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      Dégustez la meilleure bière du Donjon

      Le Donjon continue de rajouter des pièces à son splendide édifice et ce mois-ci cela se passe dans le tome 14 de la collection Monsters : La bière supérieure. On ne peut nier que le titre donne l’eau à la bouche mais n’est-il pas trop amer ?

      Des monstres uniques

      Donjon Monsters tome 14

      Dans l’univers heroic fantasy du Donjon, publié par Delcourt, des séries se sont progressivement ajoutées et chacune a développé son propre décor. Le duo de scénaristes reste le même : Joann Sfar et Lewis Trondheim. Ils proposent une histoire drôle sur le fond et un conte très libre dans la forme. Plus rien ne va chez les lapins. Par tradition, ce peuple xénophobe ne quitte jamais le village de Zautamauxime. Mais Bonnie Mallory, jeune serveuse, ne supporte plus les (nombreux) défauts de ses voisins. Elle part vendre sa bière sur le marché au nom d’un maître brasseur. Son arrivée sur le marché n’est pas appréciée par tout le monde. A tel point qu’un assassin est engagé pour l’empêcher de vendre sa bière. Dans la série Monster, le dessinateur change à chaque livre.

      Dans le quatorzième tome, Bastien Quignon tente de savourer avec nous La bière supérieure. Ce volume marque aussi le début d’un univers partagé à la Marvel ou DC car on croise sur une case d’autres personnages bien connus du Donjon. A la fois dessinateur et coloriste, Bastien Quignon se fond pleinement dans l’ambiance du Donjon. Son style mélange les formes rondes rappelant Trondheim et l’encrage charbonneux de Sfar. Sa représentation des animaux est très proche des cartoons Disney mais avec des images plus crues qui servent à merveille le propos.

      Racisme chez les lapins

      Bonnie dans Donjon Monsters

      La bière supérieure donne l’ivresse d’une belle rencontre. Ce nouveau volume de Donjon est avant tout le portrait d’une aventurière. Bonnie cherche juste à quitter sa communauté fétide pour découvrir d’autre chose. Elle n’a peur de rien et est prête à tout pour remplir sa mission. Elle croise également une tueuse éprouvant des remords. Mais la bière supérieure a aussi un goût très acide dans les premières pages. Un lapin tavernier insulte des porcs et revendique fièrement son racisme. La mère de Bonnie lui explique que les étrangers sont une menace pour leur civilisation. Quitter le village est un signe de folie pour ce peuple aux tenues traditionnelles faisant penser à l’Allemagne. En ce temps de montée de l’extrême droite, le message est clair. Plus loin, cette fière femme n’hésite pas à user du couteau pour défendre sa peau. On voit alors le parallèle avec le mouvement Me Too.

      Si le fond est engagé, La bière supérieure n’est jamais plombante car l’humour séduit. Rien n’est vraisemblable mais tout est amusant. Une fois dépassée les dernières maisons, Bonnie découvre que les gens de l’extérieur ne sont pas si cruels mais elle est grandement aidée par cette bière supérieure qui séduit tous les consommateurs y compris un ordre monastique ayant renoncé à l’alcool depuis dix générations. De plus, les deux scénaristes sortent du manichéisme par le personnage de Bonnie. La jeune femme est certes tolérante mais a tendance à sortir son couteau très souvent. Elle aime autant l’or que le sang.

      Alors qu’Asterix oublie parfois son passé mêlant humour et engagement, La bière supérieure n’en perd jamais la saveur. L’humour est le premier goût qui vient mais il est suivi par un conte moral très réussi puis un beau portrait de femme. Tout cela est rehaussé par un dessin très réussi. Si ce volume ne donne pas la recette de la bière supérieure, c’est par contre celle d’un nouveau succès du Donjon.

      Vous pouvez trouver d’autres chroniques sur la série avec  Donjon Antipodes, Les pourfendeurs de démons et Garderie pour petiots.

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