The Eminence in shadow saison 2 : encore plus fou

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La série coup de cœur The Eminence in shadow est revenue pour une seconde saison sur ADN. Reprenant les thèmes classiques de l’isekai et de la fantaisie, elle en a magnifié les codes en jouant la carte de l’audace, du politiquement incorrect et du décalage permanent. Avec en prime, une narration dynamique et une animation de haute volée. C’est peu dire que nous avons attendu avec impatience cette suite.

Un nouveau départ

Lorsque Cid, lycéen de jour, justicier la nuit meurt d’un accident, sa vie bascule. Il se réincarne dans un monde parallèle bâti sur la magie et des technologies steampunk. Il est désormais le second fils d’une famille de petite noblesse mais doté de pouvoirs puissants. Pour profiter à plein de sa nouvelle vie, il cache l’étendue de ses pouvoirs et s’invente une histoire secrète où il lutte avec une armée de l’ombre contre l’Ordre de Diabolos.

Mais la vie réserve bien des surprises et tout au long de la première saison, il découvre que cet ordre existe bel et bien et menace l’équilibre de ce monde. A l’aide d’une troupe de jeunes filles talentueuses, audacieuses mais crédules, il mène la lutte, dissimulé derrière le masque de l’Éminence de l’ombre. Ses succès l’entraînent malgré lui à s’impliquer davantage dans les luttes politiques de cet univers décidément bien étrange.

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The Eminence in shadow : un savant mélange des genres

Cette seconde saison prend un tournant narratif différent de la précédente saison. En effet, si la première saison se concentrait sur la mise en place et la lutte entre Cid et Diabolos, la seconde va multiplier les arc narratifs. Les trois premiers épisodes nous proposent un récit horrifique dans un style oscillant entre les 7 samouraïs et le western avant d’embrayer sur une intrigue politico-économique puis une excursion aux bains, une comédie de mariage et un duel époque contre un démon surpuissant. Et si le passage d’un univers à l’autre est aussi fluide, c’est parce que les scénaristes ont parfaitement installé leur monde à mi-chemin entre le sérieux et le loufoque.

Ce savant mélange des genres s’appuie, en outre, sur l’exploitation d’une idée centrale : les conséquences de l’arrivée de Cid dans ce monde. En effet, il est élément perturbateur qui apporte avec lui des idées inconnues dans cet univers, notamment celles liées au fonctionnement capitaliste. Ses alliées et ses adversaires vont donc se livrer une guerre commerciale à coup de manipulation monétaire, de spéculation. Les jeunes naïves, guerrière la nuit, deviennent, de jour, des requins de la finance théorisant sur les fluctuations du marché. Elles enchaînent les paris dignes des plus grands traders de Wall Street.

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Les seconds rôles au premier plan

Cette saison laisse une place centrale aux personnages secondaires. Nous retrouvons d’une part une partie des protagonistes de la saison 1 qui doivent gérer les conséquences de leurs actes et ceux de Cid. Certains, certaines sont obligés de se reconstruire, de trouver leur propre voie, d’apprendre de leurs erreurs. En les sauvant, Cid a brisé la roue du temps et créé un déséquilibre. Et si lui, agissant à visage caché, n’est pas inquiété par ses changements, les autres ont perdu, leur statut, leurs illusions, leur famille.

La seconde saison de The Eminence in shadow rajoute de nouveaux personnages iconiques, notamment dans l’arc introductif de la cité sans loi. La ville, mise en coupe réglée, par des goules est tenue par des clans rivaux. Dans la plus pure tradition des chanbarra/western, les chefs de bandes sont dévorés par leur hubris mais sont obligés de faire cause commune pour triompher d’une menace mortelle. Leur rivalité est poussée, en réalité, par le respect qu’ils ont les uns envers les autres. Et l’arrivée de Cid va les contraindre à révéler leur vraie nature.

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The Eminence in shadow : le harem en folie

The Eminence in shadow fonctionne comme un anime dit de « harem ». Un jeune homme, ici Cid, est l’objet de la convoitise de nombreuses jeunes filles, ses disciples en l’occurence. Et la série continue de jouer à fond cette carte de la suggestion, de « l’érotisme » très léger soulignant l’attirance réciproque, les rivalités et le sex appeal des membres des shadow garden. L’épisode 8 est à ce titre l’apothéose de ce jeu de séduction en centrant l’action dans une station thermale, ce qui n’est pas sans rappeler un passage de l’excellente BD Freak’s Squeele.

Mais ce passage dans la station thermale montre aussi à quel point la série évolue. Cid est absent ou en second plan comme dans de nombreux épisodes. Sur-puissant, il peut renverser n’importe quel adversaire. C’est pourquoi la série se concentre sur ses acolytes qui prennent de plus en plus d’importance et d’autonomie confrontant Cid à ses propres mensonges. Elles deviennent le ressort permanent de malentendus, de quiproquos qui rythment en permanence la série.

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Nous ne pouvons que vous recommander de regarder cette suite endiablée de The Eminence in Shadow. Très belle visuellement, cette seconde saison continue de nous entraîner dans un isekai qui se permet toutes les audaces, les ruptures de ton. Si vous rechercher une autre série déjantée, vous pouvez vous jeter sur la série Miss Kuroitsu.