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      Avengers : l’ère d’Ultron

      Mercredi dernier, un nouvel opus Marvel est sorti sur les écrans français. Il s’agit de « Avengers 2 : l’ère d’Ultron ». Joss Whedon rempile à la réalisation et le casting de super héros est toujours aussi impressionnant, accueillant toujours des petits nouveaux prêts à en découdre avec les grands méchants toujours plus puissants. Ainsi, on retrouve toujours le même casting délirant porté entre autre par Robert Downey Jr, Chris Evans et Mark Ruffalo. La réunion de ces supers héros était attendue par le monde entier, quel en est le résultat ?

      Les critiques presses n’ont pas été tendres avec ce deuxième opus des Avengers, certaines le qualifiant même de pire filmdes studios Marvel. Mais « Avengers : l’ère d’Ultron » est- il si mauvais ?

      Eh bien, il est effectivement certain que Joss Whedon est très loin de la qualité festive, sympathique et drôle du premier opus. Partant sur un registre beaucoup plus sérieux et sombre, Whedon n’arrive pas à assumer totalement ce parti pris. Incorporant des thèmes puissants, véritables fondements de la science fiction moderne et actuelle telle que l’intelligence artificielle, le réalisateur ne parvient pas à tout conditionner, à tout développer pour que le long métrage prenne une quelconque épaisseur intellectuelle, philosophique ou artistique.

      Downey Jr, Whedon, Hemswroth, EvansEn effet « Avengers : l’ère d’Ultron » se veut incontestablement plus sérieux que son prédécesseur. Essayant d’étudier la part sombre de chacun des super héros grâce à une sorcière rouge, Wanda Maximof, terriblement sous estimée, sous employée, et simplement reléguée au rang de figurante. Toutes ces manipulations d’esprit auraient pu être un attrait scénaristique et artistique de grande volée. Une véritable recherche de soit pour chacun des protagonistes, une véritable découverte sensorielle pour le spectateur. Pas assez sombres, pas assez longues, pas assez intrigantes ou étonnantes, ces petites escapades dans les confins du cerveau humain déçoivent. Elles déçoivent non pas parce qu’elles sont de mauvaise qualité, mais uniquement car elles ne sont pas suffisamment exploitées, mises en valeur et ne sont en réalité qu’un potentiel démentiel, tout comme le personnage, oublié au profit de scènes d’action maintes fois vues et omniprésentes. Cet aspect sérieux qui avait pour but de véritablement connaître les personnages, n’est jamais entièrement assumé, souvent gâché par des répliques, des punchlines et des blagues lourdes, de mauvais goût et de moins en moins subtiles. L’humour Marvel avec « Avengers : l’ère d’Ultron » est tombé au plus bas même si encore quelques situations et répliques font leurs effets. Malheureusement, bien souvent celles-ci sont amenées à des moments inopportuns pour tenter de créer des ruptures de ton malvenues. A la manière de Shane Black avec « Iron Man 3 » la part sombre et intéressante des personnages est vite oubliée pour laisser place à un déluge d’action trop vu, blasant, fatiguant et en manque total d’originalité.

      Iron Man

      L’autre gros défaut du long métrage réside dans son traitement. Le premier « Avengers » était passionnant car il s’agissait de la création des Avengers. Les personnages apprenaient à se connaître, le spectateur découvrait, impressionné, la réunion des héros Marvel dans un seul film, et même si la fin n’était que la conclusion inévitable de tout blockbuster à savoir un déluge d’action, toute la première partie était réellement réservée aux personnages, qui chacun d’entre eux avait une place suffisante pour s’exprimer. Cette suite, en voulant toujours aller plus loin, en accumulant les personnages et les scènes d’action en oublie complètement ses personnages et leurs motivations. Le long métrage se retrouve aveuglé par la finalité d’action. Joss Whedon ne parvient plus ici à contrôler ses personnages qui se marchent littéralement dessus. Aucun d’eux ne peut réellement s’exprimer, avoir une quelconque épaisseur. Pour contrer au maximum cet inévitable défaut, cet inévitable manque de contrôle et d’épaisseur sur les protagonistes, Whedon est obligé de faire un film long, trop long, mais aussi d’enchainer le plus rapidement possible ses scènes et ses plans. Le spectateur se retrouve alors face à un montage des plus déplaisants, le réalisateur s’obligeant à cuter n’importe comment pour optimiser au maximum le temps et l’espace. Les dialogues pâtissent de cet effet, ils se retrouvent réduits à de simples échangent de punchlines navrantes et de trop nombreuses fois entendues. Le spectateur se retrouve avec des scènes mauvaises et superficielles, telle la libération de la Veuve noire par Bruce Banner, une scène sortie de nulle part et disparaissant aussi rapidement que sa venue.

      Quant aux personnages, le film veut toujours en incorporer plus, même si leur utilité n’est que de créer de simples clins d’œil et autres caméos. Ainsi, on retrouve War Machine qui ne sert que de figuration, le Faucon complètement inutile, de Andy Serkis qui ne fait qu’une trop courte apparition pour amener le pays fictif qu’est le Wakanda, son métal indestructible, et pour les initier à la future présence de la panthère noire dans le monde cinématographique Marvel. L’utilité de Nick Fury est elle aussi à remettre en doute. A trop vouloir aller dans l’excès, le long métrage finit par créer une indigestion des plus décevante, ne rend pas hommage aux personnages de Stan Lee pourtant si passionnants, à l’image des jumeaux totalement relégués au second plan ou le Baron Zémo oublié des le début du film. Quant aux scènes d’action, elles traduisent un véritable manque d’originalité. Après s’être attaqués à une armée d’extraterrestres, les Avengers s’attaquent ici à une armée de robots, entrainant ainsi le recyclage des mêmes scènes d’action. Pourtant, Ultron, même si il est beaucoup moins puissant que dans les comics, finit par être assez fidèle à la création de Lee et Kirby.

      Ultron

      Ce deuxième opus décevra complètement les amateurs de bons films de super héros et à la recherche d’un minimum de scénario et de subtilité. Pourtant, le long métrage ravira quand mêmes l’ensemble des inconditionnés Marvel. Eux, avec leurs visions de véritables connaisseurs des Marvel papier, ne pourront qu’être comblés par la multitude et incessante présence de références et clins d’œil en tous genres, ceux-ci n’ayant jamais été aussi nombreux auparavant. Et en fin de compte, « Avengers : l’ère d’Ultron » restera un gros succès Marvel à n’en pas douter, et un divertissement honorable contrôlé du début à la fin par des studios à la recherche de toujours plus d’argent.

      « Avengers : l’ère d’Ultron » n’apparaît que comme un blockbuster formaté, décevant, fade et aseptisé, mais pourtant encore une fois virevoltant, foisonnant d’idées, et véritablement divertissant, grâce à des scènes d’action assez époustouflantes qui raviront les fans Marvel, ou les amateurs de blockbuster.

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