Annecy 2018 : Cent ans de cinéma d’animation brésilien en 100 minutes

Annecy 2018 : Cent ans de cinéma d’animation brésilien en 100 minutes

Dans le cadre du Festival d’animation d’Annecy cet après-midi notre rédacteur Alexandre Chadha a assisté à la projection Animation au Brésil 3. Cette année le Festival d’Annecy a invité toute une délégation brésilienne pour rendre hommage au centenaire de l’animation brésilienne. Ils fêtent en effet outre atlantique leur premier siècle d’animation. Pour l’occasion Annecy rend hommage à ces artistes méconnus avec notamment Tito et les Oiseaux de  Gustavo Steinberg en compétition, mais également avec ces projections qui réunissent de nombreux courts métrages brésiliens. Débriefing !

« Almas em Chamas » : Clovis le super pompier

Histoire d’amour torride entre un pompier et une danseuse de cabaret. Envoûté par une approche très érotique, l’imagination est débordante et le récit dynamique. Réalisé par Arnoldo Galvao, ce court métrage de 11 min est daté de 2000. Le cinéaste ne s’applique aucune limite morale et éthique. Certaines images sont très sexuellement connotées et réservées à un public adulte. Le court métrage se finit en apothéose visuel et créative. Les dessins sont simples mais raffinés, et rappellent un cartoon pour enfant. Une approche esthétique qui accentue le contraste avec le sujet osé.

« Quando os morcegos se calam » (Quand les chauves-souris ne parlent plus) : Dans le noir

Dans la nuit obscure, un homme descend d’une auto et se retrouve seul sur une route déserte. Il affronte une terrible tempête. Réalisé par Fabio Lignini, ce court métrage de 5min date de 1986. Le court est dominé par une ambiance polar passionnante qui se termine par une fine touche d’humour. Fabio Lignini offre un superbe jeu de montage et de lumière, joue avec les noirs et les hors cadres.

 

« Quinto Andar »

En 2012 Marco Nick signe un court métrage de 7min perturbant. Avec une animation totalement unique, le cinéaste fait passer ses dialogues par les dessins. Le gris domine la palette de couleurs ponctuée de quelques teintes intrinsèques à l’histoire. Le noir et le blanc sont majoritaires, accompagnés de quelques touches de rouge.

 

« Johan » : God !

En 2015 , Washington Rayk Nascimento réalise un court métrage de 10min centré sur une épopée divine. Avec un procédé en 2D et des couleurs ternes, le cinéaste utilise des images poétiques pour raconter ce rite religieux.

« Linear » 

En 2012 Amir Admoni réalise Linear, le point qui se promène. Le cinéaste utilise la bonne vieille technique du stop-motion pour animer des cartes à jouer. Voir Batman qui part en balade ça vaut le détour.

« Quando os dias eram eternos »

En 2016 Marcus Vinicius Vasconcelos réalise ce court métrage de 13min. Il fait un énorme travail sur le son et les bruitages. Totalement envoûtant ce mixage son permet d’entendre les respirations, les fredonnements, les balançoires, etc… Les bruits de pas ont beaucoup de résonance, enregistrés dans une salle vide et close pour renforcer le sentiment de solitude. Le fond est en noir et blanc, comme une page vide sans trait de crayon avant l’aurore de sa création. Un régulier bruit de métronome vient rythmer le court métrage. Avec beaucoup de mise en abîmes le réalisateur aborde des thèmes sombres et universels comme la fragilité, la maladie, la souffrance. La vie et la mort résumées en 12min.

 

« L.E.R » 

En 2009 Joao Angelini réalise ce court métrage de 3min dans lequel il aborde la déshumanisation du travail. Il évoque la solitude, la robotisation et l’inhumanité de l’emploi.

« Flea & Fly »

Fernando Miller rend hommage en 2011 aux premiers courts métrages de Mickey. En 8min il met en place une puissante désorientation consécutive de la prise de stupéfiant. Il y a un personnage blanc et un noir, peut-être y-a-t-il un message caché. Son court métrage est très moderne dans les messages qu’il renvoi. Une œuvre également très esthétique dans ses dessins. Le cinéaste caricature sa société, le prolétariat et l’anarchisme. La conclusion est la traduction d’une rébellion à travers une mort spectaculaire.

« Guida »

Guida, une dame douce qui travaille depuis 30 ans comme archiviste pour le tribunal de la ville, change sa routine ennuyeuse en voyant une petite annonce pour un cours de dessin d’après modèle vivant donné dans un centre culturel. En 2014 Rosana Urbes réalise ce court métrage de 11min. Le court métrage aborde le temps qui passe, notamment celui perdu au travail. La réalisatrice met en avant tout ce temps gâché dans les manufactures et autres professions ennuyeuses. Grâce au dessin, le personnage va évoluer, va devenir plus courageux. La pudeur, la timidité et la confiance en soi sont abordés avec beaucoup de tendresse  et de subtilité. Les diverses points de vues représentés par les différentes dessins des peintres permet une pluralité d’approche.

 

Le Brésil est omniprésent cette semaine au Festival d’Annecy. Nous reviendrons prochainement pour un dossier complet sur la venue du Brésil à Annecy : ITW, critiques, analyses sont à prévoir. Restez connectés. 

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