Sam Raimi revient avec un thriller horrifique qui risque bien de vous donner des envies meurtrières envers votre patron, mode d’emploi inclus. Sorti le 11 février au cinéma, “Send Help” réunit Dylan O’Brien et Rachel McAdams sur une île paradisiaque qui vire rapidement au cauchemar, où les deux collègues s’entretuent tandis que nous sommes forcés d’assister à cette guerre des sexes.
SOS ! C’est exactement ce qu’on a envie de crier à l’écran. Si, au début, on pensait assister à une aventure vengeresse sur le sable fin d’une plage ensoleillée, on se retrouve mêlé à une guerre sanglante, et on n’a plus qu’une seule envie : qu’on vienne nous chercher. Sam Raimi, Rachel McAdams et Dylan O’Brien, nous plonge dans un thriller de survie teinté d’horreur et humour noir.
La loi du bureau
Send Help commence avec Linda (Rachel McAdams), brillante employée de bureau malmenée par ses jeunes collègues masculins, qui se moquent de ses chaussures orthopédiques et de sa manie de manger ses sandwichs maison au bureau. Derrière cette apparence un peu gauche et ses conversations avec son perroquet domestique, Linda excelle dans son travail. En attente de la promotion qu’elle mérite, elle place tous ses espoirs en Bradley (Dylan O’Brien), le nouveau patron qui a repris l’entreprise de son père. Ce dernier lui avait même recommandé de promouvoir Linda. Mais fidèle aux logiques patriarcales de son milieu, Bradley promut son ami Donovan, brisant les espoirs de la jeune femme.
Pourtant, la situation bascule lors d’un déplacement professionnel en Thaïlande : Linda se retrouve dans le même avion que la bande de jeunes cadres de Bradley. Quand une violente tempête provoque le crash de l’appareil, tous les passagers meurent, sauf Linda et Bradley, miraculeusement rescapés.
Un coup du sort qui pourrait presque jouer en sa faveur : Linda est une grande passionnée de survie. Elle avait même tenté sa chance dans l’émission de téléréalité Survivor. Sa vidéo de présentation lui a d’ailleurs valu une humiliation publique dans l’avion, juste avant le crash.
Quel camp choisir ?
Au début, tout semble parfait. Linda est au paradis : elle peut enfin mettre sa passion pour la survie à profit. Bradley est blessé, il ne peut pas l’ennuyer et sera bientôt forcé de reconnaître à quel point Linda est un atout précieux. Mais plus le film avance, plus les deux protagonistes ne cessent de se séduire pour ensuite se trahir, avant de recommencer.

Bradley devient l’arroseur arrosé lorsque Linda lui fait subir le même traitement que lui et ses amis lui infligeaient au bureau. Déterminée à le punir, elle repousse les limites, jusqu’à l’irréparable. On finit par avoir pitié de lui, surtout lors d’une scène de torture avec un paralysant et un rat, que l’on vit presque à la place de Dylan O’Brien. Linda nous effraie à son tour : capable du pire, elle nous fait douter. On ne sait plus quel camp choisir : Bradley ? Linda ?
Sam Raimi nous pond un thriller complètement perché et gore. Le film enchaîne les rebondissements inattendus, mettant notre confiance à rude épreuve. Si l’on riait au début, on se retrouve peu à peu dérangé, puis terrifié. Et on ne peut que saluer la performance de ce duo, et notamment de son actrice principale.
Une Rachel McAdams terrifiante
C’est elle la véritable star du film. Rachel McAdams, alias Linda, nous angoisse autant qu’elle nous fascine par son talent. Elle nous entraîne tout au long du film dans son camp : on devient les supporters de son équipe, prêts à faire regretter à Bradley de l’avoir sous-estimée. Tout ça parce qu’elle n’est pas une jeune et jolie secrétaire vêtue de vêtements de luxe, auxquels il aimerait la réduire. En regardant Send Help, on se dit qu’on va enfin voir Rachel McAdams venger toutes les Linda de cette planète.

L’actrice de Mean Girls enchaîne toutes les émotions avec brio : elle est à la fois drôle, terrifiante, touchante, et féroce. Et elle nous épate en glissant au passage quelques techniques de survie utiles, au cas où vous envisagez de partir vous exiler dans la jungle, ou de participer à Koh-Lanta.
Jusqu’au moment où elle va trop loin et nous offre bien plus qu’une simple revanche sur le patriarcat salarial. Au dénouement final, défendre Linda devient impossible. Tout ce que l’on souhaite désormais, c’est que Bradley s’en sorte malgré tout ce qu’il représente.
Dans la salle, les réactions parlent d’elles-mêmes : Send Help ne laisse personne indifférent. Sam Raimi nous entraîne malgré nous dans une guerre des sexes impitoyable, au point de nous donner envie de crier à l’aide. Moral de l’histoire : pour échapper à la collègue psychopathe ou au patron arrogant, rien ne vaut un bon service des ressources humaines.






























