Kenshirô retrouve sa bande dans le tome 3 de Soten No Ken

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Exilé au Japon, l’ancien truant Kenshirô est revenu en Chine pour obtenir vengeance. Il pensait tout son groupe détruit mais il vient de libérer son ancien chef. Est-ce le premier geste d’une guerre des gangs à venir ?

Retrouver un groupele nouvel ennemi de Kenshirô

Depuis le premier tome de la série, Kenshirô agissait seul mais un groupe se reconstitue progressivement autour de lui. Il a découvert un ancien second couteau du syndicat de Jade tombé dans la misère. Dans ce tome trois il sauve son chef Pan Guanglin qui commence à créer une nouvelle mafia en récupérant leur ancien QG. Le clan rival, l’Union du pavot, est désormais rangé du crime. En effet, pendant l’exil de Kenshirô, ils ont gagné la guerre des gangs et dirigent la ville de Shanghai avec les colonisateurs européens et japonais. Ayant tué les deux leaders du pavot, Kenshirô relance la guerre. Tian le Moine qui devient le nouveau chef de l’union, compte bien éviter le retour d’un rival. Son surnom vient de sa calvitie mais, devenu riche, il s’est fait visser sur la tête une perruque en métal ! En parallèle, Kenshirô veut venger la mort de son amoureuse. Il retrouve son tueur Mang Kuanggyun qui est également un ancien membre de sa secte guerrière, Hokuto Shinken. Cependant, le combat est inégal car Mang peut faire circuler l’énergie de son corps devenant ainsi imbattable.

Soten No Ken, proposé par Mangetsu, est un récit d’aventure qui par son rythme échevelé peut faire penser aux romans feuilletons du XIXe siècle à la Trois Mousquetaires. Il ne faut absolument pas chercher le réalisme mais profiter des nombreuses péripéties, souvent inattendues et parfois convenues. Si on apprécie l’humour noir, les morts des chefs de l’Union du pavot sont hilarantes. De plus, le scénariste Buronson propose une galerie de plus en plus délirante de personnages. Mang Kuanggyun surnommé Linwang, est un guerrier ombrageux qui a désormais un bras enfermé dans une boule de métal. Un amour perdu refait surface. On y croise même un militaire français de Guise, dirigeant le quartier français de Shanghai.

Retrouver Kenle retour du boss de Kenshirô

Au fil des tomes, les rappels de la première série de Buronson, Hokuto no Ken (Ken Le Survivant), se font plus nombreux. L’ambiance est de plus en plus pesante et même les « héros » tuent de sang-froid. Les combats sont de plus en plus délirants tout comme les pouvoirs des combattants : Linwang peut plier l’acier par la pensée, Kenshirô va utiliser son pouvoir de guérison. Un combattant se fait posséder par le dieu de la démence pour renforcer sa puissance. On peut effacer la mémoire de quelqu’un par apposition des mains. Ce lien avec la série d’origine existe aussi car Tetsuo Hara est également aux pinceaux et retrouve son gore flamboyant. Le dessinateur se fiche complètement du réalisme ou de l’anatomie. Linwang a un bras immense qui lui tombe sur les genoux. Il s’amuse même à reprendre des figures christiques au milieu de cette guerre des gangs : quand Kenshirô porte Pan, on voit l’influence des pietà de la Renaissance. Cependant, contrairement à Hokuto no Ken, le personnage principal cherche ici à retrouver son amour. Même si le contexte historique est peu important, la vision très négative de la colonisation japonaise en Chine est juste et assez rare en manga.

Ce cinquième tome de Soten No Ken rajoute une nouvelle strate de folie guerrière. Kenshirô a réussi à ressusciter son clan et démontre sa force face à un ancien rival en arts martiaux. Cependant, le chemin est long pour que le syndicat de Jade retrouve sa superbe. S’il avait pu agir discrètement jusqu’à présent, le gang déclenche désormais une guerre ouverte et la suite promet d’être encore plus sanglante.

Vous pouvez retrouver sur ces liens des chroniques sur le premier tome de la série et sur le dernier tome de Keiji, une autre série de Tetsuo Hara.