Avatar – La Voie de l’Eau : James Cameron a mis les bouchées doubles !

0
1580
avatar la voie de l'eau

Douze ans après le premier Avatar, James Cameron est de retour derrière la caméra pour raconter la suite des aventures de Jake Sully (Sam Worthington) sur la magnifique planète Pandora. 3h13 d’aventure épique, touchante et visuellement renversante qu’on décortique ici. Avatar : La Voie de l’Eau est LE blockbuster de l’année. Il sort ce mercredi 14 décembre 2022, et ça valait le coup d’attendre.

Un film en trois parties

Soyons clairs, Avatar : La Voie de l’Eau est largement plus réussi que son prédécesseur. Si Avatar était une œuvre révolutionnaire en terme d’esthétique et de technique il manquait quelque chose d’indispensable pour en faire un véritable grand film : l’émotion. Si Avatar était une fresque visuelle renversante, c’était également un film froid, un peu insipide et dénué de ressorts émotionnels véritablement impactant. Ici, James Cameron a mangé du lion et mélange une aventure épique et une épopée familiale poignante. Et ce qui est étonnant avec ce nouvel Avatar, c’est qu’il semble se découper en trois parties bien distinctes :

Une première partie qui patauge un peu

C’était assez difficile de ramener les spectateurs sur Pandora après une pause de douze années. Difficile de créer l’équilibre entre une redite nécessaire pour recontextualiser le récit et une nouveauté narrative indispensable pour capter l’attention du public et créer une œuvre pertinente. Et forcément, au départ, James Cameron patauge un peu… Il propose une réintroduction bancale ponctuée de facilités scénaristiques, le tout emmené par un montage épileptique qui trace sa route pour emmener l’assistance dans le cœur du récit.

avatar 2

Avant que Jake et sa famille ne quittent la forêt pour se diriger vers le peuple des Metkayina, une autre espèce de Na’vi dont la morphologie est adaptée à l’océan, ça rame légèrement. La première partie d’Avatar : La Voie de l’Eau est désincarnée, froide, un peu vide, où la personnalité de James Cameron ne se ressent pas. Comme lors du premier opus, l’émotion est absente, et le cinéaste apparaît davantage comme un technicien que comme un artiste. Il faut également s’adapter à la 3D (oui, on l’a vu en 3D) qui donne un rendu tellement proche des jeux vidéo qu’on ne sait plus vraiment si on regarde un film ou une cinématique de PS5.

Une deuxième partie où la féerie s’impose

Puis le film change de ton lorsque notre famille bleue préférée s’installe chez les Metkayina. James Cameron en profite pour délaisser, le temps d’une bonne heure, l’incessante guerre entre humains et Na’vi pour explorer la planète Pandora. Comme au tout début du premier Avatar, le cinéaste offre un voyage féerique et poétique plastiquement hallucinant. Il propose un cadre de vie harmonieux, reposant, où les créatures et les animaux prennent le contrôle. Même si le traitement est parfois un peu classique, force est de constater la mise en place d’une ambiance d’émerveillement splendide, doublée d’un discours écologique nécessaire et pertinent. Via une approche presque religieuse de la nature, de l’écosystème et de son équilibre, James Cameron livre une peinture bionomique puissante, moderne et parfois même très violente. Difficile de rester impassible devant cette monstrueuse chasse à la baleine, miroir d’une réalité terrible. Comme au début du premier Avatar, le metteure en scène signe une œuvre qui imprègne le spectateur de sa beauté, de son univers, de ses décors, de son esthétisme et de la grandeur visuelle de ses personnages. C’est un segment immersif et une véritable ode à la nature.

personnages présents dans avatar 2

Il profite également de cette partie pour développer ses personnages. Jake et Ney’tiri évidemment, mais aussi leurs enfants, des ajouts extrêmement importants. Neteyam, Kiri, Lo’ak et Tuktirey permettent d’apporter la touche d’émotion qui manquait au premier volet. Surtout, ce sont des éléments scénaristiques qui dramatisent le récit, et qui placent Jake comme protecteur d’une famille en danger. Avec cette partie chez les Metkayina, James Cameron questionne l’identité de ses personnages, leur appartenance, leur héritage et surtout leur but dans le grand tout. Ces enfants se posent des questions inhérentes à l’adolescence. Ils se demandent quelle est leur place au sein la famille Sully, et plus largement au sein des Na’vi. Surtout, James Cameron interroge leur relation avec Jake Sully, la figure du père mais aussi du leader, un élément crucial du récit. Ce qui permet de créer une sous-intrigue familiale d’une puissance romanesque étonnamment fluide.

Une troisième partie explosive

Puis vient la troisième heure. Et là, c’est l’explosion de saveurs. James Cameron profite de ses 3h de métrage pour concocter un crescendo d’une force narrative inattendue. Ce qui est vraiment agréable avec Avatar : La Voie de l’Eau, c’est que le film ne cesse de monter en puissance. Et la troisième heure est littéralement époustouflante. En terme d’action, le réalisateur met en scène des chorégraphies et des séquences de combat à tomber par terre. C’est violent, magnifique, et Cameron emmène son auditoire dans une guerre barbare mature dont même certains accès de colère sont d’un gore surprenant (une tête coupée, un bras qui vole). Par exemple, l’accès de rage et de fureur de Ney’tiri est l’un des grands moments du film. Pour toutes ces raisons, le cinéaste met à l’amande la plupart des blockbusters contemporains. Parce qu’ici, il se dégage un souffle épique de tous les instants, et surtout, aucune vanne ne vient gâcher le sérieux alarmant de la situation. Et puis, évidemment, en terme d’effets visuels, les Marvel et autres Star Wars peuvent aller se rhabiller.

personnage présent dans avatar 2

C’est maîtrisé à la perfection. Mais surtout, cette dernière partie est portée par une fresque familiale bouleversante. Le cinéaste raconte les pérégrinations d’une famille en péril, menacée par des colons bornés et revanchards. James Cameron signe dans les derniers instants de son film une tragédie moderne émouvante. Il évoque des thématiques lourdes comme le deuil, la passation, l’héritage avec une verve et une force qui manquaient indubitablement au premier chapitre. L’artiste aborde également la notion de remplacement, le soutient des anciens par la nouvelle génération, qui prend un sens du réel poignant. Les ressorts émotionnels sont d’une force rare dans le paysage du blockbuster moderne et donnent une saveur toute particulière à cette suite, qui va marquer les esprits !