Désigné comme le meilleur groupe international de l’année 2024 par Jazz Magazine & Jazz News,, le collectif Black Lives continue d’enflammer les scènes du monde entier avec un message puissant et une musique qui fusionne le jazz, la soul, le funk, et le hip-hop.
Créé en réaction à l’assassinat de George Floyd en mai 2020, le collectif Black Lives réunit des artistes noirs issus des États-Unis, des Caraïbes, d’Afrique et d’Europe. Leur ambition : faire de la musique une arme de lutte contre le racisme. Le projet est initié par Reggie Washington, et il compte près d’une vingtaine de musiciens, artistes issus de la diaspora des afrodescendants présents partout dans le monde. Des artistes, musiciens qui viennent des Etats-Unis, d’Afrique, des Caraïbes, d’Europe, de styles artistiques qui vont de la soul au hip hop en passant par le blues et le funk. Cinq ans après les événements qui ont bouleversé la planète, Black Lives est devenu bien plus qu’un simple groupe — un mouvement musical et politique d’envergure mondiale.
Leur second album, People of Earth, sorti en 2024, a été salué par la critique : coup de cœur notamment du journal Le Monde, En un mot, Black Lives nous livre une œuvre engagée et virtuose, portée par des musiciens hors pair et des artistes visionnaires.
Une constellation d’artistes
Le collectif rassemble des figures majeures de la scène musicale internationale, ayant collaboré avec des légendes telles que Miles Davis, Nina Simone, D’Angelo, Salif Keita, Marcus Miller, George Benson ou Erykah Badu. Parmi eux : Christie Dashiell : autrice-compositrice-interprète de jazz, au timbre riche et aux deux albums salués. Sharrif Simmons, poète et musicien américain, surnommé le Gil Scott-Heron de sa génération (Gil Scott Héron qui n’est autre que le fondateur du rap). Jacques Schwarz-Bart, saxophoniste français collaborateur de Roy Hargrove. Tutu Puoane : chanteuse sud-africaine, mêlant jazz et héritage africain. Reggie Washington, bassiste virtuose, « le plus beau son de basse électrique aujourd’hui » selon Jazz Hot. Adam Falcon, David Gilmore, Gene Lake, Sonny Troupé, Pierrick Pédron, Carl-Henri Morisset : tous contribuent à cette mosaïque sonore inédite. Sans oublier DJ Grazzhoppa, maître du scratch et des textures hip-hop.
Un concert inoubliable au New Morning
Le passage de Black Lives au New Morning, haut lieu du jazz parisien, fut un événement marquant. Le concert s’ouvre sur un poème vibrant de Sharrif Simmons, ode à notre humanité commune. Puis les voix de Christie Dashiell et Tutu Puoane émergent, teintées de jazz, de gospel et d’échos cubains. Sur scène, dix musiciens déploient un éventail d’ambiances. Le second morceau aux vibes hip-hop old school, sur lequel Sharrif Simmons, fait danser la salle avec une précision vocale impressionnante.
Un troisième titre très afro-jazz, rappelle l’énergie musicale de Jean-Luc Ponty. On reconnait le style afrobeat, qui entremêle des rythmiques sénégalaises avec des envolées instrumentales. Le morceau 5th Dimension fusionne la voix et le saxophone dans une symbiose où l’on relève le lyrisme et le phrasé emblématique de Lalah Hathaway. La formation évolue : deux saxophonistes, deux guitaristes (électrique et électro-acoustique), claviers, basse, batterie se mêlent sur scène. Le cinquième titre, soul-funk fait penser au jeu de Lenny Kravitz, il s’en dégage une électricité rock métallique. Puis vient People of Earth, qui installe une atmosphère à la Robert Glasper, avec contrebasse, piano à queue, saxophone, batterie et les voix féminines envoûtantes et enveloppantes. On passe du jazz au gospel, du hip-hop à la soul avec une fluidité rare.
Un moment suspendu! Quatre musiciens, une ambiance hip-hop downtempo, entre platiniste scratch et contrebasse jazz. Les musiciens nous offrent une pause émotive, digne d’un crépuscule d’été. Le public, silencieux, captivé, écoute ensuite un duo piano-voix à la subtilité déchirante. Carl-Henri Morisset, au piano, sublime chaque note. Les morceaux suivants repartent dans des envolées groove, funk, soul, jusqu’au final en mode Fela Kuti, mené par un percussionniste en transe. La salle est debout, transportée.
Black Lives ne se contente pas de jouer. Ils racontent, dénoncent, guérissent. Leur musique traverse les continents, les styles et les blessures. Ils redonnent à l’art sa puissance de transformation. Leur nom n’est pas seulement un slogan. C’est un engagement, un acte militant, une mémoire vivante. Black Lives ne fait pas que briller sur scène. Il réinvente la musique actuelle en y insufflant une profondeur politique et humaine rare.
Ne ratez pas leur prochaine date en France – le lundi 23 juin 2025 sur la scène de la Défense Jazz Festival!

Hervé Samb, en première partie, l’artiste défend ce qu’il appelle le jazz sabar
Quelle merveilleuse introduction à la performance de Black Lives que cette petite formation de 4 musiciens menée par Hervé Samb, éminent guitariste, en lead, qui a longtemps joué avec Omar Pene, l’une des plus belles voix du Sénégal, celui qui dépeint si bien la vie quotidienne. Sa musique reflète l’ambiance si particulière des petites échoppes de Thiès, de parcelles assainies, des fins d’après-midi autour de thé… tout ce que le Sénégal inspire en terme de réflexions, de constats et d’espoirs. Le porte- voix du peuple, de la jeunesse et des étudiants a emporté la scène du Petit Trianon lors du Festival au fil des Voix en 2023. Hervé Samb, son poulain a fait du chemin et ses armes se sont affûtées. Dans la continuité des groupes comme Xalam qui ont initié ce style afrobeat qui fusionne le jazz au Sabar, Hervé Samb s’inscrit dans cette lignée d’artistes qui portent la musique sénégalaise vers des contrées aussi éthérées et aussi infinies que le jazz. Comme Féla l’a aussi initié en son temps.
L’artiste puise dans ses racines la musique qu’il porte vers une modernité et une élévation intemporelle.
Il nous a accordé une petite interview à la fin de son concert, nous vous invitons à découvrir ce talent qui va compter sur la scène de demain.



































