Shredder in Hell ou le retour du gros méchant

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Mateus Santolouco, magnifique dessinateur des tortues ninja, revient dans Shredder in Hell et il est à son sommet. Découvrez avec nous comment il est allé en enfer et est revenu avec ce magnifique récit complet.

Tout est fini ?

Une couverture de Shredder in Hell
Shredder in Hell à l’attaque

Comme l’indique le titre, les tortues s’effacent pour laisser la place à leur grand adversaire : Shredder, mort depuis la fin de la guerre à New York. Cependant, la ténacité d’Oroku Saki est telle que même en enfer, il refuse sa défaite. Il décide donc de revenir, mais doit pour cela affronter les hordes démoniaques. Shredder in Hell va également montrer comment le méchant se (dé)construit.

En arrivant dans l’au-delà, il se confronte à ses origines. Il s’oppose à sa première incarnation Takeshi Tatsuo, fondateur du clan foot. Il affronte ses ennemis actuels, les tortues ninja. Il doit surtout lutter contre son destin. Shredder est le porteur du dieu Dragon destiné à détruire la création. Le livre est la tentative d’un homme de briser ses entraves. Afin de dépasser ses contradictions internes, l’ancien vilain doit abandonner le contrôle, principe qui réglait toute sa vie.

Shredder in Hell arrive à point nommé pour célébrer le talent d’un dessinateur brésilien bien trop rare. Sortant en dehors des séries mensuelles, Santolouco a beaucoup plus de temps et cela se voit. Ce qui marque au premier abord ce sont les couleurs. Assisté des coloristes Marcelo Costa et David Calil, Santolouco propose une teinte dominante trouble entre le rose et le mauve. Shredder in Hell n’est cependant par un livre monochrome car il y a tout un dégradé qui part du rouge vif au mauve.

Ce délai supplémentaire se voit par le détail de chaque case : Splinter est encore plus proche du rat que dans les épisodes mensuels. La mise en page intégrant au début des taches est plus variée. Ces détails ne sont pas anecdotiques mais symboliques. Les taches montrent le sang de la mort de Shredder tandis que les bordures des cases forment une lame ou un tissu déchiré. Les combats offrent une mise en scène dans tous les sens tout en restant toujours lisibles. Shredder in Hell est par ailleurs le premier titre où Santolouco est également le scénariste.

Ce n’est que le début

Une page de Shredder in Hell
Shredder in Hell, un dessinateur au sommet

On se demande souvent comment commencer une série aussi longue et connectée que les tortues ninja. Shredder in Hell étant un récit complet indépendant de la plupart des évènements récents, ce livre constitue donc le meilleur moyen de tomber totalement (et immanquablement) amoureux de la série. A l’inverse, le fan comprend également chaque discrète allusion : l’origine du clan Foot et l’amour de Shredder pour l’immortelle Kitsuné, comment il est mort puis le vol de son cadavre et sa précédente lutte contre ses victimes défuntes.

Pour être au niveau de cet artiste, l’éditeur HiComics nous gâte avec une magnifique couverture inédite réservé au marché français. En effet, la colorisation a été reprise pour correspondre aux teintes des pages intérieures. Profitant surtout des tests effectués dans le manga ou sur Blue in Green, la couverture profite de splendides effets métalliques sur le titre et l’armure de Shredder. Il y a également de magnifiques bonus en fin de livre.

Outre les couvertures bonus en plein format, Mateus Santolouco ajoute le concept de la première couverture puis raconte la genèse du livre en expliquant les différentes étapes. On le comprend encore mieux par la comparaison de trois pages du storyboard à la version définitive. Chaque page du premier épisode est commenté par Mateus Santolouco. Le traducteur est également cité en quatrième de couverture, fait bien encore rare dans les comics

Shredder in Hell est une œuvre forte. Le début est assez simple – Shredder veut quitter les enfers – mais plus on avance et plus le récit s’élève devenant même cosmique. Ce volume donne également très envie de lire le dernier volume de la série.

Retrouvez sur le site les chroniques sur les précédents volumes ainsi que sur la série d’origine.