Critique « Goblin Slayer » tome 1 de Kumo Kagyu et Kosuke Kurose : la réalité des héros

Critique « Goblin Slayer » tome 1 de Kumo Kagyu et Kosuke Kurose : la réalité des héros

Critique « Goblin Slayer » tome 1 de Kumo Kagyu et Kosuke Kurose : la réalité des héros

Histoire

Personnages

Graphismes

Summary:
Destiné à un public averti de plus de 16 ans, comme l’indique la 4e de couverture, le manga Goblin Slayer n’est pas avare en jeunes filles dénudées et avilies par les ignobles petites créatures. Il propose surtout de nombreuses scènes de combats d’une bonne vivacité.

83%

C’est une rentrée sanglante qui se profile chez Kurokawa avec la sortie, le 13 septembre, du manga Goblin Slayer de Kumo Kagyu et Kosuke Kurose. Ce seinen destiné à un public averti est l’adaptation fidèle du lite novel éponyme disponible dans la collection kuropop le même jour.

Type : Manga
Année : 2016
Catégories : Seinen
Mag. prépub. : Big Gangan
Genres : aventure, fantastique
Thématiques : magie, gobelin
Public : + de 16 ans
Dessinateur : Kôsuke KUROSE
Scénariste : Kumo KAGYU

Synopsis : 

Une jeune prêtresse de 15 ans sort pour la première fois du temple où elle a été élevée. Son souhait le plus cher est de devenir aventurière pour parcourir le monde et venir en aide aux autres. Alors qu’elle vient tout juste de s’inscrire à la guilde, un groupe de jeunes aventuriers lui demande de les accompagner à la chasse aux gobelins. Réputés comme monstres les plus faibles, elle finit par accepter devant l’enthousiasme de ses nouveaux camarades. Hélas, une fois entrés dans le repaire des gobelins, rien ne se passe comme prévu. L’équipe est décimée sous les yeux de la jeune fille impuissante et, alors qu’elle allait subir le même funeste destin, un homme en armure surgit et abat froidement les monstres un à un. La roue du destin de la jeune fille s’est mise en marche sous les traits du Goblin Slayer.

Un récit de dark fantasy presque réaliste

Le monde dans lequel prend place l’histoire est typique de la science-fiction fantasy. Des dragons, des elfes, des nains, de courageux aventuriers, des trolls, des gobelins etc. sous la houlette des dieux qui s’affrontent ainsi depuis des milliers d’années.

Ici, la magie est un art répandu et la société rurale fait indubitablement penser au Moyen Âge européen cher aux jeux de rôle. Cependant, les aventuriers ne sont pas rares à mordre la poussière et à perdre la vie. Ici, l’aventure n’est pas idyllique et un coup du sort est toujours possible, les monstres se défendent et, une fois que vous serez perdu dans le noir, personne ne viendra vous sauver si ça tourne mal. Les jeunes femmes payent d’ailleurs le plus lourd tribut.

Il est intéressant de constater que c’est souvent la naïveté et le manque d’attention ou de préparation des aventuriers qui cause leur perte face à des adversaires comme les gobelins, pourtant réputés faibles. 

Des personnages intéressants

Le Crève-Gobelins est un héro atypique dans ce monde. Alors qu’il fait partie de l’élite avec sa plaque d’argent attestant de son statut, il persiste à ne chasser que ces créatures méprisées par les aventuriers accomplis. Spécialisé dans cette tâche ingrate, son armure de base maculée de sang et de boue, toujours seul, il est la risée des autres aventuriers, même débutants. Pourtant, son travail répétitif et méthodique a permis de sauver de nombreuses vies, en particulier dans les villages isolés. Froid, presque mécanique au premier abord, il est pourtant étonnamment prévenant avec ses compagnons, même si c’est à sa manière. On comprend rapidement que cette attitude détachée est le blindage de son âme face à tout ce qu’il a vu depuis des années. Il ne court ni après la justice, ni la gloire ou la renommée mais bien après la vengeance. De cette manière, il fait penser à la personnalité de Velvet, l’héroïne de Tales of Berseria.

La prêtresse est une jolie jeune fille ordinaire qui perd rapidement ses illusions. Devant toutes les horreurs qu’elle voit, elle remet parfois en doute sa foi. Mais, en aidant son sauveur qui s’avère être un bon compagnon de voyage, elle se forme et peu à peu se blinde, sans arriver au stade de son mutique compagnon. Peu à peu, un lien se tisse entre eux et elle remarque que d’autres personnes sont également bienveillantes envers lui.

Parmi les personnages secondaires, la vachère et l’hôtesse de la guilde sont les plus intéressantes. La première est une amie d’enfance du Crève-Gobelin, elle est celle qui le connait le mieux. Ses sentiments envers le guerrier sont ambivalents, mais ils comptent beaucoup l’un pour l’autre. L’hôtesse de la guilde est, pour sa part, attachée à cet aventurier hors norme qui accepte les missions de ce type malgré les faibles primes et le peu de prestige. Elle est bien consciente du travail accompli et du nombre de vies qu’il a sauvées au fil des années, et elle lui en est sincèrement reconnaissante. Elle apprécie également qu’il ne se vante jamais. Elle, dont le cœur se serre à chaque fois qu’un groupe de débutants part combattre les gobelins, bien consciente du danger, elle sait que lui n’échoue jamais.  

Une adaptation fidèle

Ce premier tome du manga représente environ le premier tiers du roman. Que ce soit le déroulé de l’intrigue ou les dialogues, les deux sont très similaires. Cependant, le manga, plus visuel, s’attarde davantage sur les scènes d’actions et sur le sort des jeunes femmes capturées. Le roman, plus descriptif, permet de mieux cerner le caractère des personnages, nous explicitant leurs idées, leur ressenti. Bien que plus détaillé, il est également moins cru dans son évocation des crimes des gobelins et peut être lu sans haut le cœur, sans pourtant que l’on ignore ce qui se passe pour les captives.

Graphiquement, il n’y a rien à redire, Kosuke Kurose respecte le design des personnages créés par Noboru Kannatuki pour le roman. Les protagonistes sont détaillés et dans la norme de ce qui se fait actuellement. Le Crève-Gobelins est très réussi malgré son armure intégrale pleine de détails. Les raccourcis dans les scènes de batailles sont maîtrisés et il arrive même à caractériser un peu les différents gobelins représentés.

Destiné à un public averti de plus de 16 ans, comme l’indique la 4e de couverture, le manga Goblin Slayer n’est pas avare en jeunes filles dénudées et avilies par les ignobles petites créatures. Il propose surtout de nombreuses scènes de combats d’une bonne vivacité.

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