pourtant si réel… »

      Exheres : « Un test doit faire apparaître de façon très claire les défauts d’un jeu car oui, aucune œuvre n’est parfaite, quel que soit le domaine, et les jeux vidéo ne font pas exception. Bien sûr, les points positifs peuvent rattraper les points faibles et les atténuer selon leur importance, mais en aucun cas les effacer. En général, je trouve toujours à dire quelque chose qui n’a pas souvent été évoquée ailleurs. Certains diront que je cherche la petite bête, mais en fait j’en suis fier ! »

      ShiniPanda : «  pour ma part, préférant les RPG, il me faut une histoire sympa, qui puisse me surprendre, un peu comme un bon film ou une bonne série, et que les combats soient dynamiques, car le tour par tour des années 90 c’est mignon, mais la technologie d’aujourd’hui permet beaucoup plus de choses. J’aime aussi que les jeux d’aujourd’hui proposent des modes multijoueurs (co-op ou versus) online ET offline, car les télévisions sont grandes aujourd’hui, mais le offline se fait de plus en plus rare.  »

      Arya : «  Le jeu-vidéo est pour moi une évasion. C’est là où tout est possible, là où on peut s’échapper quelques heures pour voir et vivre quelque chose d’autre que le quotidien. Comme un bon livre pourrait le faire. Mais là où est l’intérêt d’un jeu, c’est qu’en plus de pouvoir laisser son esprit rêver et imaginer, on nous permet d’être acteur. Certains jeux d’acteurs sont mieux que d’autres, tout dépend de comment est ficelé le scénario. Alors mes premiers critères sont certainement, le scénario, l’ambiance, la musique…L’histoire qu’on tente de nous conter. On pourrait croire ainsi que je n’aime que les RPG, ou les jeux d’aventures… Mais ce n’est pas forcément le cas. Si les jeux de sport ne m’intéressent pas, je peux apprécier à leur façon les FPS. Chaque genre à des qualités et des défauts. Je peux apprécier uniquement le fun bête et méchant que certains jeux vidéo peuvent nous apporter, mais il est clair qu’ils ne feront pas partie des pépites qui me feront vibrer. Pour ça, le jeu doit avoir sa propre âme, je peux pardonner beaucoup, si le jeu arrive à me transporter. »

      shadow_of_the_colossus.0.0

      Je peux maintenant tirer les conclusions de cette enquête, je m’aperçois que si le test est toujours fait dans l’intention d’être le plus objectif possible, il y a toujours une partie de subjectif qui fera varier les notes en fonction de ce que chacun vit et ressens. C’est ce qui fait la beauté du jeu vidéo, tant de diversité, tant d’expériences à vivre, de voyages à parcourir et que chacun y trouve son compte au final.

      0

      LAISSER UN COMMENTAIRE

      S'il vous plaît entrez votre commentaire!
      S'il vous plaît entrez votre nom ici

      Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

      Publicité