Avec Eternity, A24 remet la comédie romantique au cœur du grand écran

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Le 3 décembre, le public français a enfin pu découvrir la nouvelle comédie romantique produite par A24. Eternity réunit Callum Turner, Elizabeth Olsen et Miles Teller dans un adorable triangle amoureux, porté par une question qui reste en tête : avec qui passerez-vous votre éternité ?

Le cœur a ses raisons. Sorti le 14 novembre aux États-Unis, le film n’est arrivé sur les écrans de quelques cinémas français qu’au mois de décembre. Mais Eternity, ça parle de quoi ? 

Larry et Joan meurent à quelques jours d’intervalle. Mariés depuis plus de soixante ans, ils sont tout l’un pour l’autre. Après sa mort, Larry arrive le premier dans la jonction : une antichambre de l’éternité où chacun doit choisir où passer le reste de sa mort. Sachant que sa femme va bientôt le rejoindre, il se prépare à passer l’éternité à ses côtés. Mais lorsque Joan arrive à son tour, une révélation bouleverse tout. Quelqu’un l’attend depuis plus de soixante ans : Luke, son premier mari, mort à la guerre. Joan est alors face à un choix impossible : avec qui passer l’éternité ? Larry, son mari et le père de ses enfants, ou Luke qui lui a été arraché si vite et qui l’a attendue pendant 67 ans sans jamais rejoindre sa propre éternité. Telle est la question.

Une “rom com” à l’ancienne

Après sa sortie américaine, Eternity avait déjà conquis la toile. Sur les réseaux sociaux, certains le rapprochent des comédies romantiques des années 90, comme Harry met Sally ou Jerry Maguire. Ces films où les personnages sont trentenaires, drôles et attachants. Et c’est ce qui se passe ici. Autour de ce dilemme, le trio Elizabeth Olsen, Miles Teller et Callum Turner nous fait rire, pleurer et surtout réfléchir, comme savent le faire les grandes comédies romantiques que l’on adore regarder en boucle. C’est la dynamique des personnages qui a plu aux acteurs, notamment à Elizabeth Olsen. “J’ai surtout aimé la relation entre Joan et Larry. J’ai été immédiatement captivée. Je veux dire… La scène au commencement où il s’étouffe fatalement avec un bretzel ! Je prédis qu’à 90 ans, mon propre mari mourra comme ça. C’est à la fois si banal et si beau” a confié la star de WandaVision au Devoir

intrigues légères, mais Eternity remet l’amour de la trentaine et au-delà au centre du cinéma. En effet, la singularité de cette histoire, c’est que ses personnages ont en réalité plus de 80 ans. Un détail qui a particulièrement séduit Elizabeth Olsen, comme elle l’explique en interview avec Le Devoir. “La perspective d’incarner, à 36 ans, une femme de 90 ans dans le contexte d’une comédie romantique, ça m’a paru vraiment nouveau et inattendu. Et puis… je me suis tout de suite sentie proche de Joan. Parce que, dans la vie, je me sens davantage comme une femme de 90 ans que comme une femme de 36 ans : je me sens plus âgée, mais dans le bon sens. Et je ne parle pas de sagesse, mais juste d’une impression d’être plus vieille.”

Aborder l’amour à travers des personnages âgés est une idée nouvelle qui donne une image plus mature du sentiment amoureux. Ici, il n’est plus soumis à la pression des choix professionnels ou du temps qui file, puisque leur futur, paradoxalement, est déjà arrivé. On découvre également un charme nouveau chez les personnages. Larry, par exemple, incarne ce grand-père à la fois aimant et râleur, ce qui le rend attachant et très drôle. Un rôle que Miles Teller a préparé en s’inspirant de ses propres grands parents. “Mes grands-parents séjournaient chez moi durant la préproduction, environ un mois avant le tournage. Je les ai beaucoup observés” a-t-il expliqué au Devoir.

Un triangle amoureux parfait

Réalisé par David Freyne, l’Irlandais propose une réalisation visuellement très romantique, presque old school dans la photographie. Les décors donnent l’impression d’un futur imaginé à travers le regard des années 70 : un univers à la fois intemporel et rétro, qui confère au film ce ton vintage. 

En outre, avec Eternity on retrouve un schéma bien connu des comédies romantiques. On le sait, les triangles amoureux ne se démodent jamais, mais celui-ci se distingue par sa maturité et son réalisme. Ici, pas de méchant ni d’amour toxique, Joan a été sincèrement heureuse avec ses deux maris. La question n’est donc pas de savoir lequel elle aime le plus, mais avec qui elle souhaite être heureuse pour le reste de sa mort. Et si, habituellement, avec chaque triangle, l’un des personnages finit par s’effacer pour laisser briller l’autre, Eternity nous propose ici un véritable dilemme avec deux maris presque parfaits. 

Même si Callum Turner incarne le bel apollon tombé au combat, avec les yeux d’un bleu éclatant, il n’eclipse pas l’adorable Larry toujours présent et à l’écoute de sa femme sans pour autant manquer de lui tenir tête. Et Elizabeth Olsen comble parfaitement ce trio tant son personnage crève l’écran. Ensemble, ils forment un trio d’une justesse émotionnelle impressionnante, au service d’un film qui réussit le pari de faire du neuf avec les codes d’hier.

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Une question universelle

Par ailleurs, Eternity n’est pas le premier triangle amoureux proposé par A24. Le studio avait déjà réuni des castings de choc pour Challengers de Luca Guadagnino, dans une atmosphère radicalement différente, puis plus récemment avec Materialists, qui interrogeait l’aspect économique de l’amour. Avec Eternity, c’est un autre aspect qui est exploré : l’amour après la mort. Malgré un sujet très solennel, le film est rempli d’humour et de tendresse. Et il laisse le spectateur avec une question fascinante en sortant de la salle : avec qui voudrait-on passer l’éternité ? Indirectement, il ne questionne pas seulement la mort, mais aussi l’avenir : avec qui souhaite-t-on vieillir, partager ses derniers jours, construire une vie entière ?

Il est facile de s’identifier au personnage de Joan. Elle a eu la chance de vivre le grand amour deux fois dans sa vie. Elle se retrouve perdue à ne vouloir faire souffrir personne, tout en essayant de penser à ce qu’elle veut elle. D’un côté on a Luke, d’un romantisme absolu, qui a littéralement mis son repos éternel en suspens pour le passé avec elle sans jamais flancher. Et de l’autre Larry qui à la seconde où il réalise que la mort l’a pris, la seule pensée qui l’obsède c’est ce que devient Joan. Comme l’héroïne, le public n’est pas épargné. Être Team Luke ou Team Larry est déjà un dilemme pour le spectateur, mais se mettre à la place de Joan rend ce choix presque cornélien.

Finalement, le film parle d’amour, bien sûr, mais aussi de maturité, et de ce que signifie réellement construire une vie avec quelqu’un. C’est une comédie romantique drôle et réaliste, qui vaut largement le détour. Et si le film fonctionne aussi bien, ce n’est pas seulement grâce à son scénario, mais aussi grâce à son trio d’acteurs, sans oublier le formidable duo d’anges gardiens interprété par Da’Vine Joy Randolph et John Early. 

Comme les classiques des comédies romantiques, Eternity est à dévorer encore et encore au cinéma ou sur son canapé. Alors préparez les mouchoirs !