Naël Kaced, When They Catch me, nouveau single.

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Naël Kaced : when they catched me

Naël Kaced fait figure de météorite sur la scène musicale française. Son nouveau  single When they catch me révèle autant un talent dans l’écriture de texte que dans la composition musicale. Choriste et aussi figurant dans un clip de Jeanne Added, il s’est révélé comme artiste, lors des premières parties de concert de la tournée, de cette artiste renommée, en 2022 et de Carla Morrison .

Après le confinement, il sort un premier titre Forfeit. Il y montre déjà l’audace et l’étendue de son projet artistique. Entre le lyrisme et les notes cristallines, on remarque le travail sur la mélodie avec des envolées aériennes poétiques, qui contrastent avec un spectre vocal profond et envellopant dans les graves. L’univers vocal suggère un monde intérieur qui invite à la réflexion et la rêverie.

Son nouveau single When They Catch me surprend autant qu’il enchante à la première écoute. On décèle la patte d’artistes prodiges de la musique contemporaine dont le travail scénique, musical et surtout l’utilisation de la voix, comme un instrument, apporte richesse, profondeur à l’art lyrique (au sens large du terme). En référence à ces artistes 2. O, Naël Kaced nous laisse entrevoir la musique du XXIème siècle entre l’opéra moderne et la soul futuriste, tel un Moses Sumney ou un Taylor The Creator made in France. La comparaison est écrasante et on espère à la deuxième écoute qu’elle ne  soit pas un pâle reflet de la source d’inspiration.

Le clip a le mérite de raconter une histoire qui rend bien l’idée d’un univers personnel riche de référence historique ou mythique. Le thème grave et universel de la mort pose le décor avec cette interrogation qui nous touche tous : qu’est ce qu’il y a après? Le thème peut faire peur pour un second titre mais il est abordé avec candeur et une curiosité qui n’aura pas, voire jamais, de réponse.

Naël nous fait savoir qu’il va être en art ce qu’il est dans la vie, il pose son décor, continuité de son imaginaire d’enfant. Cela aurait pû être simpliste mais le choix des couleurs, des accessoires et des scènes sont à mi-chemin entre un huis clos de théâtre et l’exploration d’un univers lunaire inexploré. Dans une armure de chevalier, entre Hamlet et un conquérant des temps modernes, presque donquichottesque, Naël fait penser à la solitude du héros légendaire. Peut-on y voir la métaphore de l’artiste?

Ce tire ravit avec un seul bémol, on aurait aimé retouvé ce doux timbre grave de forfeit, qui ici sonne plus marqué, cela aurait apporté une autre dimension à la mélodie, comme une voix souterraine. Mais l’ensemble est de toute façon impactant.

Subjugué et touché par l’esthétique autant musicale qu’iconographique, on ressent l’irrépressible envie que l’artiste pousse encore plus loin son projet. l’Ep annonce on l’espère un album à la mesure de la faim qu’il titille. Que l’opus soit à la hauteur de la scène londonienne ou états-unienne, qu’il ouvre une nouvelle voie vers une mouvance musicale qui se tourne davantage vers l’exploration de frontières musicales sans cesse repoussées. On est enthousiaste, on nourrit de grands espoirs, on a hâte de découvrir le premier opus pour savoir si l’artiste va nous embarquer dans sa nacelle vers des hauteurs vertigineuses que l’on envie aux artistes anglophones!

Naël est incontestablement un artiste à suivre, gageons qu’il n’est qu’aux prémisses d’une oeuvre qui va monter en puissance et ne va pas cesser de nous impressionner!