« Marshall Bass » (tome 3) de Delcourt : l’Ouest n’est plus ce qu’il était

« Marshall Bass » (tome 3) de Delcourt : l’Ouest n’est plus ce qu’il était

« Marshall Bass » (tome 3) de Delcourt : l’Ouest n’est plus ce qu’il était

Dessins

Scénario

Edition

Summary:
Un western tendu et brillant.

83%

Incroyable !

Après les Aventuriers du Transvaal, JustFocus continue de s’intéresser au western avec le troisième tome de Marshall Bass publié par Delcourt.

Dans les forêts de l’ouest sauvage

Le western qui a peu à peu disparu des écrans de cinéma est aujourd’hui un genre très populaire dans la b.d. en France. Dans ce genre, Marshall Bass est une série à succès et une des plus originales. Elle permet aussi de découvrir un nouveau pays de la b.d., la Croatie. Darko Macan (Soldier X) en est le scénariste alors que le dessin et le choix des couleurs sont d’Igor Kordey (Star Wars, Tarzan, L’histoire secrète).

Une famille tranquille ?

Toute l’action se passe dans un cadre géographique bien connu, à la frontière entre le Mexique et les États-Unis et dans une réserve indienne. Bathsheba, paysanne afro-américaine, pleure le départ de sa fille et la froideur de son mari alors qu’un riche propriétaire mexicain la convoite. Elle le rejette sèchement et la suite du récit se concentrera sur le trio suivant : la fille en fuite, son amant indien et Marshall Bass, le père de la fuyarde. Tout l’album est ramassé dans le temps sur deux jours de fugue. Comme dans une pièce de théâtre, tous les personnages se croisent au hasard. Ce roadtrip à cheval se déroule au milieu d’une forêt en hiver superbement rendue par Igor Kordey. La violence est omniprésente, on tue pour une couverture ou à cause d’une insulte, les animaux viennent manger les cadavres.

Un western différent

Les dialogues sont crédibles et touchants. On est très vite intéressés par une histoire bien plus originale qu’il n’y paraît. En effet, on sort du stéréotype WASP avec une vivifiante diversité raciale par rapport aux films : Bass est un métisse afro-américain, sa fille s’est enfui avec un indien. Le genre est aussi bousculé. Bass est assisté d’un trappeur qui est en fait une femme. Alors que Les Aventuriers du Transvaal était géographiquement exotique mais assez classique, Marshall Bass a un récit plus moderne. Les personnages sont originaux et souvent plus complexes que la première impression qu’ils veulent donner par exemple une légende de l’Ouest, un tueur de shérif est en fait un sentimental qui a tué par erreur ou encore un chasseur de prime vêtu tout en noir cherchant à être menaçant mais, tuberculeux, il ne cesse de tousser.

Les hommes sont tous des idiots. Personne n’est parfait et le tragique est toujours présent. Marshall Bass n’a pas su aimer ses enfants et ses femmes. Dans ce tome, il ne cessera de recevoir à distance ou de vive voix des reproches. Incorruptible, il ira pourtant très loin pour faire respecter la loi.

Un superbe dessin

Ce récit sombre est embelli par des couleurs sombres pourtant au milieu du blanc immaculé de l’hiver. Kordey, nommé trois fois meilleur dessinateur en Croatie, a un style sombre et original pour un western. En effet, il ne choisit pas le réalisme photographique mais les visages expressifs sont parfois proches d’une belle caricature comme ces trappeurs blanc ressemblant à des gnomes.

Son nom est Personne prouve une nouvelle fois que Marshall Bass est une brillante série de western. JustFocus ne peut que vous pousser à vous jeter sur cette série facile d’accès où chaque tome se concentre sur une histoire.

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