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      Sélection du mois: les oeuvres classiques préférées des rédactrices !

      En ce mois d’avril, les rédactrices de la catégorie littérature de JustFocus ont décidé de vous partager leurs oeuvres littéraires classiques préférées. Si vous avez envie de lire un livre classique mais que vous ne savez pas lequel, nous espérons que cet article vous donnera envie de découvrir la sélection que nous vous proposons ci-dessous. 

      Alors, plongeons quelques années ou siècles dans le passé, et allons découvrir quels sont les coups de coeur des rédactrices. 

       

       

      Elya: Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë (1847)

      Mon coup de coeur classique ? Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. Et sans hésiter ! 

      C’est un livre que j’ai découvert lors de mes 15 ans à peu près en même temps que le reste de la belle littérature anglaise :  Raisons et Sentiments, Northanger Abbey et plein d’autres.

      Les Hauts de Hurlevent ou Wuthering Height de son titre original est un roman publié en 1847 par Emily Brontë sous le pseudonyme d’Ellis Bell, les femmes écrivaines étant mal vue à cette époque. Emily meurt de tuberculose un an après avoir écrit Wuthering Heights et il se dit qu’elle n’a jamais pu connaître l’amour. C’est ce qui m’attire dans son écriture. Le fait qu’elle ait pu écrire à propos de thèmes aussi complexes que l’amour et la passion sans l’avoir jamais vécu. 

      Ce roman est avant tout l’histoire d’une vengeance. Et d’un amour si fort qu’il n’a pu être contenu que dans la mort.  Ce roman c’est un roman qui coupe le souffle et ébranle à la fois. C’est l’histoire d’Heathcliff, orphelin recueilli par Mr Earnshaw,  qui tombe amoureux de Catherine lors de son arrivée dans la famille de celle-ci. Cette relation ne sera bien sûr pas acceptée. 

      J’ai eu l’occasion de relire ce roman plusieurs fois et je ne me suis totalement imprégné de l’univers et des problématiques qu’au bout de la 3ème fois tellement l’histoire est complexe.

      Bref si vous ne l’avez pas encore lu, il faut courir l’acheter chez votre libraire du coin.

       

       

      Anaëlle: La Chute d’Albert Camus (1956). 

       

      « Celui qui parle dans ce lieu fait-il son procès, ou celui de son temps ? ». En 1956, Albert Camus présente sa douzième oeuvre sous la forme du monologue acerbe et sarcastique d’un personnage rongé par la culpabilité. Jean-Baptiste Clamence, dans sa rédemption, s’accorde le droit de juger les hommes grâce à la reconnaissance de ses propres fautes dont l’aveu est franc et volontairement assumé.

      Jadis, c’était un homme jugé honnête aux yeux des autres. Avocat brillant à la réputation sulfureuse, il avait pris coutume de se distinguer par des bonnes actions feintes, car minutieusement calculées.

      La plume perçante d’Albert Camus dresse le portrait d’un narrateur en crise, dont la fonction n’est autre que de dépeindre la sombre nature humaine. Il suggère un portrait féroce de l’homme par un récit, diablement efficace, qui encourage à réfléchir aux raisons amenant à arpenter nos vies sans en explorer le sens. 

      Le ton froid, n’épargnant personne, laisse entendre que l’Homme est nécessairement double: ni naturellement bon, ni naturellement mauvais, il doit exprimer sa duplicité pour s’accepter. La sincérité et l’auto-accusation deviennent des justifications de jugement: parce que le narrateur reconnaît ses fautes, il a le droit de pointer celles des autres. 

      La Chute est l’une des oeuvres les plus brillantes d’Albert Camus. Traduite dans le monde entier, elle laisse une sensation amère au lecteur qui découvre une critique violente de l’homme et de ses failles.

       

       

      Alexia: Le Jeu de l’Amour et du Hasard de Marivaux (1730).

       

      Le Jeu de l’amour et du hasard est une comédie Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, plus connu sous le nom de Marivaux. C’est la pièce de Marivaux la plus célèbre et la plus représentée, tant en France qu’à l’étranger.

      M. Orgon souhaite que sa fille, Silvia, épouse le fils d’un de ses vieux amis. Mais Silvia, peu disposée à se marier, obtient de son père l’autorisation d’observer, sous le déguisement de sa servante Lisette. Le jeune homme à qui sa famille la destine, a eu la même idée que Silvia et décide de se faire passer pour son valet. Aussi, l’aventure, divertissante au début, tourne au cauchemar pour elle lorsqu’elle se rend compte qu’elle est attirée par le valet, qui lui fait une cour discrète, alors que le comportement de celui qui se présente comme son promis lui fait horreur.

