Découvrez les œuvres de Kalilou Diakite : féministe, patriote, gosse de cité

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De nos jours, de plus en plus de voix indignées réclament justice et reconnaissance pour les marginaux et les oubliés. Des cris qui résonnent avec force dans tous les milieux militants. « Souffle à la femme » est un essai de Kalilou Diakite. Ce texte publié chez Edilivre en 2017 révèle la pensée intime de son auteur, sous la forme d’un vibrant hommage célébrant la femme dans toute sa complexité, sa force, et sa beauté.

Kalilou Diakite, un auteur engagé à la plumé poétique

Kalilou Diakite, de sa plume passionnée et empathique convie son lecteur à une immersion complète à travers les différentes époques et les cultures du monde entier. Ainsi, il souhaite présenter différents visages : tous appartenant à des femmes de bords opposer. A la fois mère, guerrière, inspiratrice, et pilier de l’humanité, elle incarne, à bien des égards un modèle pour l’écrivain. À l’instar des œuvres emblématiques et fondatrices telles que « Le Deuxième Sexe » de Simone de Beauvoir ou « La Femme eunuque » de Germaine Greer, « Souffle à la femme » pourrait être considéré comme un manifeste moderniste, qui redéfinit la place et l’importance de la femme dans un système qui se veut progressiste, mais qui ne l’est pas tant que ça.
L’auteur évoque parfois leur statut de victimes silencieuses d’inégalités séculaires ; mais avant tout, il souhaite les décrire comme des entités puissantes, capables de défier les normes et de transcender les frontières imposées par cet affreux patriarcat, qu’il faut à tout prix abolir. Il reconnaît leurs luttes et sacrifices, tout en célébrant leur capacité – qu’il considère comme « innée » à nourrir, à protéger, et à inspirer le changement.
Dans un style qui rappelle par moments la critique de Virginia Woolf, Kalilou Diakite parvient à équilibrer critique sociale et admiration. Malgré son genre masculin, l’auteur aborde des sujets difficiles tels que la violence contre les femmes, les inégalités éducatives, et les disparités dans la représentation politique, sans jamais tomber dans le piège du sensationnalisme ou de la simplification excessive. Finalement, ce texte appelle à l’action : c’est un encouragement à se rebeller contre une société où les voix sont souvent étouffées, voire ignorées. L’auteur utilise donc l’écriture pour se battre au nom d’une inclusivité réelle. Cet essai universaliste et solidaire montre la voie vers un monde où les femmes seraient pleinement reconnues comme égales, dans tous les aspects de la vie… Le combat est encore long, mais le résultat en vaut la chandelle.

Après son essai féministe et humaniste, Kalilou Diakite présente « Francité »

Partout dans le monde, et aussi en France, nous remarquons une remise en question des identités nationales. Nombreux sont celles et ceux qui sont à la recherche d’une cohésion dans la diversité. « Francité» du même auteur, est paru chez Hello Éditions. Cet essai totalement ancré à son époque se présente comme un reflet brut et sans concession de la société française contemporaine. Sous forme de critique satirique, Diakite décortique avec brio les paradoxes et les complexités de ce qu’il nomme la Francité, en pointant du doigt les forces et des fissures qui animent la France d’aujourd’hui. Comme tous les grands artistes et auteurs avant lui, l’écrivain utilise la satire pour exposer les contradictions qui composent ce paysage social auquel on se confronte chaque jour. Pour cela, il n’hésite pas à s’attaquer à l’élite politique et au patrimoine culturel français.
On s’interroge même : qu’est-ce que c’est, que tout ça ? Pour répondre à cette épineuse question qui secoue tous les milieux : disparités régionales, inégalités éducatives, tensions politiques qui ébranlent les fondements mêmes des idéaux républicains, mettant à nu la distance souvent énorme entre les principes et la réalité vécue par les citoyens.
Diakite n’hésite pas à dépeindre les aspects les plus sombres de la « Francité » sans pour autant tomber dans le pessimisme ou encore le cynisme, que l’on retrouve chez tant de journalistes en quête de buzz. Sous un angle optimiste, mais jamais déconnecté de la réalité, il tient à mettre en avant la vitalité des mouvements sociaux et le dynamisme d’un pays vivant en constante mutation. Son œuvre est nourrie de références actuelles et populaires, faisant écho à la manière dont Émile Ajar (Romain Gary) dépeignait la société dans « Gros-Câlin », en capturant l’absurdité et la tendresse de l’existence dans une France multiculturelle.
Ainsi, « Francité » se lit comme le patchwork qu’est la France d’en bas et d’en haut, des oubliés et de ceux dont on ne cesse de parler, dans un dialogue parfois harmonieux, tantôt discordant, mais toujours profondément humain. L’auteur explore notamment des thèmes comme l’immigration, la délinquance, mais aussi l’économie, sans jamais perdre de vue les individus qui vivent et respirent. Trop de fois, le peuple est pointé comme une entité non pensante, mais l’auteur décide ici de lui donner une multiplicité complexe où chaque individu existe. Avec un petit goût de Camus, « Francité » montre bien ce que c’est, de chercher qui est la France, ce qu’elle est vraiment, au plus profond d’elle-même, dans son identité. Diakite n’offre pas de solutions toutes faites, mais ouvre des possibilités sur diverses solutions : vivre ensemble, avec nos différences, dans le respect et la reconnaissance mutuelle. Un vaste programme qui fait rêver, n’est-ce pas ?

