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      Critique « Hostile » de Mathieu Turi : une brillante série B !

      Mathieu Turi est un jeune réalisateur (interview ici). Après plusieurs courts-métrage et plusieurs années à avoir travaillé en tant qu’assistants sur de nombreuses productions (grosses et petites) le voici avec son premier long-métrage Hostile. Alors que le cinéma de genre français semble connaître un renouveau, que donne cette nouvelle tentative ? Focus.

      Tout commence par le désert. Une jeune femme est seule, et cherche à trouver de quoi permettre à sa tribu de subsister. Alors que celle-ci est victime d’un accident de voiture et se retrouve seule dans la nuit, elle va se remémorer ses souvenirs d’avant l’apocalypse

      Hostile est un film particulier. Celui-ci mélange tout d’abord le post-apo/horrifique ainsi qu’une partie se situant avant l’apocalypse plus proche du drame romantique. Nous allons donc traiter cela au cas par cas, en s’intéressant à la partie apocalyptique, puis la partie romantique. Il est important de savoir que les deux parties ne sont pas présentés par hasard et ont un sens.

      La partie post-apo va ce centrer sur des questions et des thématiques qui peuvent concerner n’importe qui, c’est-à-dire comment survivre à une situation « Hostile ». Une question typique du western, qui a migré vers la science-fiction et, donc, le post-apo. Cette origine du western se sent tout au long film, avec un univers sec et aride qui rappelle autant le premier Mad Max (qui était une sorte de western sur roues), qu’un western spaghetti à la Sergio Leone. Puis le film évolue : on passe de Fallout à Alien. La comparaison avec Alien est intéressante car cette partie du film de Turi y fait écho. Une jeune femme, seule dans un véhicule, en proie à une dangereuse et mystérieuse créature (qui rappellera les zombies de The Last of Us) cherchant à survivre par tous les moyens à sa disposition. Mis en scène de manière très ingénieuse (on n’oublie jamais le monstre qui rôde dans les parages) sans être trop tape à l’œil (la mise en scène sait se faire oublier quand il le faut), Mathieu Turi montre qu’il a du savoir-faire. Enfin, un petit mot sur le casting, Britanny Ashworth qui est très convaincante, totalement investie dans son rôle, et Javier Botet, terrifiant dans son rôle de zombie, avec sa gestuelle désarticulée, complètement unique. 

      La partie romantique est clairement le point noir du film. Plus précisément sa première partie. Les premières scènes sont extrêmement clichés (on reprend encore le schéma d’une jeune femme pauvre, droguée, tombant amoureuse du parfait prince charmant, beau et riche), pas très bien filmés, jouées de manière on ne peut plus approximative. Ce qui aurait pu fonctionner se retrouve inefficace par une mauvaise mise en oeuvre. Mais, au fur et à mesure que la relation entre les deux personnages s’approfondit, on réussi à s’éloigner des clichés, ainsi que des approximations en tous genres. Le drame que vit ce jeune couple fini par nous toucher au plus profond, et rapproche du drame universelle. Grégory Fitoussi, quant à lui, a du mal,à quitter une image de bellâtre, mais on finit par s’attacher sincèrement à son personnage.  

      Malgré certains défauts, Hostile reste un film de genre tout à fait divertissant. Effrayant, émouvant et drôle, accompagné par d’excellents acteurs et une réalisation bien maîtrisé, ce film mérite d’être vu, et soutenu. Hostile est sortie le 26 octobre, en exclusivité parisienne au Grand-Rex. 

      Bande-annonce d’Hostile : 

       

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