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      Critique « ADN » de Maïwenn : une recherche identitaire spontanée mais trop basique pour convaincre

      La comédienne Maïwenn est de retour pour sa septième réalisation. Avec ADN, elle réunit un casting hétéroclite notamment composé de Fanny Ardant, de Louis Garrel ou encore de Maïwenn elle-même. ADN raconte une réunion familiale lors du décès du patriarche de la lignée. Le métrage suit le destin de Neige (Maïwenn), divorcée et mère de trois enfants. Lors du décès de son grand-père, d’origine algérienne, elle se trouve très affectée par cette disparition, et décide de partir à la rencontre de ses propres origines.

      ADN : une véritable volonté de bien faire

      Pour sa nouvelle histoire, Maïwenn décide de renouer avec sa personnalité. Elle signe avec ADN un film sur l’identité, sur l’héritage, sur l’appartenance sociale et culturelle. Elle décide, via cette fiction inspirée de sa propre famille, de renouer avec ses souvenirs, avec ses ancêtres, à travers un long-métrage qui a le mérite d’être foncièrement spontané. Une œuvre honnête, à travers laquelle la cinéaste tente de se retrouver elle-même, de partager ses hantises, et son respect pour ses propres aïeux. Dans ADN, la réalisatrice propose quelques études comportementales, et tente de passer au décryptage les différentes relations familiales, surtout en période de deuil. Elle explore le psychisme de ses proches, et fait, en quelque sorte, sa propre psychanalyse. Un film identitaire grâce auquel elle propose une introspective relativement attachante, mais qui trouve rapidement ses limites.

      Critique "ADN" de Maïwenn : une recherche identitaire spontanée mais trop basique pour convaincre

      Avec cette autofiction, elle partage une bonne dose de bons sentiments, et renvoie les spectateurs à leurs propres expériences familiales. Elle tente de jouer avec les souvenirs de son auditoire, avec leurs propres joies, peines et autres regrets. Par ce biais, Maïwenn parvient facilement à capter l’attention et surtout l’empathie de son audience, qui s’identifie rapidement à son histoire. La metteuse en scène transmet une véritable volonté de bien faire, de se mettre à nue, et de raconter ce qui se passe dans sa propre tête. Malheureusement, cette thérapie de groupe ne fonctionne pas toujours à la perfection.

      La vision naïve d’une cinéaste qui se perd dans son propos

      ADN tourne rapidement à vide. La faute à un récit trop répétitif, qui finalement n’a pas grand chose à raconter. L’intrigue finit par tourner en rond, proposant des éléments du deuil et des ressorts dramatiques éculés. Les thématiques du chagrin, de la perte, de la crise identitaire sont finalement traitées sous un point de vue relativement ressassé. Maïwenn n’a pas grand chose de plus à apporter à ce sujet abordé sous tous les angles à travers l’histoire du cinéma. En ressort parfois un film qui souffre de nombreux défauts de rythme, parfois pathos, souvent « lourdingue ». Une œuvre vue sous les yeux d’une grande enfant naïve, qui tente de faire un film sur la recherche identitaire, malheureusement souvent bourrée de clichés.

      Critique "ADN" de Maïwenn : une recherche identitaire spontanée mais trop basique pour convaincre

      Les rebondissements et autres tribulations du récits sont attendus, et ne sortent pas des sentiers battus. En résulte tantôt l’ennui, tantôt la sympathie pour un film humain et généreux, mais qui se prend parfois les pieds dans le tapis. Les ressorts émotionnels sont souvent trop étirés, trop larmoyants pour réellement être totalement justes. Quant à la recherche de ses origines, via de nombreux tests biologiques, et des recherches sur l’Algérie, eh bien, on accorde moins d’importance à ces parties.

      La faute à un scénario trop brouillon, où ce nouvel élément, cette sous-intrigue, est apportée comme un cheveu sur la soupe. Comme un élément rajouté, pour offrir une conclusion globalement dénuée d’impact. Un dénouement bourrin qui souligne la fragilité structurelle du film. Et dont la morale est finalement assez basique. Un message succinct qui dit, en gros, que les origines se trouvent dans le cœur et l’esprit, bien plus que dans la génétique. En ressort une proposition souvent confuse qui réduit drastiquement la portée de ADN.

      Un casting impeccable

      Heureusement, Maïwenn peut compter sur sa distribution, assez impressionnante de justesse. Parce que si l’écriture manque de panache, et la réalisation de personnalité, les comédiens font un travail formidable. Fanny Ardant est étonnante de maîtrise. L’actrice campe avec énormément de précision un personnage parfois ambigu, une mère défaillante, une matrone terrible, dont les émotions contradictoire ne cessent de consumer ses descendants. Un portrait étonnant, surtout pour Fanny Ardant, qui trouve sa quintessence dans une ultime confrontation avec le personnage de Maïwenn. Une conversation terrible qui fait remonter toutes les amertumes d’une vie trop longue.

      Critique "ADN" de Maïwenn : une recherche identitaire spontanée mais trop basique pour convaincre

      Enfin, pour sortir parfois d’une douce léthargie montante, le public peut compter sur la présence indispensable de Louis Garrel. Élément comique du long-métrage, il est une bouffée perpétuelle de fraîcheur. Un personnage qui apporte de la légèreté, un peu de souplesse, et brise le ton parfois morose du sujet. Une figure hilarante, écrite avec beaucoup d’humour, et de vivacité. Les dialogues de ce protagoniste sont tout simplement les plus intéressants du film, les plus en verve, les plus mélodieux, et offre des joutes verbales amusantes. Et ces traits d’humour finissent par être l’intérêt premier du décevant ADN

      ADN n’est pas la meilleure proposition de Maïwenn. Parfois pathos et vain, le film se perd dans une intrigue assez répétitive. Le métrage est néanmoins porté par de bonnes intentions, via un discours d’ouverture et de diversité salvateur. Louis Garrel est génial.

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