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      La révolution animale avance (à quatre pattes) dans Robilar

      Plus rien ne va dans la ferme car les animaux refusent de finir dans l’assiette du prince. La guerre est proche. Heureusement, le chat Robilar arrive pour négocier avec ces révoltés.

      Le véganisme dans le royaume

      Robilar et les princes

      Dans ce dernier tome de Robilar, le scénariste David Chauvel propose un récit historique pleinement d’actualité. En effet, les revendications de ces animaux en grève sont très claires : il faut arrêter de manger de la viande. Si le royaume ne change pas, ils sont prêts à transformer leurs otages, le père Riflon et sa femme, en boudin. A cette annonce, toute la cour est en émoi… pour leurs estomacs. Devant la gravité de la situation, seul un autre animal peut agir. Le prince envoie donc Robilar dans cette ferme révoltée. Mais le chat a-t-il raison de se ranger du côté des humains contre les animaux ?

      La question de la condition animale parcourt le début du livre. Ce nouveau tome de Robilar se place clairement contre la consommation de viande mais le végétarisme n’est pas le choix le plus facile. Le chef du palais ne voit, littéralement, les révoltés que comme des morceaux de viande. Les animaux ont également décider de se passer de nourriture carnée mais se posent des questions morales : les vers de terre sont-ils de la viande ? Cette question fait l’objet d’un débat digne d’une séance de syndic. Le mari du prince se souvient avec tristesse de la violence de son père contre un lapin. Un débat entre un porc et un fermier puis le procès des époux Riflon montrent bien que le plus sauvage n’est pas celui que l’on croit. Robilar fait d’ailleurs moins d’erreur de lexique que la plupart des courtisans. Rien dans cet improbable scénario ne serait possible sans le talent du dessinateur Sylvain Guinebaud. Les expressions des animaux sont remarquablement justes et propulsent les blagues bien plus loin. Tout en suggestion, il nous émeut sur la mort d’un agneau.

      L’humour dans le conte

      Le royaume différent de Robilar

      David Chauvel s’amuse à confronter les contes de fées à la modernité depuis le lancement de la série Robilar puisque le chambellan a permis un mariage gay. Cela n’en fait pas pour autant un dirigeant modéré. Il était prêt en envoyer l’armée mater la révolter avant que Robilar ne le fasse changer d’avis. Si elle est parfois engagée, Robilar est d’abord une série très drôle qui peut faire penser à Shrek. La situation est totalement absurde car le leader canard a du mal à se faire respecter. Cette réunion politique de la cellule révolutionnaire de la ferme est hilarante pour le lecteur et pour les animaux, par le talent d’humoriste du bélier. Les animaux ont voté pour l’égalité de tous même les lapins alors qu’il est admis de tous qu’ils sont c… à tel point que c’est devenu une expression. Chauvel s’amuse également avec les proverbes montrant que le langage est une arme. Un porc se plaint que l’on traite un obsédé de cochon. Cette réflexion provoque un débat sur le politiquement correct. Robilar est aussi une œuvre sur la tolérance, sur ses bienfaits et la difficulté de la respecter. Les animaux se rendront très vite compte que, passé les premiers temps, il est dur de faire avancer une révolution.

      Dans ce volume édité par Delcourt, Chauvel et Guinebaud proposent une série en trois tomes qui lifte les contes de fée avec modernité et humour. A peine plus optimiste que La ferme des animaux d’Orwell mais aussi réussi, on ne peut que regretter le manque de notoriété de Robilar qui mériterait de se poursuivre bien après ce troisième volume.

      Pour poursuivre votre lecture, vous pouvez retrouver les chroniques sur Voltaire & Newton et Kaijumax, d’autres récits animaliers très originaux.

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