Retour sur le MaMA Festival 2023, Just Focus zoome sur la programmation !

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Fils Cara - Mama Festival 2023

L’énergie cinétique de Fils Cara 

Accompagné d’un claviériste (Francis Gros) et d’un batteur (Léo Puccio), Fils Cara a rapidement donné le ton de son concert à la Cigale ce jeudi 12 octobre dans le cadre du MaMA festival 2023.

Un show d’une scénographie définie par des faisceaux de lumière qui tombent en douches ou traversent l’espace comme des éclairs, un jour d’orage. La silhouette de Fils Cara se détache sur une obscurité brumeuse, parfois on ne distingue qu’un contour évanescent, ou un regard perçant.

Tel Icare, l’artiste nous invite à le rejoindre dans les hauteurs de ses rêveries, de ses réflexions sur le monde et de ses états d’âmes. Il donne l’impression d’être toujours en déséquilibre, comme un funambule qui sautille, rebondit sur le son.

C’est à la vitesse de flashs lumineux que le texte se diffuse dans la salle avec la profondeur d’une plume imagée. Les mots planent et éclatent la langue française comme des bulles d’air aériennes avec des titres emblématiques comme Nanna, Sous ma peau ou New York Times.

Un magnétisme électrique se dégage par vagues savamment dosées jusqu’à ce que la salle absorbe le rythme et les vibrations. Puis Fils Cara descend dans la fosse et casse la distance, par là il donne un nouveau souffle (une nouvelle énergie) au concert, une pulsion d’une fraicheur et d’une spontanéité généreuse. Il le dit dans ses lyrics, viens, monte-lui ne peut pas descendre.  

Il plane tantôt par son chant aux gimmicks entêtantes, tantôt parce qu’il se réfugie dans sa bulle, son paradis. La musique est tout aussi planante, avec des sonorités pop, rock ou jazz, toujours une pulsion up-tempo énergétique qui porte un socle musical riche et dense. On sent que le spectacle est maîtrisé, à la hauteur d’un artiste qui ne transige pas avec lui-même. Une forte identité artistique et une vraie singularité sur la scène actuelle, autant dans la proposition musicale et mélodique que dans l’écriture des textes! 

Ehla, une musique, qui pulse volontairement du fun. 

C’est une tout autre ambiance qui s’installe avec Ehla. Avec une apparente décontraction, l’artiste entame ses titres phares Antidote, J’suis pas d’ici, (titre qui lui a donné une visibilité internationale, repris dans la série Netflix Emily in Paris)…

Accompagnée d’un clavieriste (Hinsberger)et d’un batteur (Antonin Violot), elle fait le choix d’une scénographie dépouillée. La musique pose un rnb à la française, qui n’a pas d’autre ambition assumée que de donner du fun, des ondes positives, du rose paillette et une évasion sans prise de tête.

Au fur et à mesure du show, Ehla se livre avec simplicité, elle rappelle qu’elle n’a jamais renoncé malgré les obstacles et la difficulté du métier à faire la musique qu’elle aime. Une musique qui pulse au rythme d’une pop pétillante au groove bien présent.

L’artiste confie qu’elle s’autorise plus de libertés musicales, consciente qu’elle s’émancipe du jugement et du regard des autres. On la découvre avec un charisme attachant, une sincérité désarmante et une maturité artistique.

Une aisance mélodique et des envolées vocales originales laissent deviner qu’elle n’a pas fini de nous dévoiler d’autres facettes de son talent pugnace. Repérée comme une artiste incontournable de la scène actuelle, Ehla s’affirme et rayonne autant par son talent que son authenticité.