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      Harleen, des origines plus adultes pour Harley Quinn

      Dans ce titre d’Urban comics, Harleen, l’auteur revisite les origines d’Harley Quinn.

      Après avoir subi un harcèlement à l’université, Harleen Quinzel réalise enfin son rêve : étudier les causes de la folie à l’Asile d’Arkham. Mais la confrontation avec le Joker va faire basculer totalement ses perspectives de carrière.

      Qui s’y frotte, s’y noie

      Une psychiatre bien sage

      A la suite de ses recherches sur des soldats ayant eu des accès de folie meurtrière, Quinzel est persuadée que les comportements sociopathes viendraient d’une malformation des zones de l’empathie dans le cerveau. Cette-dernière a cependant du mal à se faire comprendre par les financiers en raison de son manque d’assurance. Harleen croit accéder à la gloire lorsqu’elle est repérée puis financée par Wayne industries. Elle arrive finalement pleine de bonne volonté dans l’hôpital-prison d’Arkham pour aider les pires criminels de Gotham. Plus qu’une recherche scientifique sur les méthodes de soins des psychopathes, on lit une enquête sur l’origine de la folie.

      Le Dr.Quinzel arrive le même jour que le Joker. En tant qu’experte psychiatre, elle est censée le ramener à la raison mais c’est l’inverse qui se produit. Tombant amoureuse, Harley est irrésistiblement attirée vers lui. Bien que le criminel soit envoûtant, il peut se révéler mortel si on le fréquente de trop près. Dans la rue, sa folie fascine une partie de l’assistance et la foule réclame plus de sang. Le Joker arrogant manipule tous les psychiatres précédents par ses mensonges mais Quinzel se pense plus intelligente.

      Seul pour un couple…

      Fait très rare dans les grands éditeurs de comics, Stjepan Šejić est seul aux commandes de ce projet. On retrouve son dessin numérique qui multiplie les traits vifs sur les corps tout en étant précis sur les visages. La très belle colorisation rend chaque grain de peau très charnel. Dans une interview placée au début du volume, l’artiste croate a choisi de se concentrer sur la relation entre Harley Quinn et le Joker qui est pour lui une romance inévitablement tragique. Avant d’entrer à Arkham, le docteur Quinzel croise le Joker pendant un braquage en sortant d’un bar et c’est le coup de foudre… Alors qu’il la menace avec un révolver.

      Harleen est aussi une œuvre sur la psychologie et ses limites. Quinzel est, dès le début, perturbée par des rêves où elle inverse le bien et le mal. Prête à tout pour ses patients, elle voit Batman comme le mal qui menace le faible Joker. Elle repousse le héros pour soigner le criminel.

      Une rencontre qui va tout changer

      Harley, une anti-héroïne complexe

      Ce personage est, au départ, une simple sidekick hystérique dans la série télévisée Batman. Après Mad Love, splendide récit sur la violence relationnelle, elle s’émancipe pour devenir un personnage à part entière. Totalement imprévisible, elle est devenue très populaire par sa folie joyeuse au point d’être l’héroïne principale du film Birds of Prey.

      Dans Harleen, Harley raconte ce moment de son passé pour montrer qu’une histoire d’amour morbide avec le Joker a détruit sa vie. Harleen montre comment le bien sombre dans la folie en suivant en parallèle Harvey Dent, bientôt double-Face et Harley Quinn. Cependant, étant également l’auteur d’une œuvre féministe sur le BDSM, Sunstone, Šejić ne fait pas d’Harley une victime. L’auteur progressiste montre que c’est la société pudibonde qui pousse Harley à l’exclusion car les étudiants n’acceptent pas qu’elle soit tombée amoureuse d’un prof à la fac. De plus, Gotham rendrait les gens fous en tuant leur empathie car la frontière entre le bien et le mal y est floue et fluctuante. Dans ses rues, on croise l’amour de la violence. Son asile est le lieu de rendez-vous avec cette folie.

      Harleen, qui est, au départ, une œuvre de commande de DC comics, se révèle très personnelle. Trop souvent caricaturée comme une folle amusante, Stjepan Šejić décide de prendre cette héroïne au sérieux. Il montre comment Harleen Quinzel est devenu Harley Quinn en succombant au charme d’un méphisto redoutable : le Joker. Cette œuvre permet aux néophytes de découvrir l’univers Batman car Harley croise le procureur Dent, le docteur Hugo Strange et, de par ses entretiens, les principaux ennemis de Batman : Poison Ivy, le Sphinx…

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