      Tout en respectant les codes de bienséance de son temps Marivaux questionne l’ordre établi et les préjugés sociaux en inversant les rapports maîtres-valets. Le double jeu de masques engendre complications et quiproquos, et ce sont finalement les femmes qui s’en sortent le mieux. Ainsi, Lisette est la première à comprendre ce qui se passe, mais ne se démasque que lorsque Arlequin, le valet, lui a avoué sa véritable position. Silvia « agit en femme moderne qui veut assumer ses responsabilités et prendre part à son destin ».

       

       

       Kler: Notre-Dame de Paris de Victor Hugo (1831).

       

      Ecrit en 1831 par le grand Victor Hugo, ce chef-d’oeuvre est définitivement un de mes romans préférés de tous les temps.

      Mon histoire avec Notre-Dame de Paris a commencé dès le plus jeune âge lorsque j’eue un coup de coeur pour Quasimodo à travers le dessin animé Disney Le bossu de Notre-Dame. Puis il y a quelques années, étant arrivée en âge de pouvoir lire l’histoire originale, je me suis plongée dans cette histoire magnifique et tragique.

      Notre-Dame de Paris c’est l’histoire de personnes rejetées de la société qui connaitront une fin douloureuse. Entre Quasimodo le bossu, enfermé en haut de la cathédrale par son maître Frollo et Esmeralda la bohémienne, tentant de survivre en tant qu’immigrée, leur quotidien dans les rues du Paris du Moyen-Age ne sera pas de tout repos. La magnifique écriture de Victor Hugo nous plonge immédiatement au coeur de l’histoire, et nous emporte aux travers des milliers de sentiments que ressentent nos personnages. Dans ce roman (comme dans Les Misérables), Hugo dresse aux travers des personnages les vices et les faiblesses de l’être humain, ce qui rend cet ouvrage extrêmement fort. Si vous avez envie d’un roman qui prend aux tripes et qui vous marquera pour longtemps, lisez sans hésitation Notre-Dame de Paris

       

       

      Alice: Orgueil et Préjugés de Jane Austen (1813).

       

      Dialogues ironiquement piquants, personnages hauts en couleur et campagne anglaise, le tout assorti à une très belle histoire d’amour, Orgueil et Préjugés est le roman le plus connu de Jane Austen. Publié en 1813, il raconte l’histoire des filles Bennett, à la recherche d’un riche gentleman pour mari. En effet, à la mort de leur père, elles n’hériteront pas de ses biens puisqu’elles ne sont que des femmes : c’est un cousin éloigné qui disposera de leur maison.

      L’histoire nous emmène notamment dans la vie sentimentale des deux filles aînées : Jane, l’aînée, jolie, timide, sage et bienveillante, et sa cadette Elizabeth, clairvoyante, rebelle, ironique et n’ayant pas la langue dans sa poche. En face, on a M. Bingley, gentleman célibataire, avenant et bienveillant, séduisant et fortuné. Le grand ami de M. Bingley se trouve être M. Darcy, au caractère dur, méprisant envers les filles Bennett, et dont la mine est toujours sombre. Et il est orgueilleux… C’est ce qu’en pense Elizabeth, qui ne se prive pas de le dire tout haut. Ce qui est bien avec ce roman, c’est que l’on vit, on rit, on trouve ridicule et l’on pleure avec les personnages de cette histoire, et c’est ce qui la rend si passionnante à suivre. 

      Elle vaut aussi pour les mœurs et la psychologie des notables provinciaux, qui n’échappent pas à la plume perspicace de Jane Austen : c’est avec finesse et ironie qu’elle analyse leur obsession et celle des membres de la gentry pour le mariage et l’argent. Ce roman est enfin un combat permanent contre les préjugés, nés d’un orgueil vain et d’une fierté injustifiée. Orgueil et Préjugés fait partie de ces romans sacrés « classiques » avec raison : fin, plein de peps et d’ironie mordante, de réflexions sur la société de l’époque et surtout agréable à lire.

       

       

       SaloméLe Décaméron : Conte(s) Intemporel(s) et Récit(s) Initiatique(s) de Boccacio (1353)


      Rédigé entre 1349 et 1353 par l’italien Giovanni Boccacio, Il Decameron regroupe une centaine de nouvelles et poèmes allant de l’érotique au tragique. Le titre fait référence au grec ancien puisque le récit s’étire sur dix journées (δέκα / déka : « dix », et ἡμέρα / hêméra : « jour »).

