Critiques de Daaaaaali !, Le Règne animal et Bernadette

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Daaaaaali ! – « Il pleut des chiens morts »

Une journaliste doit réaliser une entrevue avec Salvador Dali.

Qui était assez surréaliste à l’instar de son art pour réaliser un métrage sur le maître, si ce n’est Quentin Dupieux qu’on retrouve seulement six mois après son Yannick ? N’escomptez pas une œuvre didactique, ni même un biopic. Nulle mention de son travail pictural, ni d’accorts éléphants, ni d’horloges ductiles, mais l’excentricité enflammée de l’artiste et une mécanique de prédilection du cinéaste : la mise en abyme (rêve dans le rêve, film dans le film) qui égare irrémédiablement le spectateur. Néanmoins, j’ai apprécié qu’il fustige les amateurs d’art dans la scène où le peintre ne fait qu’apposer sa signature, conséquemment la valeur du tableau s’élève à plusieurs millions d’euros et l’hommage à Luis Buñuel, car pareillement à Cet obscur objet du désir le rôle-titre est octroyé à plusieurs acteurs distincts.
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Le Règne animal – « S’il recommence, il faudra le piquer… Le chien, pas le gosse »

Une nouvelle maladie émerge qui transforme les personnes en créatures animales.

Métrage de science-fiction français : genre inusuel dans l’industrie franchouillarde, mais si le succès est au rendez-vous, il devrait devenir une muse. En effet, l’œuvre étrenne en livrant un scénario original nullement inspiré par une quelconque production américaine. L’humour est tellement fin qu’il pourrait s’avérer feutré par exemple un père élucubrant des semonces à son fils avant de s’allumer une cibiche, symbole d’assujettissement consumériste. On peut aisément faire une analogie avec les Noirs, les homosexuels, les non-vaccinés ou encore – restons dans la pathologie – les sidaïques ; bref, des brebis galeuses. On peut y voir aussi la splendide évocation d’une mue universelle : l’adolescence ; en résumé, un récit foncièrement allégorique.
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Bernadette – « Les Français sont peut-être des veaux, mais de gentils veaux »

Évocation de la vie de Bernadette Chirac, le métrage débute peu avant l’élection de son époux.

Les dialogues recèlent d’une profusion d’apophtegmes mordants (« C’est important, la fidélité »), chenus et patriarcaux (« si vous voulez m’aider, restez sagement derrière moi ») sur par exemple les habits de la première dame. Le film brocarde joyeusement le monde politique et ses affiliés, personne n’est épargné. Elle a dû se démener contre un mari phallocentrique et elle devient une savoureuse héroïne féministe. Catherine Deneuve livre vraiment une prestation exceptionnelle et va jusqu’à mimer son maintien.