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      Tortues ninja classics : l’origine du phénomène

      Vous vous êtes toujours demandé d’où venaient les tortues ninja ? L’éditeur Hi comics vous permet d’avoir la réponse par la publication de la bd originelle des années 80. Une bouffée d’air frais et d’indépendance….

      Les Tortues Ninja : Une série indépendante

      Ce deuxième volume contient les deux micro-série – Michelangelo et Leonardo – et les épisodes 8 à 11 de la série régulière publiés entre décembre 1985 et juin 1987. Ce tome peut se lire sans avoir lu le premier volume car un nouveau récit commence. Au départ, Kevin Eastman et Peter Laird créent ce projet sur un coup de tête pour s’amuser. Ils se lancent dans l’auto-édition pour un épisode sans y croire mais les défauts de cet amateurisme deviennent en fait les qualités de la série. On sent le papier et la photocopieuse du comics indépendant. L’encrage ressemble à un tag et les formes souvent carrées s’adaptent bien aux animaux mais moins pour les expressions humaines. Ce style original rend ces improbables personnages touchants.

      Cette indépendance est libératrice car les scénaristes ne se privent d’aucun plaisir sans se prendre la tête – le succès leur permet – et ce plaisir est communicatif. En toute innocence, ils demandent à leur idole, l’auteur indépendant Dave Sim de participer à un crossover entre son personnage, Cerebus, et les tortues ninja. Et cela marche ! Sim, farouche auteur indépendant, se charge de la finition et des dialogues de son personnage. On retrouve le cynisme et les dialogues très drôles de ce phacochère plongé dans l’heroic fantaisy : une formule magique fait sourire le lecteur par son ridicule. Le puissant Sceptre des sables du temps a une sculpture très originale : une main griffue tient une bombe de peinture. Eastman est tellement passionné par la réalisation de l’épisode qu’il le rallonge à 45 pages.

      Le clan foot face aux tortues

      Un scénario classique mais fun

      Le scénario est le plus souvent classique mais cela fait plaisir de se lover dans des cadres connus. Par exemple, le premier épisode est un conte de noël. Le mutant Michelangelo profite de la neige et du froid pour se cacher et vivre comme les autres mais l’aventure le rattrape. La micro-série sur Donatello est un hommage par Peter Laird à Jack Kirby, co-créateur de la plupart des héros Marvel. Il est ici un voisin d’April vivant dans la cave. Symboliquement, cet artiste à la source de la passion des deux auteurs se trouve dans les fondations de la base des tortues. On sent le rêve du fan de pénétrer l’esprit et dans le monde de son héros.

      Le choix d’épisodes très longs permet de prendre le temps comme le montre un épisode où la famille brisée se ressoude. Tel un bon très bon film d’action, les épisodes limitent les dialogues au minium et laissent les combats muets. Le lecteur retrouve le talent du duo pour les scènes de combat par le dynamisme explosif des cases et la vivacité de la mise en page. Les artistes se concentrent sur un moment précis. Il y a par exemple tout un épisode sur une tentative de sortie de l’immeuble alors que l’un des leurs est blessé.

      Un succès qui dépasse les créateurs

      A chaque épisode, les auteurs élargissent leur univers comme l’arrivée d’un monde astral. L’esprit d’un samouraï qui agonise pénètre l’esprit de Splinter car le patriarche vivant au Japon veut aider son petit-fils qui réside à New York. On retrouve un récit de transmission. La génération précédente s’est pervertie dans le crime et la recherche de profit. C’est à la jeune génération de retrouver les valeurs de la tradition.

      La situation a bien changé dans ce deuxième volume avec les ventes de plus en plus importantes à chaque épisode. De plus, les séries parallèles et les licences se multiplient. Le duo est débordé. Ils veulent aussi sortir des épisodes plus régulièrement. Le duo de départ est donc désormais rejoint par de nouveaux artistes : Michael Dooney, Ryan Brown et Jim Lawson. Le dessin sort grandi de cette ouverture. On reconnaît leur style mais en même temps, les formes sont moins massives et les objets moins plats.

      Même si la violence est moins présente, les artistes sont encore plus libres d’expérimenter et le plus souvent cela fonctionne. Dans un épisode, ils organisent deux récits parallèles : l’un totalement muet occupant une grande partie des pages et l’autre en bas de page mais avec beaucoup de dialogues. Des parallèles entre les deux se glissent avant que les deux récits se rejoignent dans un cliffhanger très fort. En plus, ces pages sont réalisées par deux artistes différents : l’un pour les scènes de noël de la famille pendant que le duo s’occupe des scènes d’action de Léo contre les ninjas.

      Des dessins proches du graffiti

      Une édition de luxe

      Cette lecture permet aussi de voir les parallèles avec la série actuelle : la fuite des Tortues de New-York du tome quatre de la série actuelle alors que Léo est blessé est déjà présente. L’énorme atout de cette édition d’Hi comics, ce sont les commentaires des créateurs à chaque fin d’épisode. On sent qu’ils redécouvrent ces épisodes en rédigeant ces notes. Par ce texte, on comprend que l’épisode sur Kirby va bien plus loin qu’un simple hommage car les auteurs voulaient verser une partie de royalties à leur héros Kirby, à l’époque en plein procès pour récupérer ses planches originales. Par l’analyse de plusieurs cases, le lecteur comprend leur référence : la scène de poursuite du premier épisode est inspirée du Flic de Beverly Hills 2. Ces textes sont aussi très émouvants car on perçoit que deux amis s’éloignent à cause de l’argent.

      Tortues Ninja est une fantastique plongée dans l’histoire. Le lecteur y découvre une série d’action fun et prenante. Ce volume contient le célèbre crossover avec Cerebus, l’autre série en auto-édition majeure de l’époque. Cette série décrit un New York aujourd’hui disparu. Ces ghettos urbains représentés ont été nettoyés dans les années 90 et sont devenus des zones bourgeoises. La période laisse tout de même des rides comme la place toujours secondaire des femmes.

      Si cet article vous a plu, vous pouvez aussi découvrir un texte sur le dernier tome de la nouvelle série sur ce lien et un autre article sur le crossover avec les Power rangers ici.

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