Un vent de fraîcheur et de diversité
Dès l’affiche, le ton est donné : moderne, percutant, colorée. Le désir de dépoussiérer le classique de Rostand est palpable. Une volonté qui se concrétise par un casting diversifié, une mise en scène inspirée, et une vraie générosité artistique sur scène.
La troupe de comédiens donne tout : humour, chant, danse, éloquence… Ils vivent leurs rôles avec passion, justesse et engagement. On louera particulièrement leur capacité à maintenir une intensité constante malgré un rythme effréné.
Une adaptation courageuse mais inégale
L’intention du metteur en scène est claire : rendre Cyrano plus proche de notre époque, plus identifiable pour une génération qui ne se serait peut-être jamais penchée sur ce chef-d’œuvre sans cet écrin contemporain. Une idée rondement menée et magnifiée par des décors modulables très bien pensés, en parfaite adéquation avec cette adaptation moderne.
Mais là où la forme séduit, le fond trébuche parfois. Le texte d’origine, fidèle à la plume de Rostand, conserve sa beauté… mais aussi toute sa complexité. Le décalage entre la modernisation visuelle et scénique et le maintien d’un langage soutenu peut freiner la compréhension à certains moments. Ceux qui sont moins familiers avec le théâtre classique peuvent avoir du mal à suivre. La longueur de la pièce n’aide pas non plus à maintenir l’attention d’un public amateur.
Une porte entrouverte vers le théâtre classique
Cela dit, ce Cyrano version Baumhauer a le mérite d’ouvrir une porte. Une grande. Celle de la curiosité, de l’identification, de la rencontre entre héritage culturel et modernité. On aurait peut-être aimé une adaptation un peu plus audacieuse du texte pour favoriser la compréhension sans trahir l’œuvre, mais il faut saluer l’effort et l’ampleur du projet.
En conclusion, notre avis sur Cyrano:
Une adaptation vivante, sincère et généreuse, portée par des comédiens lumineux et une mise en scène inventive. Si le texte reste parfois difficile d’accès, l’élan, lui, est bien là : donner envie de découvrir, de ressentir, de s’approprier Cyrano. Et pour cela, bravo.


































