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      Critique « Ocean’8 » de Gary Ross : une réunion qui fait de la peine

      On connaît la qualité de la trilogie de Steven Soderbergh. On connaît le talent de ce casting 100% féminin composé de Cate Blanchett, Sandra Bullock, Anne Hathaway, Helena Bonham Carter et Rihanna. Pour autant, la suite/remake/spin-off de Gary Ross (Free State of Jones) est une purge qui amoncelle les clichés féminins. 

      Un nouvel opus qui fait du mal à la franchise 

      L’idée n’est pas forcément mauvaise : délaisser cette bande testostéronée pour réadapter l’histoire d’un point de vue féminin. Malheureusement, comme pour le Ghostbuster féminin, ce remake est d’abord là pour exploiter la franchise et pour se donner bonne figure. Warner veut mettre les femmes en avant. Ok, pas de problème avec ça. Mais le studio ne va pas au bout de sa démarche. Faire un film 100% féminin, avec des femmes, pour des femmes, mais en donnant la réalisation à un homme… Allez au bout de votre logique ! Pourquoi donner la réalisation d’un film de femmes à un homme ? Le résultat est malheureusement à la hauteur des craintes.

      Bourré de clichés sur les femmes, Ocean’8 n’est franchement pas un défenseur de la cause féminine à Hollywood. Le personnage de Sandra Bullock existe dans l’ombre de son frère (aka George Clooney), Rihanna est un cliché de hippie, Cate Blanchett est maquillée à l’excès et Anne Hathaway joue la cruche exaspérante. Même le talent d’Helena Bonham Carter n’y change rien. L’actrice très talentueuse offre une triste représentation de son style absurde et décalé, noyé dans une surenchère de mimiques éculées. Bref, chaque personnage est un cliché ambulant et ne rend pas hommage aux femmes. Chaque situation comique est généralement navrante et le scénario est d’une paresse incommensurable.

      Un scénario sans réalisme 

      Tout s’exécute avec beaucoup de facilité. Là où une certaine tension se dégageait des premiers épisodes, ici le spectateur n’y croira pas. Après une introduction hommage au premier opus, le film tente de rester dans la lignée de ses grands frères. Malheureusement, il est difficile d’y croire. La faute à une contextualisation paresseuse et à un scénario bancal qui ne se complique pas avec les détails. De nombreux passages sont tirés par les cheveux tandis que rien ne semble mettre en difficulté les héroïnes. Des incohérences, des personnages stupides et des facilités scénaristiques viennent finir ce scénario faible et répétitif.

      L’humour ne prend pas non plus. Les vannes sont maladroites et pas franchement drôles. Seul James Corden vient apporter une fraîcheur humoristique dans le dernier quart du film. Enfin, le film ne décolle jamais. Le manque cruel de rythme, qui était la force première de la trilogie de Soderbergh, est inexistant ici. C’est mou du genou. Pour un film de braquage chorale il ne se passe rien. Pas de scène d’action, pas d’espionnage, pas de tension, pas de suspense, le film ne décolle pas, jamais. Le spectateur se retrouve face à un casting talentueux qui papillonne de manière aléatoire. On relèvera cependant une bande son agréable et un plan final plein de nostalgie. 

      Finalement, cette suite est terriblement navrante et n’est pas un franc défenseur de la condition de la femme à Hollywood. Ocean’8 est bourré de clichés féminins et est un film passablement ennuyeux. 

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