[Report] Pumarosa ensorcelle le Point Ephémère

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Dead Sea sur la scène du Point Ephémère. Crédits : Simon Brazeilles

Pour la première fois à Paris depuis la sortie de son album, le groupe anglais Pumarosa était en concert au Point Ephémère mercredi dernier. Envoûtant et majestueux, ce fut une véritable claque.

Nous les avions découvert en première partie de Foals, aux Nuits de Fourvière pour un set énergique et convaincant à souhait. Ce mercredi, les Londoniens de Pumarosa étaient de retour en France, au Point Ephémère à Paris plus précisément, cette fois-ci pour leur propre concert.

 

Avant les Londoniens, ce sont les Français de Dead Sea qui investissent la scène pour interpréter quelques chansons. Déjà vu en première partie de Grands Boulevards au Batofar en juin dernier, le quatuor est paré de barres lumineuses derrière lui, dansant au rythme de la musique. La poignée de morceaux est sympathique, le style est semblable à Pumarosa en moins électrique. Néanmoins, le tout devient assez répétitif et le public ne paraît pas très convaincu. Il faut dire que le groupe n’est pas non plus très présent sur scène. Seule la chanteuse se démarque, munie d’un sweat rouge vif. « Nous avons une dernière chanson avant de laisser place à Pumarosa » nous annonce-t-elle. Dernière chanson, plus énergique et vive, qui nous fait au final regretter le départ du groupe. 

 

Ambiance mystique

21h20 : la musique d’ambiance de la salle s’éteint, de la fumée provient de la scène. L’ambiance mystique propre au groupe se pose. Pour ceux qui ne les connaîtraient pas, le tour est joué. Pumarosa entre sobrement en scène et commence par Dragonfly ; premier morceau du concert qui est aussi le premier morceau de The Witch, excellent premier album du groupe sorti en mai dernier.

Si le groupe est composé de cinq membres, nos yeux se poseront pendant tout le concert sur Isabel Muñoz-Newsome, chanteuse et leadeuse à l’aura à la Florence Welch. Avec sa grâce et volupté unique, la Londonienne charme toutes les personnes présentes dans la foule ce soir-là. Elle utilise même une baguette sur les cordes de sa guitare, original et efficace. Ses mouvements de danse partent dans tous les sens, sa voix est divine. Sur les morceaux planants tels que Dragonfly, cette dernière vous ensorcelle alors que sur d’autres plus calmes (Hollywood, Lions’ Den), elle vous touche au plus profond de vous. Tout au long du concert, Isabel recevra d’ailleurs quelques déclarations d’amour à la « Isabel, on t’aime », auxquelles elle répondra sur fond d’humour « What is it? I’ve been busy » (« Quoi? J’étais occupée »).

Mais les autres membres masculins de Pumarosa (Neville James à la guitare, Henry Brown à la basse, Tomoya Suzuki au clavier et saxophone et Nicholas Owen à la batterie) ne sont pas en reste et délivrent une instrumentale sans faute. L’animosité est à son comble pendant les répétés « Oh you, stupid son of a bitch » de Honey et l’outro diablement électrique de Cecile, issu de l’EP Pumarosa du groupe sorti en septembre 2016.

 

L’album The Witch porte bien son nom

Le moment tant attendu du concert arrive au bout d’une quarantaine de minutes : Priestess. Les premiers rangs reconnaissent le début de l’introduction du titre magistral de plus de 7 minutes 30 et poussent quelques cris, loin de dissimuler leur joie. Une véritable communion entre le Point Ephémère et Isabel : pendant le pré-refrain, cette dernière se lâche et entame ses mouvements de danse saccadés avec un grand sourire aux lèvres, elle se rend sûrement compte de l’effet qu’elle procure à ce moment-là. Au cours du refrain, elle se met alors à faire des vagues plus fluides avec ses bras avant de proclamer haut et fort un « Paris, I wanna see you dance! ». Puis, vient l’entrée en jeu du saxophone, particulièrement plaisant pour les oreilles.

Le concert se termine sur l’amusant Snake. Cependant, le quintet londonien revient pour deux autres morceaux en affirmant que c’est un réel plaisir de jouer pour nous. Ce sera d’abord une reprise de Hothouse du groupe The Sound avant de terminer sur le plus dansant My Gruesome Loving Friend, concluant un peu plus d’une heure de show.

Au Point Ephémère ce mercredi soir, Pumarosa s’est affirmé comme étant une véritable révélation de l’indie rock anglais, notamment grâce à sa chanteuse Isabel Muñoz-Newsome, pleine de talent, de grâce et de magie. Chacun de leurs titres est une réussite, et encore plus en live que sur leur excellent album The Witch.

 

Setlist : 

Dragonfly
Honey
Cecile
Barefoot
Hollywood
The Witch
Lions’ Den
Red
Priestess
Snake

Hothouse (The Sound cover)
My Gruesome Loving Friend