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      Elfes : Kastennroc (T11) – Critique

      Scénario – J.L Istin
      Dessin – Duarte
      Couleurs – Héban

      Editions : Soleil
      Série : Elfes
      Collection : heroic fantasy

      Elfes Tome 11 Kastennroc Couverture


      « Kastennroc est une forteresse légendaire et imprenable. Les Elfes Bleus et les Yrlandais tentent d’y piéger l’Elfe noire Lah’saa qui cherche, forte d’une armée de goules de cent mille têtes, à envahir les terres d’Arran. L’armée des Elfes bénéficie du pouvoir du crystal bleu et d’un des plus puissants guerriers d’Arran : Redwin le nain. La guerre embrase Kastennroc et nul ne sait qui en sortira vainqueur. »


      Le temps des héros

      Le tome 11, Kastennroc, fait directement écho au tome 6, La Mission des Efles bleus. La terrible Lah’saa est parvenue à contourner la faille de Lanawyn et l’invasion se répand comme une trainée de poudre dans les terres de Nodrenn. Lah’saa transpire la méchanceté et la cruauté. La scène d’introduction éclaire de façon dramatique la sauvagerie des armées de l’Elfe noire et plus encore sa volonté de n’épargner personne. Le dessin ne sombre pas dans le voyeurisme, il en montre suffisamment pour marquer les esprits, mais prend soin de suggérer beaucoup aussi. Cette justesse de la violence visuelle créé un malaise d’autant plus grand que le dessin est appuyé par des dialogues sans équivoques. Plus encore, le cycle de la vie s’inverse. La mort humaine permet la naissance des goules et la double image de maternité qui se construit parallèlement rend cette scène d’ouverture mémorable. Pour s’opposer à un grand mal, il faut des héros.

      Lanawyn est bien entendu l’une d’entre eux, elle nourrit sa détermination de lutter contre Lah’saa en apprenant à maitriser le pouvoir du crystal. C’est en prenant conscience qu’elle peut tout perdre que ses sentiments amoureux vont enfin se dévoiler. Cette histoire d’amour qui depuis longtemps flotte dans l’air, va connaitre un dénouement poignant, rappelant que derrière chaque héros se cache une tragédie. Turin est le héros des humains, bien que son statut ne soit pas considéré aux yeux de son peuple comme tel, son rôle dans la petite et la grande histoire n’en reste pas moins illustre. Le troisième héros qui met en avant cette fois la culture naine (que l’on peut retrouver dans la série Nain, avec le tome 1 Redwin de la forge) est quant à lui, un héros reconnu et respecté de tous. S’ajoute à cette triade, Athé’non, chasseur elfe de renom qui vit à présent en quête de vengeance. Ces quatre héros aux races et statuts différents, sont le fer de lance de ce onzième opus. Le scénario met en avant la force et la faiblesse de tous : Lanawyn part son amour, Redwin avec les enfants, Turin avec son amitié et Athé’non dont le désespoir n’attend que l’accomplissement de sa vengeance pour se libérer.

      Un siège épique, épicentre de la chute

      Une partie conséquente de l’intrigue se déroule dans la forteresse de Kastennroc, encastrée dans une vallée montagneuse. Elle est détenue par des humains et va être le fruit d’une collaboration avec les Elfes Bleus. Les préparatifs, les préjugés, les incidents diplomatiques et le déroulement du combat ne sont pas sans rappeler la bataille de Fort-Le-Cor dans l’œuvre de Tolkien. Les humains / elfes laissent l’armée ennemie venir à eux. Et quelle armée ! Epouvantable, pleine de monstruosités et de créatures qui ont été déformées pour rejoindre les rangs des goules. L’horreur du champ de bataille va bientôt se muer en choc avec des trahisons qui invitent le sang à l’intérieur de la citadelle imprenable. J.L Istin sait diriger une histoire pour prendre à contre-pied son lecteur. Alors que l’espoir envahit le champ de bataille, le drame prend une autre tournure. Entre amour avorté, l’ami-ennemi, des morts inattendues… Kastennroc baisse le rideau sur l’échec d’une coalition et la fin des héros.

      « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » et quand ce pouvoir tombe entre de mauvaises mains, il entraine le chaos. Avec ce tome 11, Kastennroc, l’histoire des Elfes connait une pointe épique pour se muer en tragédie. Le cliffhanger final est surprenant, il démontre que la série Elfes est pleine de ressources et sait nous aspirer dans un univers fort en rebondissements.

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