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      In the Mood For Love : ressortie d’une œuvre intemporelle en 4K.

      Voici un événement vieux de 20 ans que les moins de 20 ans n’ont pas connu. En mai 2000, In the Mood For Love fut présenté au festival de Cannes avec toute la légende qui l’entoura puisqu’il fut terminé de monter 24 heures avant la projection officielle.

      Un tableau en 4K

      Ce tableau animé raconte une histoire d’amour platonique rythmée par une valse langoureuse (Yumeji’s theme de Shigeru Umebayashi) qui imprègne l’œuvre d’une mélancolie poétique. Le film In The Mood for Love ressort prochainement en 4K pour le plus grand plaisir des cinéphiles et des personnes qui souhaitent découvrir ce monument du septième art.

      Magnifié par la 4K qui rend le film encore plus beau visuellement. La 4K permet un rendu parfait de l’image, lui apportant une très grande luminosité encore jamais atteinte avec les copies précédentes. Le film jouant beaucoup sur la musique et le son, on perçoit maintenant les plus infimes détails des notes musicales.

      Wong Kar Wai nous plonge dans le Hong Kong de 1962 pour y suivre la vie simple de M. Chow (Tony Leung, récompensé de prix d’interprétation masculine à Cannes) rédacteur en chef d’un petit journal local et de M. Chan (Maggie Cheung), secrétaire dans une société d’import-export tenu par M. Ho.
      Tous les deux emménagent avec leur conjoint dans le même immeuble atypique où règne le partage et l’entraide. Très vite va naitre une idylle entre leurs conjoints respectifs, qui ne restera pas secrète longtemps. Cette situation va donner lieu à leur rapprochement. C’est le début d’un jeu de séduction.

      In The Mood for love: Une photographie transcendante.

      Le film est un hymne au cinéma, où chaque plan est pensé dans les moindres détails. Rien n’y est laissé au hasard, du cadrage jusqu’au costume porté par le personnage incarné à merveille par Maggie Cheung. Elle déambule tout en grâce dans les rues étroites de Hong Kong. Si In The Mood for Love n’était pas un film, il pourrait être un défilé tant les tenues sont nombreuses. Chacun des plans nous donne à voir un tableau impressionniste qui prend vie sous nos yeux curieux et parfois perdus dans la beauté de l’image.

      La photographie de Christopher Doyle (l’un des meilleurs chef opérateur du cinéma mondial qui travaille principalement en Asie) y est pour beaucoup. Elle apporte une magie millimétrée qui donne à l’œuvre son atmosphère si particulière, magnifiant ainsi cette histoire d’amour platonique.

      La lenteur comme accentuation d’une relation inavouable.

      La preuve est faite que le cinéma n’a nul besoin d’histoire complexe pour être abouti. Certes on a souvent reproché au film de s’abriter derrière une mise en scène impeccable pour cacher la simplicité de son scénario. La lenteur ici est un choix délibéré qui va de pair avec l’histoire de cette rencontre de deux-êtres qui se sont délaissés. Dans la vie, la séduction n’est-elle pas un jeu de lenteur ?

      Dans In the Mood for Love elle matérialise l’hésitation et le dilemme à laquelle sont confrontés les personnages. Cette pudeur est aussi un trait de caractère très présent dans le Hong Kong des années 60 où tout était caché. Wong Kai Wai tenait à le rendre très marqué avec notamment le jeu auquel se prête les personnages. Ils jouent à être leur conjoint pour mieux apprendre à gérer leurs réactions le moment venu.
      La lenteur de l’histoire est à mettre en parallèle avec les ellipses très utilisée au début du film.

      Le réalisateur a choisi de se concentrer uniquement sur le couple. D’ailleurs, on ne voit jamais les visages de leur conjoint. La répétition de scènes qui sert de marqueur de temps. Comme celle où les personnages se croisent dans un escalier étroit où tout semble pareil mais où en réalité tout est différent, à commencer par l’attitude et le regard des personnages qui permettent au spectateur de tout de suite comprendre où ils en sont dans leur relation. C’est toute la mise en scène de Wong Kar Wai qui passe par ses petits détails qu’il est parfois difficile de repérer dans l’image mais qui font une grande différence dans la compréhension finale du film.

      On ne peut que regretter que cette ressortie ne soit pas celle d’une version plus longue qui multiplierait encore notre plaisir visuel. A l’origine le film devait durer 2h30.

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