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      Dossier : La série Yakuza partie 1

      Un beau jour de 2006, lisant un magazine de jeux vidéo, je tombe sur un encart plutôt minuscule mais qui attire l’œil.

      Les screens semblent plutôt bien faits, et ont l’originalité de placer l’action dans une ville japonaise. Ah, le japon, si on me prend par les sentiments…. Bref, je commence à lire. Il s’agit d’une nouvelle sérié éditée par Sega, une histoire annoncée comme prenante et complexe, du doublage américain par de grands noms (Mark Hamill, Michael Madsen, Michael Rosenbaum, Eliza Dushku, la classe…), une liberté d’action assez importante. Intéressant! Et, soudain, une phrase me fait halluciner : « un principe de jeu à mi-chemin entre Gta et Shenmue ». Ok, Cette nouvelle licence a pour titre, en japonais, « Ryu ga gotoku », ce qui signifie « Comme un dragon ». Sympa, mais vu que nous en occident on est un peu idiot, il faut bien nous rendre le tout un peu plus compréhensible, un truc qui cadre mieux le thème. Yakuza, tu n’étais pas encore sorti, mais tu avais déjà toute mon attention…

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      Bienvenue dans Kamurocho, image tirée du premier opus paru en 2005

      Un verdict objectivement bon !

      A la sortie, Yakuza ne déçoit pas. Les critiques sont très bonnes, à la fois au japon et en occident. Le jeu est très beau pour l’époque. Au final, quand on revoit le résultat pas loin de dix ans après (puisqu’il est sorti en 2005 au Japon), on peut même dire que ça a plutôt bien vieilli. Les cinématiques sont bien mises en scènes, bien construites, les personnages très bien modélisés, et le scénario n’a rien à envier à d’excellents films. On suit donc Kazuma Kiryu, un membre respecté du clan Tojo, l’organisation mafieuse la plus importante de la région, divisée en plusieurs familles. Kazuma appartient au début de l’histoire à la famille Dojima. Il est même surnommé « le dragon de dojima ». Il mène sa vie de gangster tranquillement entouré des siens, son meilleur ami Akira Nishiki qu’il considère comme un frère, et la belle Yumi, tous deux connus dès l’orphelinat. Un jour de pluie battante, c’est le drame : le chef de la famille Dojima tente d’abuser de Yumi. Nishiki, fou de rage, crible de balles son boss pour protéger son amie. Afin d’épargner ses deux amis, Kazuma prend sur lui la prison et le déshonneur d’avoir tué son chef (ou oyabun).

      Après 10 ans de prison, Kazuma revient à Kamurocho, un quartier de Tokyo fictif fortement inspiré du quartier de Kabukicho. On incarne Kazuma qui évoluera dans un monde qu’il ne comprend plus. Il sera confronté à une sombre histoire de vol, des meurtres, et un duel avec Nishiki, devenu entre-temps son frère ennemi.  Le jeu est vraiment grandiose, mais il manque un petit « je ne sais quoi », qui rendrait le tout aussi magique que Shenmue. Mais il n’empêche que c’est sacrément réussi.

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      Comme vous l’aurez deviné, ces types ne sont pas courtiers en assurance

      Une recette unique !

      Les Yakuza, au fil de la série principale, reprennent tous la même recette. On commence d’emblée dans le mode histoire. On incarne donc Kazuma, de plus en plus Yakuza malgré lui. En effet, au fil des opus, ses aspirations vont changer, désirant plus jouer son rôle de père de substitution pour la petite Haruka, puis carrément « l’oncle kaz » pour tout un orphelinat. Mais bon vu qu’il s’agira de castagner des groupes de Yakuza et de punks des rues divers, le passé trouvera toujours un moyen de rattraper le respecté et craint « dragon de dojima ». Vous êtes donc toujours libre d’explorer le quartier de Kamurocho ou de faire évoluer les objectifs de l’histoire principale. Votre progression sera ponctuée de nombreux combats à l’ambiance beat’em all. Vous pourrez interagir avec les décors par exemple en jetant un ennemi dans une vitrine, mais aussi en ramassant des armes de fortunes tels qu’une poubelle, une bouteille de bière brisée, une théière (oui,oui) ou encore des katanas, des tasers et bien plus encore. Au fil du combat, vous remplissez une jauge nommée Heat, que vous pouvez utiliser pour enclencher des actions qui font office de finish. Assez bien rendues, ces petites scènes ponctuent agréablement les combats et rendent le tout nerveux, jouissif mais pas dénué de technique. Plus vous combattez, plus vous gagnez des points d’expérience permettant d’affiner votre style, d’augmenter votre barre de vie, d’apprendre de nouveaux coups et ainsi de suite…Une fois l’histoire finie, vous vous rendrez vite compte que le jeu vient juste de commencer.

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      Ce Yakuza aura la geule de bois au réveil…

       Le mode libre, bien plus qu’un New game +

      Il faut bien avouer que l’histoire impose pas mal de contraintes. Elles peuvent parfois empêcher de s’immerger librement dans tout ce que le jeu propose. Le mode libre, accessible dans tous les opus après la fin de l’histoire, permet de recommencer le jeu, sans avoir à suivre l’histoire. Mais que reste-il alors ? Déjà, en vous baladant, vous tomberez sur des situations diverses et variées : une bagarre de rue où vous pourrez intervenir, une femme à qui on a volé son sac, un homme qui veut sauter d’un pont, une longue enquête policière qu’il faudra mener façon Cluedo 6 ans après… Toutes ces situations sont des substories, ou des quêtes secondaires. Cela paraît simple comme ça, mais ça prend du temps puisqu’il faut bien souvent chercher comment les accomplir, et cela vous forcera même parfois à réfléchir. Ces quêtes secondaires sont en général comprises entre une soixantaine et une bonne centaine. A noter que certaines, les dernières surtout, proposeront un challenge assez relevé. D’ailleurs, si vous êtes du genre hardcore gamer, sachez que la difficulté est assez progressive lors de la première partie, mais vous pourrez recommencer l’aventure en difficulté supérieure, et pour ça il faudra vous accrocher ! Certains opus contiennent d’autre défis encore plus « abusifs » comme affronter tous les boss en même temps, ou battre une centaine de Yakuza en temps limité et avec une seule barre de vie, il y a vraiment de quoi faire, et le tout vous résistera un bon moment.

