Tales of the Walking Dead, l’anthologie apocalyptique qui a soif d’inventivité

Critique de la série créée par Scott M. Gimple et Channing Powell

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Affiche de la série / AMC

The Walking Dead est une des séries emblématiques du début des années 2010 adaptée du comics éponyme et aussi l’exemple typique d’univers créatif qui s’étend jusqu’à n’en plus pouvoir. Après une longue période florissante de romans, jeux vidéo à succès et dérivés de la bande dessinée on ne compte plus les spin-off, entre ceux déjà en cours et ceux annoncés. Parmi eux, Tales of The Walking Dead, une série d’anthologie de 6 épisodes qui fait la promesse de nous emporter dans l’univers post apocalyptique sous différents angles, avec parfois même des visages connus de l’univers.

Duos de choc

Chaque épisode de la saison 1 de Tales of The Waking Dead repose sur un duo d’acteurs, sur une question d’échange de points de vue face à un monde détruit. Des longues discussions existentialistes et différents archétypes qui se rencontrent, ce n’est nouveau ni dans l’univers The Walking Dead, ni dans la dystopie. Mais ici, le format court rend la chose un peu différente. Tout repose sur l’échange, sur un nouveau regard qui en croise un autre pour porter un épisode tout entier, et ça fonctionne plutôt bien, puisque c’est retranscrit non seulement dans une écriture aboutie mais aussi dans la globalité de la direction artistique notamment le casting. Du beau monde parmi lequel on retrouve Terry Crews, Olivia Munn, Anthony Edwards, Parker Posey ou encore Jessie T. Usher (qu’on connaît aussi sous les traits d’A-Train dans The Boys.) Un casting qui offre de belles performances et une alchimie intéressante, parfois même stellaire.

Multiplier les genres pour mieux se renouveler

Tales of The Walking Dead essaye sans cesse d’explorer de nouveaux sous-genres et chaque épisode a sa propre identité artistique. Du buddy movie au thriller en passant par la comédie, la série emprunte même des codes au documentaire animalier : une multitude d’univers créatifs au sein d’une seule et même licence. Alors qu’on reproche à la série originale de ne pas renouveler sa recette et son ton grave, presque mélodramatique (à un point qui frôle parfois le ridicule sur la fin) on ne peut pas reprocher à son spin-off de ne pas s’amuser avec tout un tas de nouveautés. Les codes sont réinventés avec plus ou moins d’aisance et c’est assez rafraîchissant, d’autant plus que d’un point de vue technique, la qualité est indéniable. On peut malgré tout se demander si ce mélange de genres ne va pas trop loin à certains moments, car la série s’essaye au fantastique dans deux épisodes sans pour autant laisser assez d’ambiguïté pour laisser le bénéfice du doute à son spectateur quant à la véracité des évènements. Ce mélange est légèrement trop brutal pour la licence, ces dits-épisodes sont bons individuellement mais, avec une série principale adepte des épisodes dans lesquels les personnages rentrent en plein délire, on aurait pu espérer une ambiguïté mieux travaillée. A noter également, mis à part ces deux épisodes, que l’anthologie parvient à garder une cohérence qui ancre bien toutes ses histoires dans son univers.

L’idée de l’anthologie

Ces dernières années, quelques licences sérielles très populaires ont eu droit à leur spin-off anthologique. C’est le cas par exemple d’American Horror Story avec son American Horror Stories qui a connu un accueil catastrophique qui s’est légèrement adouci en saison 2 sans non plus rattraper les dégâts. C’est comme si chaque série très populaire qui s’essouffle cherchait à retrouver son univers à travers le format court. Tales of The Walking Dead touche de près ses heures dans gloire tout particulièrement dans un épisode lié à l’histoire principale qui se veut, par conséquent, proche du ton et de la pâte esthétique des saisons de l’apogée de The Walking Dead. D’autres encore touchent de près cette ambiance et cette qualité, quand les épisodes ne décident pas un renouvellement complet qui ressemble même trait pour trait à La Quatrième Dimension dans les revirements les plus extrêmes. L’anthologie a permis à l’univers dystopique de se rafraîchir un peu et malgré ses quelques maladresses, on doit bien l’admettre : c’est un format qui lui va bien.

Alors qu’on croule sous les spin-off The Walking Dead, l’anthologie de 6 épisodes Tales of The Walking Dead est une petite surprise pas désagréable qui peut même nous rappeler les meilleurs instants de la série qu’on aimait tant dans ses meilleurs épisodes. Avec une réalisation des plus travaillées, une véritable identité non générique, les histoires qu’on nous présente se veulent engageantes bien que parfois déroutantes par des revirements de tons quelque peu extrêmes pour la licence. Un visionnage qui vaut la peine pour les anciens comme les nouveaux fans de The Walking Dead et pour les mordus d’apocalypse.

Tales of The Walking Dead c’est 2 épisodes tous les Dimanche à 21 heures sur OCS. Les deux premiers sont déjà disponibles sur la plateforme.