Focus sur la franchise La Malédiction

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La Malédiction (1976) – « Ce n’est pas un enfant »

Des morts sibyllines surviennent parmi les fréquentations de Robert. Deux hommes parviennent à le persuader que son fils n’est autre que l’Antéchrist.

Le fantastique proviendrait du doute car les décès pourraient être des malencontreux accidents, aucune présomption de la part du miston en s’affirmant le fiston du Malin et son comportement pourrait bien être considéré comme de l’angélisme (on est d’accord, il y a énormément d’autres raisons de penser qu’il est diabolique plus que des simples coïncidences, n’empêche que le Richard Donner cultive cette équivoque). L’agrément est d’autant plus puissant avec cette nurse sataniste. L’élevage d’animaux sauvages est excellent car le réalisateur nous offre une séquence avec des babouins qui est véritablement anthologique. Damien ne fait pas l’objet principal de l’intrigue, mais plutôt la manière dont on fait état de lui. La véritable prouesse est de miser davantage sur les ambiguïtés plutôt que sur des effets horrifiques. L’une des scènes finales est une habile relecture du sacrifice d’Isaac par Abraham.
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Damien – La Malédiction II (1978) – « Son nombre est six cents soixante-six »

Suite aux décès de ses deux parents, Damien est recueilli par son oncle. Mais des événements inexpliqués surviennent à nouveau. Il découvrira à son tour que Damien est l’Antéchrist.

On délaisse la finauderie du premier opus pour une suite qui se veut plus claire. Damien devient le personnage principal, contrairement au précédent volet où on l’oubliait presque. Le dosage habile des morts dans son prédécesseur laisse place à davantage de spectaculaire et là où elles furent utiles pour l’intrigue, elles sont, ici, purement douteuses, à l’instar de celle qui implique la vieille tante qui a une crise cardiaque à la simple vue d’un oiseau. Il faudrait encenser l’interprétation subtile de Jonathan Scott-Taylor, dans un premier temps, perplexe pour ensuite assumer complètement son ascendance maléfique.
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La Malédiction finale (1981) – « Tuez le Nazaréen »

Damien Thorn tente à tout prix d’empêcher la seconde venue du Christ.

Le réalisateur ne parvient pas à rendre l’Antéchrist antipathique et ne l’élève jamais au rang d’antagoniste. Il y a une scène horrifique gore à souhait (le suicide de l’ambassadeur) et la prestation de Sam Neil est tout bonnement inoubliable à part ça, je ne vois pas grand-chose à sauver : les prêtres sont des canards boiteux, un scénario excessivement prévisible ou bien une bande-son se limitant à quelques chants sataniques.
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La Malédiction IV – L’Éveil (1991) – « Quand elle a faim, elle peut sortir des sons auxquels Tina Turner n’aurait jamais songés »

Un couple adopte la jeune Delia, conséquemment des faits étranges se déroulent.

Ce métrage fonctionne tel une parodie du film initial, c’est-à-dire une version à peu près similaire (la situation de base, le rottweiler, les chevaux effrayés par le miston), mais cocasse sauf qu’ici, il n’y a jamais de quoi se boyauter, c’est une simple redite. De plus, les acteurs jouant une mort sont trop théâtraux. La paranoïa concernant le machiavélisme de la gamine est excessive, donc risible.
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La Malédiction (2006) – « Il n’y a pas de diable, pas de Dieu. Il n’y a que la vérité ici-bas »

Robert effectue une concussion pour se procurer un enfant et, subséquemment, une myriade de morts étranges survient.

Le métrage a l’unique mérite de renouveler les images d’une œuvre qui n’a étonnamment pas vieilli car les scènes sont tellement similaires, il y a bien des sous-intrigues inédites et sibyllines qui s’apparentent à des gags notamment la découverte d’ossements d’un chacal dans la sépulture de la vraie mère de Damien ; par contre, la relecture de la séquence d’agitation animale avec différents macaques est prodigieuse. Même la chouette nounou sataniste s’est muée en nurse anglaise ultra bien peignée. Néanmoins, le véritable coup de pouce du destin, c’est que le film est sorti le 6/6/06, le nombre de la Bête et il demeure qu’il y a des jump scares efficaces et quelques scènes gores à souhait. Bref, un remake surérogatoire, référez-vous surtout à l’original.
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Damien (2016) -« Savez-vous de combien de morts Dieu est directement responsable dans la Bible ? »

Damien Thorn est confronté à une redoutable assertion : il serait l’Antéchrist.

Déjà, le choix de l’interprète principal est extrêmement mauvais, en effet, il possède un visage bien trop angélique, il a plutôt une tête à jouer le rôle opposé. Je pense que le showrunner a compris, mais tardivement (les deux derniers épisodes) ce qu’on attendait de cette série, c’est-à-dire des forfaitures maléfiques et non des questionnements moraux insipides ou des reniements ennuyeux du statut du personnage principal. De plus, l’intrigue est excessivement confuse.
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La Malédiction – L’Origine – « Le miracle de la vie est parfois peu ragoûtant »

Le complot visant à mettre au monde un bambin qui serait l’Antéchrist.

C’est encore une préquelle donc une énième sorte de suite, pour l’originalité, on repassera. Les jump scares sont un ressort aisé, mais ils m’ont un peu manqué, surtout qu’on n’a pas grand-chose d’autres à se mettre sous la dent en moyens horrifiques. De plus, le scénario est bien trop convenu. Néanmoins, il y a une scène fort osée où on voit une main démoniaque sortant d’une vulve, un dialogue très perspicace sur l’institution de l’Église et leur exercice du pouvoir et la séquence hommage avec la pendue est davantage impressionnante car elle est flamboyante. Bref, cela ne donne pas envie de visionner le premier, pourtant il est génial.