Critique « Un Fils » de Mehdi M Barsaoui : comme un caillou du désert.

Avec Un Fils, Medhi M. Barsaoui réalise son premier long-métrage, après une série de courts métrages à succès. Il s’entoure notamment de Sami Bouajila et de Nalja Ben Abdallah pour raconter le destin tragique d’une famille tunisienne assez aisée. En voyage dans le sud du pays, ils se retrouvent pris au piège par un groupe de terroristes. 

Un désert. Une voiture. Un couple. Un enfant. Un guet-apens. Une victime. Voici comment résumer le début de Un Fils réalisé par Medhi M.Barsaoui. Le récit se situe lors du printemps arabe, entre révolution tunisienne et guerre civile libyenne. Sur le retour d’un week-end en famille, Farés et Meriem, couple moderne et privilégié se retrouve assailli par un groupe terroriste. Ils réussissent à s’enfuir, mais ne peuvent empêcher la blessure de leur fils, Aziz, qui se retrouve entre la vie et la mort

Critique "Un Fils" de Mehdi M Barsaoui : comme un caillou du désert.

Barsaoui réussit à provoquer un véritable état de choc, qui perdurera pendant une longue majorité du film. Après une ouverture chaleureuse, centrée autour d’un groupe d’amis profitant de leurs retrouvailles, le cinéaste plonge le public dans un véritable bain de violence psychologique. Le récit devient alors véritablement étouffant. Le spectateur se retrouve dans le cadre d’une petite histoire qui rejoint la grande.

Une plongée cauchemardesque au plus proche des personnages

Plus l’intrigue avance plus le cauchemar dans lequel sont plongés les personnages incarnés par Sami Bouajila (prix de la meilleure interprétation masculine à Venise) et Nalja Ben Abdallah devient anxiogène. Ambiance aggravée par les choix moraux auxquels sont confrontés les personnages : Farés, se retrouvant confronté à sa propre la jalousie envers Meriem. Tout ceci, aggravé par une offre qui fait basculer ses préjugés… Offre dont nous ne pouvons en dire plus sous peine de spoiler le lecteur, mais qui permet de transformer Un Fils en un véritable thriller.

Critique "Un Fils" de Mehdi M Barsaoui : comme un caillou du désert.

Thriller qui devient angoissant par ces décors . Par exemple l’arrivée d’un hôpital public en mauvais état, créant ainsi de la claustrophobie, étouffant le spectateur. L’hôpital devient un personnage à part entière, tout comme le désert, autre décor principal d’Un fils. Désert, qui devient une véritable source de danger, car c’est ici que l’attaque du début s’est produite. C’est lorsque les personnages quittent leurs véhicules, que le film commence à s’apaiser. Le dernier acte est plus lent par rapport au reste du film. Un mal nécessaire, qui permet au personnage de Farés de redevenir humain. Lui qui, à cause de la peur de perdre son enfant, devient progressivement un monstre.

Film coup de poing sur la peur de perdre son enfant, ainsi que sur le paysage géopolitique de la Tunisie sous Ben-Ali, Un Fils est une excellente surprise, thématiquement très riche et qui mérite d’être découvert. 

Bande-Annonce Un Fils :

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