Mon Héroïne, l’American Dream à la française

Critique du film de Noémie Lefort

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Affiche du film

La jeune Alex ne rêve que d’une chose : faire du cinéma. Elle vit avec sa mère dans une petite ville Française où elle s’ennuie mortellement et ne pense qu’à rejoindre New York où elle voudrait écrire pour Julia Roberts. Dans sa grande déprime elle prend une décision sur un coup de tête et part pour la grosse pomme afin de proposer son scénario à Julia, embarquant sa mère et sa tante au passage dans un enchaînement d’évènements pittoresquesMon Héroïne raconte cette jolie petite histoire, inspirée de la vie de sa réalisatrice.

Un beau trio d’actrices

Le point fort de Mon Héroïne c’est sans conteste son trio d’actrices. Chloé Jouannet dans le rôle d’Alex, la jeune fille déterminée à réaliser ses rêves ; Pascale Arbillot dans le rôle de sa mère, pragmatique mais aimante ; et Louise Coldefy dans le rôle de la tante qui a toujours le mot pour rire. La synergie entre elles est impressionnante, et elles portent le film dans ses bons moments comme dans ses moins bons. La dynamique entre les personnages est déjà très bien définie (leur petit cercle familial étant un sujet clé du film) et on ne pouvait pas rêver mieux que ces femmes qui se répondent du tac au tac avec une verve impressionnante tout en donnant une véritable impression de rentrer au sein de leur famille sans aucune difficulté.

Du cœur et de la maladresse

Mon Héroïne a un propos très idéaliste et très mignon, ce qui fait qu’on s’attache à ses personnages et à leurs drôles d’aventures très facilement. Cependant, il a tendance à parfois trop se reposer sur ce point et l’écriture en pâtit. Les facilités scénaristiques utilisées peuvent donner l’impression que les évènements s’enchainent bien vite et que la difficulté que rencontre Alex dans son parcours n’est que futile, qu’on lui ouvre des portes aisément et que le monde extérieur est presque obligé de lui ouvrir ses bras. On a l’impression que le film ne parvient pas à trouver son véritable propos sur les rêves et le cinéma. C’est aussi parce qu’on ressent le cœur de Mon Héroïne de manière assez viscérale qu’il pose ce problème, et qu’au lieu de retranscrire cela dans la mise en scène c’est une écriture trop idéaliste qui prend le dessus. Mise en scène qui semble encore se chercher, ce qu’on pardonnera (presque) pour un premier film. On sent que la passion est belle et bien présente, et ça on ne pourra jamais le lui reprocher, même s’il s’est laissé emporter par celle-ci.

Un film familial

Le film a une belle représentation des liens familiaux, et ce dans toute leur complexité. Mon Héroïne c’est avant tout l’histoire d’un héritage familial, de femmes d’un même cercle qui se soutiennent toutes entre elles malgré l’adversité et qui savent sourire en toutes circonstances. C’est un film porteur d’espoir, rien que dans cette question d’héritage malgré ses maladresses sur d’autres propos. On ressent un très fort amour entre elles, aidé à la fois par la performance des actrices et l’écriture qui dans ses relations entre les personnages parvient à atteindre une très grande justesse. Rien que la relation mère/fille d’Alex et Mathilde est très touchante, et ce n’est pas pour rien que le film s’appelle Mon Héroïne. Le générique révèle d’ailleurs que la réalisatrice Noémie Lefort dédie ce film à sa mère, et c’est un bel hommage. Ces personnages s’inspirent et en cela deviennent inspirants à leur tour. Ici l’idée de difficulté et de persévérance est bien mieux représentée, avec toute la sincérité du monde.

Beaucoup de complicité, des moments légers qui fonctionnent, des moments plus dramatiques qui fonctionnent plus ou moins en fonction du sujet abordé… Malgré quelques maladresses, Mon Héroïne est une comédie touchante. Si parfois elle peut pousser un peu trop loin son idéalisme, il ne fait aucun doute qu’elle fera ne serait-ce que sourire son spectateur et l’embarquera dans une belle petite aventure familiale.

En salles le 14 décembre.