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      Echanges culturels au bord de mer : Bienvenue à Etonnants-Voyageurs !

      Le weekend prolongé du 14 au 16 mai était l’occasion pour beaucoup d’entre nous de prendre le large, et de profiter des premiers soleils sur les bords de mer. Ainsi, chaque année, la ville de Saint-Malo accueille le Festival International du Livre & du Film Étonnants-Voyageurs, pour trois jours de rencontres et d’échanges avec des auteurs, réalisateurs, et autres penseurs venus des quatre coins du monde.


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      Entre l’Intra-muros et la Chaussée du Sillon, les festivaliers évoluent de conférences en cafés littéraires, de projections de films en pièces de théâtre, d’ateliers en lectures et en expositions, au gré de leurs intérêts… et des places disponibles, car du monde se bouscule au portillon !

      518716.jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxxCette année, le monde arabe a été mis à l’honneur, avec des figures telles que le réalisateur Ayat Najafi (No Land’s Song), les auteurs Boualem Sansal (2084 : La Fin du monde (Gallimard)), Malika Boussouf (Musulmanes et laïques en révolte – rencontre avec vingt femmes d’exception (Hugo & Cie)), ou encore Ece Temelkuran (Le Son des bananes, A quoi bon la révolution si je ne peux plus danser (J-C Lattès)). De même, l’ouverture progressive de Cuba est mise en avant avec Leonardo Padura (Hérétiques (Métailié)) et Karla Suarez (La Havane, année zéro (Métailié)), ainsi que la place de la femme comme figure de la modernité – revendiquée ou réprimée -, avec les réalisatrices Mylène Sauloy et Pascale Bourgaux qui portent leur regard sur des combattantes kurdes, ou encore l’auteur Fawzia Zouari (Le Corps de ma mère (Gallimard)).

      Mon périple dans la jungle livresque débuta avec la remise du Prix Littérature-Monde à Makenzy Orcel pour son roman L’Ombre Animale (Zulma), et le Prix Littérature-monde étranger, à Ondjaki, pour son roman Les Transparents (Métailié). La remise des prix fut l’occasion pour le jury d’échanger sur les œuvres en question, et au public de (re)découvrir ces romans, à travers les mots d’écrivains aux visions du monde éclectiques.
      La conférence suivante, qui s’intitule « Le souffle de l’histoire », permis à Mathias Enard d’exposer les enjeux de son roman récompensé par le prix Goncourt 2016, Boussole (Actes Sud). A cette oeuvre succède une exposition du dessinateur Emmanuel Lepage, ayant pour thème les espaces polaires, au travers de son remarquable roman graphique La Lune Blanche (Futuropolis).

      tal_nitzanCe fut l’occasion d’assister à des remises de prix comme le Prix Ouest-France, décerné à Catherine Poulain, pour son roman – révélation de la rentrée littéraire – Le Grand Marin (L’Olivier). Et si ce type d’événement permet au public de rencontrer les auteurs reconnus tels que Mathias Enard, Gilles Lapouge, Carole Martinez, ou Nancy Huston, il est aussi et surtout l’opportunité de belles découvertes.

      C’est ainsi que j’ai pu faire la connaissance de la poètesse et éditrice Tal Nitzan, qui a notamment publié D’un Burin de fer, une anthologie de 99 poèmes israéliens merveilleusement illustrés par Rachid Koraïchi. De même, le poète Yvon Le Men fut une trouvaille très enrichissante, lui dont la voix nous fait voyager sans que l’on s’en rende compte entre les sonorités et les sens.

      Dany Laferrière, auteur mordant s’il en est, profita de la parution de son anthologie Mythologies américaines (Grasset) pour donner une conférence dont il a le secret. Il parvint sans effort à faire rire l’assistance à gorge déployée, sans pour autant que son propos ne manque de profondeur. Ainsi, on pouvait par exemple l’entendre dire qu’

      « un bon écrivain « prend la culture, la retourne, et la rend encore plus précise et vivante » qu’auparavant. »

      Dany Laferrière
      Dany Laferrière

      Il nous confie alors l’importance de l’enfance dans son projet d’écriture, qu’il décrit comme la « source du fleuve », et parle de ces choses concrètes, porteuses d’un grand mystère, car l’écriture, de même que l’existence, se constituent d’éléments si banals et si évidents que l’homme les a oubliés. Ses textes, comme L’Odeur du café, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, ou encore Le Cri des oiseaux fous (Zulma), tout en télescopages, morcellements et rapprochements par jeux d’échos, forment ainsi un espace vide qui, selon l’auteur, permet au lecteur d’instituer son propre « jeu d’écriture ». Dany Laferrière affirme donc tenter « d’effacer toute trace d’écriture ».

      Ceci dans le but de donner l’impression à son lecteur que les images surgissent sur la page, uniquement déclenchées par l’attention de celui-ci. Selon l’écrivain, il n’y a pas de profondeur, car la vie est là, à la surface de l’écriture, et c’est nous qui sommes visés, car le point de fuite ne se situe pas sur la toile ou sur la page noire d’encre, il est en nous et, absorbés par la toile ou la page noire d’encre, nous nous répétons « de ne pas prendre jouissance ».

       

      Article écrit par Julie Madiot

       

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