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      [Report] alt-J à l’AccorHotels Arena : efficacité version XXL

      alt-J en concert à l’AccorHotels Arena : l’annonce avait surpris beaucoup de monde cet été. Jeudi dernier était l’heure du verdict : pari réussi ou raté ?

      Le lendemain de leur set à Lollapalooza Paris, déjà très peu rempli, nous nous réveillions avec l’annonce d’alt-J en concert à Bercy, temple de presque 20 000 places. Étonnant et invraisemblable. La question sur toutes les lèvres était : comment le groupe alternatif allait-il réussir à remplir l’arène ? A l’intérieur, nous comprenons mieux : un peu partout, des rideaux cachent une partie des gradins et l’arrière de la scène, visiblement bien plus avancée qu’à son habitude. Comme une impression d’être en fait au Zénith, où alt-J jouait il y a 3 ans de cela pour la tournée de son deuxième album This Is All Yours.

       

      Marika Hackman : Une première partie troublante

      Dans une salle qui se remplit au fur et à mesure, Marika Hackman entre en scène, accompagnée de ses musiciens pour nous interpréter une petite dizaine de morceaux, notamment issus de son dernier album I’m Not Your Man, sorti au printemps 2017. Modeste mais captivante, elle va animer progressivement le public. Humblement, discrètement, elle s’adresse peu au public, mais, munie de sa guitare, Marika arrive à charmer l’audience présente ce soir. La chanteuse britannique de 25 ans ne semble pas déstabilisée par la taille de l’AccorHotels Arena. Alors qu’on approche de la fin de la première partie, elle annonce : « Plus que deux chansons avant qu’alt-J arrive » et termine son set par Good Intentions, titre bien rythmé. 

      Pour l’anecdote, son deuxième album I’m Not Your Man est sorti le 2 juin 2017, c’est-à-dire le même jour que Relaxer, le dernier album d’alt-J.

      Marika Hackman fait preuve de beaucoup de fraîcheur et sa musique Folk Rock semble avoir plu au public d’alt-J.

       

      Relaxer mis de côté

      21h15 : le trio entre en scène devant une arène désormais quasi-complète (devant les rideaux). Séparés par des sortes de barreaux lumineux, les membres démarrent Deadcrush, issu de Relaxer, leur troisième et dernier album radicalement différent et expérimental, qui sera quelque peu délaissé ce soir. Le groupe enchaîne les titres dans une fluidité et une rapidité presque robotique. La musique nous emporte et nous transporte dans un autre monde mais on en oublierait presque la présence du groupe sur scène. La communication du groupe avec son public est presque inexistante, comme il lui est reproché depuis ses débuts. Gus Unger-Hamilton, le claviériste, avouera tout de même que « Jouer à Bercy, c’est un rêve qui se réalise » dans un français impeccable.

      Les classiques des deux premiers opus An Awesome Wave et This Is All Yours se succèdent : le magnifique Nara, le sous-côté The Gospel Of John Hurt, l’ensorcelant Tessellate, l’énergisant Dissolve Me, l’incoyable Bloodflood (sans sa partie 2) sans oublier le tube Matilda, que les membres dédicacent à leur ami Roger, pour son anniversaire. Ce dernier fait l’unanimité, tous les spectateurs le reprennent en chœurs. Au milieu se retrouvent seulement deux titres de Relaxer : In Cold Blood, réunissant tous les ingrédients magiques de la recette d’alt-J, et l’expérimental progressif Pleader. Le rythmé Left Hand Free et le superbe Taro clôturent le set, le groupe s’éclipse. Nous regretterons la disparition de l’OVNI Hit Me Like That Snare de la setlist mais serons consolés par le retour de Hunger Of The Pine, grand oublié du concert au 106 à Rouen, en juin dernier.

       

      Des titres parfaitement maîtrisés

      Au bout d’une minute à peine, le trio est déjà de retour devant nos yeux pour jouer l’introduction de An Awesome Wave. Vient le tour de 3WW, premier single du dernier album. Ode au calme, il résonne dans toute l’arène, faisant ressortir toute la beauté du morceau. Enfin, le dernier titre arrive : Breezeblocks sans surprise. Tout à coup, le public, incroyablement mou jusqu’à présent, se réveille. Les gradins se lèvent et dansent au rythme des « Please don’t go, please don’t go, I love you so, I love you so ». Dommage, cela aurait dû arriver plus tôt dans la soirée. Le titre se termine, clôturant 1h15 de concert. Les membres quittent leurs places respectives et se rejoignent pour une révérence finale avant de quitter l’arène. Pour de bon, cette fois.

      Au final, le côté grandiose et phénoménal de l’endroit a donné un air plutôt impersonnel au concert. Le manque d’intimisme de Bercy couplé avec la communication quasi-inexistante du groupe contraste énormément avec l’aspect fédérateur et envoûtant de ses prestations en festivals. Nous n’enlèverons tout de même pas à alt-J sa qualité principale : le trio maîtrise ses titres à la perfection.

       

      Setlist :

      Deadcrush
      Fitzpleasure
      Something Good

      Nara
      The Gospel Of John Hurt
      In Cold Blood
      Tessellate
      Every Other Freckle
      Hunger Of The Pine
      Bloodflood
      Matilda
      Dissolve Me
      Pleader
      Left Hand Free
      Taro

      Intro
      3WW
      Breezeblocks

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