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      Embarquez vers Mars avec Phobos

      La télé-réalité franchit une nouvelle frontière. Oubliez Marseille ou Miami et partez vers Mars ! Avec Phobos, Victor Dixen propose le premier volume de l’adaptation de son roman culte chez de Glénat.

      Les Marseillais dans l’espace

      Les États-Unis ayant fait exploser leurs dettes, la NASA a été rachetée par une multinationale qui a eu une idée fantastique : transformer la conquête spatiale en émission de télé-réalité. Par le programme Genesis, six filles et six garçons sont sélectionnés pour aller sur la base martienne de New Éden et peupler la planète rouge. Ils voyageront dans les deux compartiments séparés. Chaque semaine, chacun aura six minutes pour se séduire sous le regard des caméras. A Paris, Léonor, orpheline de dix-huit ans, décide de les rejoindre. Dix-huit mois plus tard, elle embarque dans la navette mais elle garde un lourd secret.

      Le lancement de Cupido dans Phobos

      Roméo et Juliette dans les étoiles

      Phobos est une aventure d’exploration spatiale mais avant tout une histoire de romance entre jeunes adultes reprenant les codes des récits young adult :  Léonor, ouvrière de 17 ans, est orpheline et l’aventure la trouve dans le métro par un prospectus pour le programme Genesis. La jeune paraît ingénue dans les premières pages mais elle se révèle intelligente et débrouillarde. Plus original, le livre ne suit que les femmes. Ces candidates viennent du monde entier (Chine, Inde, Canada, France, Allemagne et Angleterre) mais la représentation de ces nationalités est encore un peu simpliste car, pour l’instant, les personnages sont univoques : la chinoise est l’intello du groupe. L’indienne a été en partie brûlée à l’acide et a évité un mariage arrangé pour venir à la mission.

      Phobos pose aussi la question de la beauté par ces speed-dating de l’espace. Ces femmes n’existent que si un homme les regarde. Certaines candidates font tout pour se mettre en valeur quitte à mentir. Elles s’effacent pour correspondre à un archétype et séduire le mâle. Dans la navette Cupido, leurs seuls rôles semblent être de copuler puis d’enfanter une fois arrivées sur Mars. Le clou du show seront les mariages arrangés des candidat.e.s à partir de la liste de coeur, un classement de chacun établi par chaque candidate et candidate. Au contraire, Léo refuse ce jeu de dupes pour rester elle-même mais elle est pénalisée par la production. La vision de la sexualité est pour l’instant très hétéronormée et genrée. Les femmes sont nécessairement différentes des femmes et les deux sont faits pour être ensemble. On peut espérer que la suite de la bande dessinée apportera une vision plus neuve des genres. Ce scénario n’est pas vraiment aidé par le dessinateur brésilien Eduardo Francisco. Malgré des décors réussis, son style numérique donne une vision stéréotypée de la beauté en contradiction totale avec le thème du livre.

      Le capitalisme fait peur dans Phobos

      Le dessinateur de Phobos

      Phobos dénonce la société du spectacle car l’espace devient un show avec une productrice exécutive mais tout n’est pas révélé devant les caméras. Léo a un secret qui explique son abandon à trois ans. Sur Terre, la grande majorité des spécialistes dirigeant l’entreprise sont des hommes blancs de cinquante ans qui cachent le but de la mission. Enfin, le capitalisme tue.

      Le premier volume de Phobos embarque le lecteur dans une romance intergalactique. On découvre des femmes soumises au jeu de la séduction mais la jeune Léo se rebelle contre ces faux semblants et cherche à trouver sa voie. Les mystères restent encore nombreux et l’enjeu du voyage se dévoile en fin de volume montrant que l’amour va être de courte durée…

      Si les récits de science-fiction vous intéressent, vous pouvez découvrir les chroniques sur Amen et Fallen World

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