Avant Alien : Covenant retour sur Alien et Prometheus

Avant Alien : Covenant retour sur Alien et Prometheus

A l’occasion de la sortie d’Alien : Covenant, nouvel opus de la saga ce mercredi 10 mai, retour sur les deux films réalisés par Ridley Scott et primordiaux pour la compréhension de ce nouvel épisode : Alien le huitième passager sorti en 1979 (premier volet de la saga) et Prometheus sorti en 2012, prequel à Alien.

Alien le huitième passager :

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Le xénomorphe en pleine chasse

En 1979, Ridley Scott est un cinéaste relativement méconnu. Issu de la scène publicitaire, il compte à son actif le magnifique Les Duellistes. Film d’époque dans la lignée du Barry Lindon de Kubrick, ce long métrage porté par Harvey Keitel, démontrait déjà le talent de Scott pour la photographie, distillant des plans absolument sublimes. Scott s’annonçait comme un cinéaste éblouissant d’esthétique. En 1979 vient donc la consécration avec Alien le huitième passager. Devenu instantanément culte, Alien, porté par Sigourney Weaver, Tom Skerritt et le regretté John Hurt, est une œuvre sidérante de maîtrise.

Introductif d’une mythologie qui compte désormais huit films (et qui semble avoir un avenir prolifique), Alien premier du nom est une œuvre horrifique de grand calibre. Ridley Scott met en scène une planète hostile, froide et désertique, abritant une ancienne civilisation méconnue. A l’image du générique planant et lent, un monstre va entrer à l’intérieur du vaisseau des protagonistes et décimer ses habitants. Dès son ouverture le film lorgne vers une ambiance pesante, lente, froide et incertaine, pleine de mystère, où se mélange fascination et crainte. Dans un calme toujours pesant et une tension crescendo, Ridley Scott émet des questionnements universels passionnants : existence de vie extraterrestre, place de l’intelligence artificielle dans le futur de l’humanité, présence hostile, espèce d’avantage évoluée, etc… 

Mais ce qui fait la grande force de Alien reste sa créature mythique, son xénomorphe à l’esthétique ambiguë, sexuellement implicite, dangereuse, impressionnante et fascinante. Dan O’Bannon et Ronald Shusett ont créé une créature humanoïde difforme, directement issue des pires cauchemars infantiles. Destructrice, ultra résistante et incroyablement dangereuse, le xénomorphe est devenu au fil des années la créature la plus culte de l’histoire du cinéma. Un monstre emblématique d’une saga horrifique de science-fiction, (certainement la meilleure), emblématique de la confrontation entre l’Homme et ses craintes, face à ses erreurs et ses hantises. Une version de l’évolution boosté aux hormones et terriblement agressive. 

Prometheus :

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Michael Fassbender dans le rôle de l’androïde David

En 2012, après trois autres films Alien et deux crossovers avec les Prédators, Ridley Scott, qui avait laissé son bébé entre les mains plus ou moins averties d’autres cinéastes tente de revenir aux sources de la saga, de ce qui l’a rendu célèbre avec Prometheus. Le cinéaste essaie de revenir aux fondamentaux en recréant l’ambiance du premier film, calme et pesante, presque contemplative. Pour autant il décide également d’y insérer beaucoup plus de personnages, de sous-intrigues et d’enjeux. Cette fois-ci ces derniers sont colossaux : répondre à la création de l’humanité. Ridley Scott est ambitieux et n’a pas froid aux yeux avec une question existentielle aussi vaste. Il raconte l’avant Alien, comment ces derniers sont apparus et surtout pourquoi. En incorporant l’idée de concepteur, de créateur, de l’humanité et du xénomorphe, Ridley Scott étend d’avantage la mythologie Alien.

Prometheus n’a pas fait consensus, beaucoup de fans invétérés de la première heure ont été déçus et se sont sentis trahis par Ridley Scott. Cela est dû à des personnages vides, plusieurs situations malvenus, des morts ridicules et des ratages abyssaux dans le traitement de l’action. De même, les dialogues et l’enchaînement de l’histoire souffrent d’une simplification nauséabonde. On pense à cette idiote tempête de sable, au retour de l’infecté façon film de zombies ou encore la mort de Charlize Theron sous le vaisseau. Et oui Ridley Scott a baclé certaines facettes de son œuvre.

Pour autant Prometheus réserve quelques prouesses. L’esthétique demeure absolument renversante, le cinéaste parvient à susciter la curiosité et la fascination du spectateur avec ces questionnements fondamentaux et surtout l’étirement de la mythologie Alien. Prometheus devait apporter des réponses, finalement il suscite encore plus de questions, et ce n’est peut être pas plus mal.

Alien : Covenant arrive ce mercredi dans nos salles. Ridley Scott ne semble d’ailleurs pas vouloir s’arrêter ici puisque la rumeur court que six autres films seraient prévus avec un rajeunissement numérique de Sigourney Weaver. Quant au projet du Alien 5 de Neil Blomkamp, celui-ci est bien mort et enterré…

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