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      Critique « Message from the King » de Fabrice du Welz : un thriller choc au goût de sang

      JustFocus a eu la chance de voir Message from the King avant sa sortie en salles mercredi 10 mai. Voici la critique de la rédaction !

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      L’affiche officielle du film

      Après Calvaire, Vinyan, Colt 45 et Alléluia, le réalisateur belge Fabrice du Welz revient au cinéma avec Message from the King, un thriller énergique tourné en anglais. Dans ce long-métrage, il est question d’une vengeance impitoyable et sanglante. L’histoire est la suivante : Jacob King, un sud-africain de Cape Town, atterrit à Los Angeles avec 600 dollars en poche et un billet de retour pour l’Afrique du Sud pour dans sept jours. Son but : retrouver la trace de sa sœur disparue il y a peu. La découverte, 24h plus tard, de sa mort va le pousser à enquêter sur les circonstances étranges qui entourent ce décès…

      Au casting, on retrouve notamment Chadwick Boseman (Get on Up, 42), Luke Evans (Tamara Drew, La Fille du train), Alfred Molina (Da Vinci Code, Love is Strange), Teresa Palmer (Tu ne tueras point, Knight of Cups) et Natalie Martinez (Kingdom, The Land).

      Un héros complexe à la motivation lancinante

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      Jacob King, le protagoniste en quête de vengeance

      « Le chagrin. La culpabilité. La perte. La quête d’identité. Dans un monde d’âmes brisées, comment parvient-on à se découvrir soi-même ? A découvrir les autres ? » Ce sont ces thématiques qu’ont voulu développer dans ce film le réalisateur ainsi que les scénaristes britanniques Oliver Butcher et Stephen Cornwell. Jack King est l’inverse d’un héros caricatural. S’il est vrai qu’il fait preuve d’une détermination à tout épreuve dans un environnement où la violence a une place de choix, Jack est loin d’être un homme rongé par le mal et les méfaits. La complexité de ce personnage surgit en effet dans sa profonde humanité.

      Tel un Dr. Jekyll et M. Hyde, Jack ne cesse d’osciller entre ses deux facettes au gré de ses aventures. Loin de nous donc l’image d’un justicier sans aspérités et questionnements. Avec cette alternance entre passages très violents et rythmes plus lents, le spectateur est invité à observer les paysages, les atmosphères et le mode de vie de cette ville peu « angélique ».

      Un film original aux multiples références

      Fabrice du Welz affirme s’inspirer ici de certains thrillers néo-noirs des années 70. Il associe notamment son œuvre à Get Carter ou Le point de non-retour (dont le titre pourrait très bien s’appliquer à Message from the King). On retrouve en effet les éléments caractéristique de ce genre : un film souvent associé à une grande ville (ici Los Angeles), qui s’attache à suivre les aventures de personnages complexes et ambigus (Jacob King), dans une atmosphère glauque, sombre et souvent pessimiste (Message from the King n’y échappe pas…). Le réalisateur affirme également s’être inspiré de la trilogie du dollar de Sergio Leone (Le Bon, la Brute et le Truand, Pour une poignée de dollars et Pour quelques dollars de plus), ainsi que de certains films de Sam Peckinpah, dans lesquels ce dernier proposait des réinterprétations violentes du genre western. Message from the King est donc une œuvre aux influences multiples. mais là où le réalisateur réussit un coup de maître, c’est en proposant un film loin d’être une pâle copie des œuvres décrites ci-dessus. 

      Le film a en effet sa propre originalité, notamment de part sa photographie impressionnante, efficace et par moments déroutante. Signée Monika Lenczewska (Difret, Strange Heaven, Caterwall,…), elle se démarque par son accentuation des contrastes et sa volonté d’utiliser la lumière naturelle. Le film néo-noir est ainsi ici tourné en « pleine lumière », et sur pellicule argentique 35 mm. Si le film noir ou néo-noir se déroule principalement après la nuit tombée, Message from the King innove par ses scènes d’action et de violence quasiment toujours situées en plein jour. La musique, lancinante, accompagne à merveille la quête sans appel du protagoniste. Pour ce film, Fabrice du Welz a collaboré pour la troisième fois avec le compositeur Vincent Cahay.

      Avec Message from the King, Fabrice de Welz signe une œuvre remarquable qui tire son épingle du jeu dans le genre du film noir. Avec une photographie étonnante et puissante ainsi qu’un rythme binaire, les aventures de cet antihéros tiraillé entre rage et humanité font mouche. Avant de pouvoir retrouver le film sur grand écran à partir du mercredi 10 mai, découvrez sans plus attendre la bande-annonce plus que vitaminée !

       

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