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      Critique « War Dogs » de Todd Phillips

      Réalisé par Todd Phllips, réalisateur de Very Bad Trip, War Dogs réunit à l’écran Jonah Hill et Miles Teller, la révélation de Whiplash; et raconte le parcours de deux amis d’enfance qui se lancent dans le trafic d’armes à l’époque de la guerre en Irak. Bien évidemment les choses ne vont pas être de tout repos dans cette aventure drôle et rythmée. 

       

      Une rêve américain bancal ?

      Miles teller et Jonah Hill

       

      Todd Phillips s’est éloigné de la comédie américaine de base qui a animé sa première partie de carrière (Very Bad Trip, Date Limite, Starsky et Hutch) pour tenter de s’immiscer dans un problème politico-social passé et actuel. Le film, inspiré d’une histoire vraie, retourne une décennie en arrière au moment de la guerre en Irak. Le personnage de Jonah Hill va entraîner son ami d’enfance interprété par Miles Teller dans des magouilles plus ou moins légales, puisque tirée d’une faille bureaucratique de l’Oncle Sam. War Dogs mélange les genres et peine parfois à trouver son style, comédie, film d’aventure, drame, film d’arnaque, Todd Phillips veut avoir un angle d’attaque large et toucher à tous les potentiels de cette histoire. Malheureusement à trop vouloir jouer sur différents fronts Todd Phillips oublie parfois le but de son film : faire un pamphlet contre l’oncle Sam. A la manière de No Pain, No Gain de Michael Bay, ou le récent The Big Short, War Dogs est une histoire totalement hallucinante, très inattendue, qui met en scène des individus lambdas qui vont profiter du système pour réaliser leur propre rêve américain. En quelques mois le personnage de Miles Teller passe de masseur pour riches propriétaires à riche propriétaire lui-même. Et comme pour les films cités précédemment, le spectateur tend tout simplement à oublier que War Dogs est inspiré d’une histoire vraie. Todd Phillips réutilise Jonah Hill de manière assez proche de son personnage dans Le Loup de Wall Street, individu aveuglé par la cupidité, ostentatoire et peu fiable. Mais War Dogs contient quelques défauts majeurs dans ses thématiques qu’il simplifie parfois à l’excès.

       

      Un divertissement convenable tout au plus

      wardogs

      War Dogs ne pousse pas ses thématiques assez loin. Là où il aurait largement pu tourner vers la comédie satirique, il se contente de suivre les chemins tracés habituels du tout-venant hollywoodien. Les prises de risques sont ainsi minimes et le gouvernement n’aura pas à se sentir inquiété par l’analyse de Todd Phillips. La manière dont les deux compères arnaquent le gouvernement demeure assez floue, et ce dernier ne prend que de minimes critiques à l’égard de son comportement douteux d’acceptation de contrat sorti d’une entreprise fictive formée par les protagonistes. Todd Phillips ne s’est pas attardé sur la manière dont le gouvernement ferme les yeux sur ce genre de contrat visant à faire le maximum de bénéfices sans se poser trop de questions quant à l’origine des services proposés par les deux individus. Quant aux personnages, ils ne sont pas les grands méchants de l’histoire, Todd Phillips parvient à créer une véritable empathie à leur égard et le spectateur ne peut s’empêcher d’être du côté des fraudeurs. Pour autant, d’autres thématiques fonctionnent parfaitement. L’alchimie entre Hill et Teller est ainsi fluide, les deux compères interprétant des personnages attachants et auxquels on s’identifie. Virant de la sorte dans le buddy movie, les personnages se trouvent en contradiction et arrivent malgré cela, à transformer leur commerce en une juteuse association. Par ailleurs, le film réussit à dresser un parfait constat des ravages des affaires sur l’amitié. Todd Phillips en vient ainsi à opposer la loyauté et le respect à la trahison et la cupidité et vient remettre en doute l’amitié humaine lorsque confrontée à quelques millions de dollars. Preuve de ce constat : le personnage de Jonah Hill, absolument prêt à tout et qui en vient à faire de sacrées manipulations à l’égard de ses associés. Une véritable opposition entre bien et mal intervient, mais pas au niveau des argumentations sociales, pas au niveau des arnaques face à un gouvernement pourri, mais bien à l’échelle humaine, à l’échelle de l’amitié censée être inébranlable. Les références à Scarface sont nombreuses et coïncides avec l’évolution du personnage de Jonah Hill. Mais cette belle alchimie est aussi convaincante grâce au duo d’acteurs. Même si Jonah Hill en fait parfois un peu trop avec son personnage, le plaisir est là. Quant à Milles Teller, son jeu sobre convient parfaitement à cet homme hésitant, moral et consciencieux. Cerise sur le gâteau, on notera une apparition inattendue de Bradley Cooper qui donne le sourire. Mais finalement l’ambition de Todd Phillips a été revue à la baisse et War Dogs n’est qu’un divertissement lambda. Bien monté, bien réalisé avec une mise en scène décomplexée, faite de chapitres matérialisés par des phrases écrites à la volée sur un fond noir, appuyée par une bande son très appréciable, War Dogs rempli son cahier des charges sans problème : le film est drôle, rythmé, prenant et malgré quelques longueurs plutôt passionnant.

       

      War Dogs est certainement la comédie de Todd Phillips la plus recherchée en comparaison de ses réalisations précédentes. Il se paye la présence d’un duo d’acteurs talentueux pour interpréter des personnages prêts à défier le système dans un contexte drôle et parfois pertinent. Sans être un chef d’œuvre War Dogs est donc une relative bonne surprise qui gâche pour autant un véritable potentiel à force de vouloir trop rester dans le moule. 

       

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