A feu et à sang dans le tome 3 de Golden Guy

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Le tome précédent s’était conclu par l’égorgement d’un adversaire du personnage principal de Golden Guy. Découvrez dans le tome trois comment une alliance avec un fou toxicomane peut vite tourner au massacre ?

Un pur récit d’action dans la mafia
L'anti-héros de Golden Guy

Avec Golden Guy, le scénariste et dessinateur Jun Watanabe propose en manga une série de mafia aussi efficace qu’un blockbuster. Il ne rechigne jamais à sacrifier des personnages car, même au sein du clan Osaragi, les pertes sont nombreuses. Dans une maison en feu, Yûma a été gravement blessé par Kurozuka, un mafieux rendu instable par son addiction. Ce dernier se tourne désormais vers Gai. Les enjeux sont plus vastes car toute la famille Kikaku est en crise. Ayant pour l’instant réussi à cacher son ambition, Kyôsuke Akane est proche du pouvoir.

Au premier abord, le dessin de Golden Guy est efficace, mais la mise en page est assez convenue. Cette lacune est palliée par des scènes sanglantes. Jun Watanabe ne cache pas les conséquences de la guerre des gangs. Pourtant, la mise à mort qui reste en hors-champ. Pour déterminer qui sera le parrain, le lecteur assiste à des duels au pistolet certes, mais pas seulement. Golden Guy propose des scènes d’action très variées. Il faut s’échapper d’un immeuble en feu. De plus les mises à mort sont très originales. Ce volume révèle que les poissons ne mangent pas uniquement les vers des pêcheurs. La plume (ou plutôt le crayon) est réellement plus redoutable que l’épée. Le repos du guerrier peut être le dernier.

Une soif de fidélité

Bien évidemment, les conflits sont animés par l’espoir de s’enrichir. Pour Kyôsuke Akanen s’emparer du clan Osaragi signifierait accéder au trésor des Tokugawa… mais pas seulement. Le but principal des yakuzas est le pouvoir. Chaque chef de clan est animé par une grandissante soif de puissance. Ce ressort fait monter la tension dans Golden Guy jusqu’à la scène finale où les principaux responsables de la guerre des gangs se retrouvent dans un même lieu.

Le combat dans Golden Guy est aussi moral. Le parrain de la famille Kikaku oblige Kyôsuke Akane à faire la paix avec Gai Sakurai sinon il est banni à vie de la pègre. Ces relations verticales et d’autorité semblent impensables en Europe ou en Amérique. La division entre les « bons » criminels et les « méchants » mafieux se joue autour de la notion de fidélité. Les ennemi sont trahis par des alliés. Ils jouent double jeu et donc mentent pour obtenir plus d’argent. A l’inverse, Gai est toujours honnête avec les siens. Pourtant il y a déjà eu trois morts dans son clan et il en est mortifié. Il ne prend pas les armes pour la puissance, mais pour venger les siens et protéger les survivants.

La Nemesis de Golden Guy

On n’est puissant qu’en groupe. La solitude signifie la folie comme pour Tesshû Kurozuka, l’ennemi charismatique de Golden Guy. Ce chien fou qui ne respecte rien peut rappeler le Joker. Voulant semer le chaos et la désolation, il attaque tout le monde sans demander d’autorisation. Il ne respecte aucune alliance et vise directement la tête de la famille. Il semble inarrêtable quand il rentre aussi facilement dans un restaurant que dans les maisons les plus sécurisées. Alors que beaucoup recourent à la violence aveugle, Gai est un manipulateur utilisant les faiblesses (parfois intimes) de ses adversaires.

Édité par Mangetsu, le cinquième volume de Golden Guy marque la fin du premier cycle. Les différents groupes s’en sortent souvent très mal, mais il y a aussi des révélations sur la famille Sakurai. Cependant, il reste la confrontation finale à suivre en février.

Découvez des mafias plus anciennes dans les chroniques sur Chiruran et Soten No Ken.