Critique « Why Women Kill » (saison 1) : une oeuvre plus complexe qu'en apparence

Critique « Why Women Kill » (saison 1) : une oeuvre plus complexe qu’en apparence

Jeudi dernier, le dernier épisode de Why Women Kill était diffusé sur M6. Pour la dernière fois, nous avons retrouvé ces personnages hauts en couleur. Nous avons également retrouvé nos nouvelles héroïnes, afin de découvrir la suite et la fin de leurs aventures. Si vous n’avez pas encore vu cette série, nous vous la conseillons vivement !

Lucy Liu & Jack Davenport

Un enchaînement fluide des époques

Un des atouts majeurs de Why Women Kill, c’est sans conteste sa construction à travers trois époques. Ces époques se distinguent aisément, tant à travers la mode qui leur est propre, que leurs mœurs. On aime toujours autant que dans notre première critique, la maison qui tantôt se vieillit, tantôt se modernise. 

On y constate, par ailleurs, une nette évolution du statut de la femme. Beth-Ann représente la femme parfaite que l’on retrouverait dans une publicité des années soixante, subissant son propre rôle de femme au foyer et les attentes d’un mari égoïste. Taylor s’affranchit des normes.

Simone, quant à elle, est une sorte de transition entre la femme des années soixante et celle des années 2000. À travers les époques, Why Women Kill traite tant de l’émergence du féminisme, du sida, ou encore du polyamour. Elle aborde également le thème de l’avortement, du temps où sa pratique était encore clandestine.

Ainsi, les scènes se juxtaposent à la perfection. Une des scènes est même réalisée de sorte à ce que les personnages principaux soient assis et alignés, assistant à un tango comme intemporel. Cette seule scène, couplée au dialogue entre les danseurs, est représentative de ce à quoi sont confrontés les personnages, avec l’ajout d’une troisième personne. Une scène forte et symbolique, puisque cette troisième personne fait basculer chacun des couples.

Tout au long de la saison, le passage d’une époque à une autre donne un réel dynamisme aux épisodes, ce qui fait que la série ne s’essouffle pas. Après tout, ces intrigues s’arrêteront toutes à la fin de la première saison, ne créant alors aucune redondance. Les intrigues nous tiennent alors en haleine, nous forçant à nous interroger sans cesse sur les réelles raisons des meurtres.

Kirby Howell-Baptiste & Reid Scott

Une psychologie des personnages plus travaillée qu’on ne pourrait le croire

Why Women Kill nous paraissait être basée sur une idée simple. Celle de trois femmes qui se vengent de leur mari infidèle. Au fil des épisodes, nous avons été agréablement surpris de découvrir la complexité des intrigues.

Simone en vient à ressentir de l’empathie pour Karl. Beth-Ann, elle, brise son image de femme parfaite quand on apprend le sort qu’elle réserve à son époux. Leurs raisonnements sont finalement bien plus complexes que nous n’aurions pu le croire au début de la série. Il en va de même pour leurs personnalités, Simone dépassant l’image superficielle qu’elle se donnait.

Beth-Ann noue même une amitié dangereuse avec la maîtresse de son mari, bâtie sur un mensonge pour mieux la rendre vulnérable. On en vient finalement à ressentir une certaine empathie pour la jeune femme, April, à mesure que leur amitié se solidifie. Cette étrange amitié nous rappelle les situations cocasses de Desperate Housewives, grande soeur de Why Women Kill.

Parmi les trois personnages féminins, on pourrait reprocher aux scénaristes d’avoir plus approfondi celui de Beth-Ann que les autres. Ce n’est cependant qu’une critique mineure qu’on peut faire, puisque cela nous permet de comprendre son cheminement. Elle passe ainsi de la femme parfaite à celle qui provoque la mort de son mari. Par ailleurs, la mise en scène des meurtres, en une seule et même scène, donnait encore plus de rythme au final de la série.

Le gros bémol par contre, serait le personnage de Jade. Même si la découverte de son passé nous surprend, le personnage d’Alexandra Daddario nous semble trop caricatural. Si bien qu’il est difficile d’accrocher au trio de notre temps. Leurs scènes semblaient plutôt ternes, comparées aux deux autres époques où le ton était plus humoristique.

Sam Jaeger & Ginnifer Goodwin

Une deuxième saison pour Why Women Kill

Lors de sa diffusion sur M6, la série a battu un record d’audience vieux de quatorze ans ! Depuis 2006 pour la première saison de Bones, la chaîne n’avait pas connu d’aussi bonnes audiences pour une première saison. Comme l’a souligné Pure Médias, environ 3,82 millions de téléspectateurs suivaient assidûment la série, chaque jeudi. C’est pourquoi la chaîne avait fait le choix de diffuser un épisode à la fois, comme nous l’avions évoqué dans notre article quelques semaines plus tôt.

Why Women Kill étant une série d’anthologies, la deuxième saison mettra de nouvelles femmes à l’honneur, avec de nouvelles histoires. Si une deuxième saison a bel et bien été annoncée en octobre dernier, nous n’en savons pas plus pour le moment.

Quoi qu’il en soit, nous vous conseillons vivement cette première saison, tant pour les thèmes traités que pour ses personnages hauts en couleurs. Elle offre également une réflexion plus profonde qu’on ne pourrait le croire sur la place de la femme au fil des époques, que ce soit dans un couple ou dans la société elle-même. 

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