« Ghetto Island » de Kalilou Diakite chez Hello Éditions : bienvenue dans la vie de quartier

Attention, alerte coup de cœur ! Dans sa troisième œuvre, Kalilou Diakite présente un récit d’une rare richesse et authenticité. Chaque voix résonne avec une intensité qui lui est propre. Diabolisée dans les médias de droite, la cité n’est pas aussi dichotomique qu’on veut bien le présenter. Un rassemblement de gens qui restent entre eux ne souhaitent pas se mélanger ni s’intégrer à un pays qui ne veut pas d’eux et très majoritairement composé d’immigrés. Très loin des grandes chaînes à la CNEWS ou BFMTV qui peinent à refléter l’âme de ces communautés, l’auteur s’interroge sur ce qui s’y passe vraiment. Un quotidien fait d’épreuves redoutables, mais constituées de gens qui rêvent aussi.
Cette œuvre se démarque par son réalisme cru et sa capacité à capturer l’essence brute de la vie dans les quartiers défavorisés, rappelant les tableaux sociaux de Steinbeck dans « Les Raisins de la colère », mais version française. Diakite, avec sa plume légère et à la portée de tous, peint les portraits de ses personnages avec une précision admirable. On sent bien que l’auteur connaît son sujet et le maîtrise à 100%. Dans ce milieu, les individus se laissent aller à des élans de douceur et de brutalité, où l’on se bat chaque jour.
« Ghetto Island » est un livre où se croisent des vies marquées par des récits entrelacés : ceux de tant de personnages comme Baki, Annabelle, Thomas, Ophélie, et de nombreux autres individus plus vrais que nature. Dans ce quotidien somme toute ordinaire, on retrouve une certaine poésie et beaucoup d’émotions dans des tranches de vie à priori banales.
Ainsi, l’écrivain invite à combattre les idées reçues et à voir au-delà des apparences, à reconnaître la beauté dans les endroits les plus inattendus. Grâce à son empathie, il nous permet d’infiltrer les grandes tours des cités et à mieux connaître cette fameuse île du Ghetto…

Une plume à suivre de près : Kalilou Diakite

L’artiste, à travers ses œuvres « Souffle à la femme », « Francité », et « Ghetto Island », se concentre avant tout sur son sujet de prédilection, à savoir la condition humaine. Il explore les luttes de chacun, les espoirs et les contradictions qui façonnent nos vies, sans qu’on les remarque au premier coup d’œil. Chacun de ces textes tout en abordant des thématiques distinctes – respectivement l’émancipation des femmes, les paradoxes de la société française, et la vie dans les banlieues difficiles – converge vers une sorte de justice face aux inégalités. L’on peut dire que ses créations réussissent à retranscrire ce qu’est la véritable diversité, et pour cela, il mérite qu’on lui tire notre chapeau !