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      Orcs & Gobelins 11, Conan dans les Terres d’Arran

      Les Terres d’Arran sont devenue une série de référence de l’heroic fantaisy en bd et la saga continue dans ce onzième tome avec Kronan mélangeant Conan et les Orcs. Étrange ? Pas tant que cela…

      Un conte au coin du feu

      Un monde d'heroic fantaisy

      Dans un palais inspiré du temple de Petra, un vieil orc, Kronan, entouré d’humains raconte une histoire. Il va nous expliquer comment il est passé de chef d’armée à chef des brigands. Dans le passé, la reine d’Antarya Nawell arrive dans un village fortifié de ses terres. Mais sa tenue et son attitude sont très loin de la princesse Disney. Elle porte une armure et met à mort tous les habitants sans raison. Le royaume d’Antarya est totalement bouleversé par la décision de la reine Nawell d’épouser un lieutenant de sa garde personnelle. Pire, elle décide de dissoudre son armée provoquant une mutinerie sanglante. Le chef de sa garde, Kronan mène la lutte mais en infériorité numérique, il est capturé et se retrouve crucifié. Kronan, souffrant depuis la veille, délire car il voit tous les guerriers qu’il a tué attendre la fin de son agonie.

      Un récit de sang et de vengeance

      La mauvaise reine épouse son prince consort et ancien capitaine de la garde, Syrius, et ils mènent le royaume à la ruine. Très moralisatrice, on découvre la vision du mauvais gouvernement. Nawell fait pleuvoir chaque jour sur le peuple de nouvelles taxes. Pendant ce temps, elle observe des orgies au château et détruit le culte pour le  remplacer par les dieux anciens honorés par des sacrifices humains.

      Le scénario réussit un bel enchâssement de récits. Dans ces souvenirs, Kronan se souvient aussi des circonstances qui l’ont mené dans une si mauvaise posture. Il est sauvé par le chef d’un groupe de brigands qui l’utilise comme lieutenant afin de prendre sa retraite. Kronan accepte pour se venger et fera grossir la horde de voleurs, en faisant une immense armée et assouvir sa vengeance. Il est assoiffé de sang et combats plus que d’or et de pouvoir. Le dessinateur Sébastien Grenier se lâche avec de vastes combats. On retrouve les orcs refusant la civilisation et détestant au plus haut point les mages prétentieux et mystérieux

      Kronan enquête aussi pour découvrir ce qui est arrivée à Nawell. La réponse sera dans une bibliothèque mais Kronan doit passer un pacte avec un conteur sans connaître le prix à payer. Tout vient d’un secret à la naissance de la reine.

      Des paysages superbes

      Un barbare familier

      En lisant le résumé précédent, vous avez peut-être reconnu des liens avec les films Conan. Vous ne rêvez pas puisque le scénariste Jean-Luc Istin s’est inspiré d’une nouvelle de l’auteur de Conan, Robert E. Howard. Cet auteur revient à la mode en bd avec les séries chez Glénat et l’arrivée du barbare en comics chez Marvel. Le scénariste lui rend homage car le conteur qui donne la réponse à Kronan est Robert E. Howard. Cette relecture a été soutenue par David Courtois qui gère la Bible des Terres d’Aran. On retrouve cette violence, l’exotisme oriental dans les tenues et les armes.

      On retrouve donc un texte typique d’heroic fantaisy par un pastiche médiéval. On peut cependant penser que ce récit reproduit des stéréotypes d’heroic fantaisy. S’inspirant d’un récit originel misogyne, Jean-Luc Istin ne questionne ces éléments dépassés aujourd’hui. Dans la première page, les corps féminins sont hypersexualisées sans aucune raison. En règle générale, les femmes portent presque toujours des tenues très légères alors que les hommes sont en armure. Contrairement à Adventureman sur des récits datant de la même époque, il n’y a aucune modernisation.

      Édité par Soleil, ce onzième tome de la série Orcs & Gobelins propose une variation originale des Terres d’Arran par ce titre d’heroic fantaisy la plus dark et sauvage. Cependant, plus que les très sombres et belles pages d’un combat massif, c’est la quête de vengeance et la vie de Nawell qui intéresse.

      Vous pouvez retrouver la chronique sur un orchestre bien trop gentil dans cette chronique ou sur un Elfe des terres d’Arran sur ce lien

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