      Les récits, révélateurs de l’époque mais résolument modernes, dépeignent les mœurs des nouvelles classes bourgeoises qui privilégient le bon sens à l’initiative personnelle aux valeurs morales de l’Eglise. Apparaît au sein du récit global l’émergence d’une bourgeoisie commerçante et éclairée qui tente de se hisser au niveau d’une noblesse bien que peu évoquée, rayonnant par sa vertu. 
      Les protagonistes des histoires narrées sont tirés de la réalité contemporaine de Boccace et représentent certaines professions ou classes ; à l’image du clergé que l’auteur accuse de tous les vices, affichant clairement son anticléricalisme.
      L’ouvrage fait désormais partie du patrimoine littéraire et culturel italien, notamment grâce aux scènes équivoques et provocatrices dont fourmillent les contes. Trois d’entre eux ont d’ailleurs été adaptés sur grand écran par le cinéaste Pier Paolo Pasolini dans Le Décaméron en 1971, preuve de son influence au fil des siècles sur la conscience de la société italienne.

      Sous un ton qui se veut désinvolte et irrévérencieux par sa célébration de l’amour, Le Décaméron est un recueil innovant par bien des aspects: la forme de la nouvelle et les prises de position revendiquées inédites. Une œuvre à lire et à relire.

       

       

      Julie: L’amant de Marguerite Duras (1984)

       

      L’amant de Marguerite Duras est un roman publié en 1984 aux Éditions de Minuit.

      Il rencontre dès sa sortie un immense succès et décroche d’ailleurs le Goncourt cette même année. Marguerite Duras retrace sa toute première histoire d’amour avec un riche Chinois, surnommé le Chinois de Cholen, qui a douze ans de plus qu’elle. Elle cherche par ce biais à retrouver la fille de 15 ans et demi qu’elle était alors. Puisqu’il raconte son adolescence dans l’Indochine française des années 1930, ce récit peut être qualifié d’autofiction. Malgré l’essai d’une analyse de soi, Marguerite Duras romance la faillite de la protection maternelle et les rapports conflictuels, par exemple. C’est toute la vision du réel qui est remise en question. Il s’agit d’une version romancée d’un récit de vie et de formation, où l’héroïne doit braver des interdits pour se trouver et diriger seule sa vie. 
      Son écriture est simple, spontanée et magnétique, elle écrit comme elle parlerait, elle pose ses mots et met à nu sa propre intimité. L’étendu de ses phrases est ponctué par le poids des mots. Elle même définissait son écriture de « courante, plus pressée d’attraper les choses que de les dire ».
      En 1992, Jean-Jacques Annaud propose une adaptation cinématographique de L’amant qui ne satisfait pas l’auteure ; elle rédige alors une récriture de son autofiction qu’elle intitule L’amant de la Chine du Nord.

       

       

      Azelice: Andromaque de Racine (1667)

       

      Andromaque est une tragédie classique écrite par Jean Racine en 1667. L’histoire d’Andromaque est avant tout celle d’amours impossibles. Oreste est depuis toujours fou amoureux d’Hermione, prêt à tout pour la satisfaire et tenter d’obtenir ses faveurs. De son côté, Hermione est aveugle à son charme et obnubilée par Pyrrhus, le roi d’Epire. Ce dernier courtise inlassablement Andromaque, la veuve d’Hector, qu’il retient prisonnière avec son fils Astyanax. Andromaque est tiraillée entre son désir de rester fidèle à Hector et sa volonté de protéger son fils. 
      La passion est le maître mot de cette tragédie et ne faiblit aucunement au cours des cinq actes qui la composent. Génie des mots, prince des émotions exacerbées et roi des alexandrins, Jean Racine a signé avec cette oeuvre, sa troisième tragédie, ce qui est certainement aujourd’hui son plus grand succès. L’histoire est certes classique, mais ses personnages attachants et son écriture de maître en font une oeuvre intemporelle qui ne saurait perdre de son intérêt au fil du temps. Rares sont les oeuvres théâtrales qui soient aussi fortes et poignantes en représentation qu’à l’écrit. Indéniablement, Andromaque en fait partie.

       

       

      En espérant que notre sélection vous a inspiré et donné des idées, parfois, il est plaisant de retourner aux sources et se longer dans un classique que nous aimons lire encore et encore, sans jamais se lasser.  

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