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      Peaches : Nous avons écouté le nouvel album en avant première

      Peaches, le projet de la canadienne quadragénaire Merrill Nisker, évolue certainement au niveau de la musique : de l’électro-punk-trash  « Teaches Of Peaches » aux structures digitales plus onctueuses d' »I Feel Cream », en passant par un featuring avec Iggy Pop, et des collaborations avec Gonzales et Simian Mobile Disco, la chanteuse sait s’entourer pour produire tout un éventail de sonorités impactantes. Mais ces variations ne l’écarte pas de son inspiration principale, origine de ses saillies verbales très relevées : l’influence du sexe est permanente. Doublée par une imagerie provocante, par le biais de laquelle elle revendique libertinage et féminisme, son nouvel album « Rub » n’échappe manifestement pas à la règle. Son écoute a révélé une tendance musicale plus sombre et plus personnelle.

      Peaches débute avec « The Teaches Of Peaches » en 2000, qui lui a valu une renommée internationale, notamment lorsqu’elle assure la 1ère partie de Björk. Sa performance, qui dépasse certainement celle de Lady Gaga par son authenticité et son caractère éminemment plus crade, fera parler d’elle et les ventes fusent à toute allure. C’est que « Fuck The Pain Away » qui ouvre l’album donne le La : boites à rythmes sourdes, arrière-son saturés et aussi graves que les infrabasses de Mr Oizo, paroles outrancières qui résonnent comme une injonction à jouir sans entrave, sinon t’es mort.

      « Lovertits » se place aussi assez haut dans les charts. Tendances house minimaliste,  paroles cyniques, clips surréalistes et coquins, humour absurde : il n’en faut pas plus à Peaches pour que sa carrière démarre enfin.

      L’album suivant « Fatherfucker » est le plus osé sexuellement parlant, l’occasion pour la performeuse d’aller plus loin encore dans son univers : paroles monothématiques, instrus plus froids, arrangements mécaniques, limitation à 3 notes maxis : on croirait parfois entendre du Alan Vega. La chanteuse scande toutes sortes de polissonneries : « Im the Kinda beach », « Shake Your Dix, Shake Your Tits ». Sur scène c’est désormais un véritable peep-show décalé auquel on assiste, où les danseuses arborent et gigotent seins et phallus à la fois. Le gore va aussi commencer à toucher l’univers des clips. L’aspect provoc et transgenre n’est peut-être pas du goût de tout le monde, même si la participation d’Iggy Pop va permettre d’attirer les curieux et de confirmer chez la base de fans que les influences punk animent toujours autant la chanteuse.

      « Impeach My Bush » en 2006 marque un petit tournant : l’ambiance trash est tout aussi déconcertante, mais la chanteuse lorgne plus vers des terrains plus dance et R’n’B ( « Tent In Your Pain« , Downtown« ). « I Feel Cream » sorti en 2009 confirme la tendance (Le tube « Talk To Me » reste son titre le plus accessible à ce jour).

      Qu’en est-il de « Rub » qui sort le 25 septembre prochain? 3 featurings de poids, des chanteuses, vont l’accompagner : Kim Gordon (ex Sonic Youth), Simonne Jones et Feist.
       
      On a eu le privilège d’écouter l’album tout juste mis en boite, « Rub« , dans un bar de Pigalle, dans lequel on pouvait voir autrefois des hôtesses et des stripteases. Un lieu certainement approprié pour du Peaches, et pour cet album, qui donne le ton dès « Dick In The Air » ou le single « Light In Places » (dont le clip contient une apparition sulfureuse de Empress Stahn, une danseuse-performeuse). Les thèmes sont toujours aussi orientés, seulement, quelque chose a changé. Si le réflexe est de sourire à l’écoute des paroles, l’atmosphère plus grave des instrus, l’enveloppe plus épaisse des basses et synthés, et les rythmes aussi cliniques que dansants, assez death-disco, donnent une tournure autrement plus mature à l’ensemble. L’artiste semble rechercher un compromis entre son caractère foutrement trempé et une dance douce-amère. On l’entend carrément qui frissonne sur « Free Drink Ticket« , où elle se met à réciter assez gravement un texte troublant, transgressif, mais plus sérieux que d’habitude. Avec ce beat obsédant qui rendrait compatible sa musique dans les clubs. Peaches est sur une trace plus dark, celle de Glass Candy, de Farah ou de Ellen Allien. On attend la réécoute avec impatience, pour que cette agréable impression se confirme.

      Ecoute de "Rub", le nouvel album de Peaches
      Ecoute de « Rub », le nouvel album de Peaches

       

       

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