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      Il est vraiment armé jusqu’aux dents…

      Un japonais normal à Tokyo…

      En plus de tout ça, vous pourrez vous balader à votre guise dans le quartier, et vous faire joyeusement agresser à chaque coin de rue. Oui, parce que visiblement, la tête de Kazuma ne revient à personne, et tout le monde veut sa peau. En vous trimballant dans les rues, vous croiserez souvent des types immobiles, signes d’un affrontement aléatoire. Yakuza, racailles des rues, vieux types louches, tout y passe. Cela peut paraître frustrant de prime abord, mais un combat est synonyme d’Xp et de récompenses : yens, objets utiles, items de soins… Vous n’aurez pas l’impression de vous battre pour rien, car le type que vous venez d’exploser sur une voiture ou d’assommer à coups de vélo (!!) saura se montrer généreux. Au-delà de ce monde de brutes, vous pourrez vous fondre dans la ville tel un habitant ordinaire : boire un café, manger une glace, commander un hamburger (sur place ou à emporter ?), vous saouler au bar après que le barman vous fasse un petit cours d’histoire sur la boisson que vous venez de commander, tout y passe ! Et, pour finir le jeu à 100 %, vous devrez tout consommer, dans tous les établissements qui le proposent. Au passage, cela vous fait récupérer de la vie, ou gagner de l’xp. A noter que l’alcool peut être utile car certaines techniques ne sont utilisable que bourré, la classe, non ? Oh, et vous aimez fight club ? Alors rassurez-vous, car vous pourrez participer à des tournois de rue très underground. Tout cela est très immersif, votre palmarès grimpe petit à petit tel un combattant de mma professionnel, et là aussi vous rencontrerez un challenge assez relevé. Cela dit vous serez bien payés, et vous pourrez obtenir des items assez utiles. Une mâchoire brisée, ça vaut bien ça !

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      La première règle du fight club….vous connaissez la suite

      Le Japon dans toute sa fantaisie ^-^

      On arrive à la fin du guide touristique « Que faire a Kamurocho ? ». Il reste un élément, mais non le moindre : les mini jeux. Alors certes, dans beaucoup de jeux il y en a mais dans Yakuza, les mini jeux, c’est une religion, on ne déconne pas avec ! Plus sérieusement, il y en a pour tous les goûts. Au fil des opus, la liste s’est étoffée et on arrive aujourd’hui à une variété assez importante. Comme ça, pèle mêle, je citerai : le billard, les fléchettes, du baseball en salle (où une machine vous lance la balle), du bowling, du golf, des pinces (vous savez, celles dans les fêtes foraines où vous devez attraper une peluche), des jeux d’arcade dans une belle boutique Sega (pas du tout de pub, mais non !), des machines à sous, pachinko, Mahjong, casino et le pire, c’est que j’en oublie sûrement tellement il y en a! Et là aussi le challenge sera important, car si vous visez les 100 %, vous devrez accomplir des performances où il faudra vous entraîner, jeunes padawans. Et là, je me rends compte que j’ai oublié de vous citer les plus fantaisistes : le karaoké qui prendra vite des airs épiques, je vous jure ! Sans oublier la pêche, et …. Le ping-pong pervers. Désolé, mais pour celui-là je n’ai pas d’autres mots ! Tel DSK, vous serez vêtu d’un chatoyant peignoir, et vous affronterez une charmante jeune femme. Pour déclencher un smash, il faudra remplir une jauge en fixant sa poitrine en bullet time (oui, sans blague). D’ailleurs pendant qu’on est dans le thème, vous pourrez écumer les bars à hôtesses pour draguer et gagner des photos de filles en lingerie, un peu comme Geralt dans The Witcher qui gagne des illustrations très explicites quand il réussit à coucher avec une paysanne.

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      Ca sent le coup bien placé quand même…

      Alors que retenir de Yakuza ? Dans un monde parfait, je dirais que c’est une série qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui sait proposer un dépaysement efficace et une expérience de jeu plutôt unique. Yakuza sait proposer une alternance de ton, très sérieux lorsque l’on touche à l’histoire principale, mais peut partir à l’opposé dans la fantaisie la plus totale lorsque l’on s’intéresse aux à côtés. L’histoire peut même prendre des airs assez mystiques en s’appuyant sur des légendes japonaises pour ancrer une symbolique très réussie. Kazuma, le dragon est opposé par nature à Nishiki, la carpe, qui remonte le fleuve pour devenir un dragon.  Le tout n’est peut-être pas aussi magique que Shenmue, mais propose son propre résultat ce qui, au final n’est pas si mal ! Mais hélas, nous ne sommes pas dans un monde parfait, et dans la deuxième partie du dossier, nous aborderons le principal sujet qui fâche : pourquoi nous, en occident, on ne peut profiter au maximum de tout ce que cette série peut offrir… Mais pour finir sur une touche positive je ne peux pas résister…

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