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      Blade Runner : pourquoi est-il aussi culte ?

      Alors que Blade Runner 2049 sort ce mercredi dans nos salles sous la direction de Denis Villeneuve (Premier Contact), retour sur le classique de la science-fiction de Ridley Scott. Blade Runner est sorti en 1982. Porté par Harrison Ford, le film est devenu un incontestable classique de la science-fiction. 

      Un visuel époustouflant 

      Pourquoi, encore trente-cinq ans après sa sortie, Blade Runner fascine-t-il toujours autant ? Ridley Scott, pour le troisième film de sa carrière, a tapé un grand coup pour entrer dans la cour des grands. Blade Runner est un classique incontestable, une œuvre renversante que ce soit esthétiquement où dans le sujet abordé. Visionnaire, ce film a repoussé les limites de la science-fiction. Sir Scott a parfaitement retenu les leçons de ses années passées à travailler pour la publicité. Sa photographie et son cadrage sont resplendissants. Jouant sur les ombres et les couleurs, Scott donne une ambiance spirituelle à son film. Quelques néons, des ombres qui se battent dans la lumière, une lumière qui tente de résister à la noirceur, des jeux sur la pénombre, les silhouettes et les formes grandioses… Visuellement Blade Runner est renversant et n’a que peu vieilli.

      Certes certains passages paraissent parfois kitchs, mais cela ajoute une chaleureuse dose de nostalgie à cette œuvre complexe. La musique de Vangelis y est peut-être pour quelque chose. Tout droit sortie des années 1980, elle parvient à être métallique, une inspiration futuriste, mais surtout totalement hypnotique. Presque soporifique, elle place son spectateur dans un état de sérénité malgré une histoire qui ne s’y prête pas. Dès le plan d’ouverture sur une ville futuriste, polluée et peu accueillante, Ridley Scott pose le ton. Le spectateur est confronté à un monde surpeuplé et hostile. 

      Une source d’inspiration pour tous 

      Blade Runner est devenu une énorme source d’inspiration pour beaucoup d’auteurs.  Il fait partie des pionniers de la science-fiction « crasseuse » et « cyberpunk ». Un univers futuriste sale, où la technologie progresse mais où la qualité de vie diminue. Déjà expérimentée avec Alien – le Huitième Passager, cette science-fiction crasseuse sied parfaitement à l’univers néo-futuriste de Blade Runner. Une inspiration qui se retrouve par exemple dans le culte Matrix des Wachowski, qui présente un monde futuriste inhospitalier contrôlé par les machines. Mais l’exemple principal demeure Le Cinquième Élément. Même si le ton est différent, Luc Besson s’est inspiré de Blade Runner pour créer son univers : un monde futuriste, surpeuplé, crasseux, où les éléments s’entrechoquent dans une danse macabre. On retrouve des similitudes également de l’autre côté du pacifique, puisque le manga Ghost in the Shell sorti en 1989 offrait également la vision d’un futur surpeuplé, d’un néo-tokyo crasseux et dangereux, où les hommes côtoient les intelligences artificielles.

      Une thématique passionnante 

      Blade Runner est porté par une écriture ambitieuse, où de grands enjeux se font jour. D’abord la relation entre les êtres vivants et les intelligences artificielles : « les réplicants ». Créées par l’Homme, elles ont des capacités physiques et intellectuelles supérieures et ressemblent à s’y méprendre à un être humain. Cependant, elles sont dotées d’une espérance de vie très limitée. Scott va leur donner une forte humanité, confrontant de manière complexe le mal et le bien. Jamais manichéen Blade Runner confronte les créations à leurs créateurs. Des thématiques proches de la saga Alien. D’abord avec le rapport entre l’Homme et la machine, perpétuellement en conflit et dans une recherche perpétuelle de ses origines. Dans Prometheus il s’agit des Ingénieurs, dans Blade Runner il s’agit de l’être humain. Ridley Scott étudie la place de ces deux camps dans un monde hostile. Harrison Ford est impérial dans son rôle de Blade Runner, le flic qui enquête sur les réplicants, dépassé par les événements.

      Parce-que c’est adapté d’une nouvelle de Philip K Dick

      A l’instar de son confrère Isaac Asimov, Philip K. Dick est l’un des très grands noms de la littérature SF. Il a d’ailleurs de nombreuses fois été porté sur grand-écran. La première fois en 1982 avec Blade Runner, adapté de sa nouvelle « Do Androids Dream of Electric Sheep ? », puis huit ans plus tard avec Total Recall de Paul Verhoeven. En 1992, c’est un français qui s’empare d’une de ses nouvelles : Confessions d’un barjo de Jérôme Boivin, avec dans le rôle titre Hippolyte Girardot. En 1995, c’est au tour de Planete Hurlante de voir le jour, inspiré par la courte nouvelle « Second Variety ». Les années 2000 sont elles aussi prolifiques, avec Minority Report de Steven Spielberg (2002) ou Paycheck de John Woo ( 2004). En 2006, l’adaptation de sa nouvelle A Scanner Darkly est l’occasion de plonger le spectateur dans un univers semi-autobiographique, l’écrivain ayant en effet usé de drogues au cours de sa carrière. En 2007, le Néo-Zélandais Lee Tamahori transforme la nouvelle « The Gold Man » en pur spectacle pyrotechnique avec Next, porté par Nicolas Cage.

      Philip K Dick

      Parce-que la vision de Rildey Scott a failli tomber dans l’oubli 

      Il existe pas moins de sept versions du films. La première, qui est la version ayant servit pour la projection-test aux spectateurs, est devenue rarissime. Puis vient la copie sortie en 1982. C’est la version la plus controversée et incriminée, puisqu’elle correspond au montage voulu par la Warner, au détriment de la vision de Ridley Scott. La version européenne du premier montage est sensiblement différente. Elle rajoute notamment plusieurs plans violents. En 1989, un cadre de Warner Bros, Michael Arick, découvre par hasard une copie 70 mm du film, alors qu’il faisait des recherches sur le film Gypsy. Projeté dans divers festivals, le film obtient un franc-succès et on murmure que ce serait la version originale de Blade Runner.

      Après visionnage, Ridley Scott affirmera qu’il ne s’agit pas de son director’s cut. Devant le succès des projections, Warner décide de financer une ressortie du film en 1992, assortie d’un nouveau montage. Bien que labellisé director’s cut, le cinéaste n’a toutefois pas eu le champ totalement libre, même si cette version se rapproche de celle qu’il a toujours voulu. Alors que les fans ont en vain guettés une ultime version pour le 20ème anniversaire du film en 2002, ce n’est finalement qu’en décembre 2007 que Ridley Scott livre la version définitive de ce chef d’oeuvre absolu de la Science-Fiction. Petite anecdote : dans la première version de Blade Runner sortie au cinéma en 1982, la conclusion du film est réalisé par Stanley Kubrick, qui s’est contenté d’utiliser ses rush du tournage de Shining.

      On a donc très hâte de voir ce que Denis Villeneuve nous réserve avec Blade Runner 2049, mais les premiers retours critiques sont déjà très positifs. Réponse le 4 octobre.

      Blade Runner – Fin (1982)

      https://youtu.be/BbKSr3vb32U

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