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      Mission Yozakura Family, critique du tome 3  : les affaires sérieuses commencent

      Lorsque Taiyô se lie d’amitié avec sa camarade de lycée Mutsumi, il ignore qu’il vient de transformer sa vie à tout jamais. Sa camarade se révèle être la cheffe d’une famille d’espions redoutables et respectés. Extrêmement surveillée et protégée, sa vie sociale est scrutée notamment par son très protecteur grand frère. Pour échapper à un sort funeste, Taiyô n’a d’autre choix que d’intégrer cette famille étonnante, à ses risques et périls. C’est sur ce postulat décapant que Hitsuji Gondaira construit Mission Yozakura Family, shonen édité par les éditions Kana qui nous a séduit dès les premières pages. Pour ce troisième opus, l’auteur continue d’enrichir la dimension comique de son récit tout en dérivant vers une tonalité plus sombre.

      Mais qu’allait-il faire sans cette galère ?

      C’est en effet la question que se pose chaque jour Taiyô. Le monde des espions ressemble à un manège infernal. Le jeune lycéen doit composer entre les missions de sauvetages permanentes, sa formation en tant qu’agent tout en évitant les pièges posées par Kyoichiro Yozakura, le très protecteur et étouffant grand frère de Mutsumi. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que débarque le richissime héritier d’une fabrique de jouets bien décidé à prendre sa place aux côté de Mutsumi.

      Mais ce n’est que le début car au cours d’une nouvelle mission, Taiyô rencontre deux jeunes agents oeuvrant pour le gouvernement. L’occasion est trop tentante de se joindre à eux, d’en apprendre plus sur son métier. C’est à cette occasion qu’il croise un politicien inquiétant, un espion que l’on croyait mort. Et que la vérité sur la mort de ses parents resurgit.

      Mission Yozakura family : la guerre des prétendants

      Ce troisième tome propose une première partie très comique axée sur la figure de Mutsumi. Celle-ci se trouve en effet au centre de multiples convoitises. La première, la plus ancienne se centre sur le grand frère. Ce dernier rivalise de créativité pour imposer les pires épreuves à Taiyô. L’auteur se plaît à développer cette présence à la frontière entre l’hyper protection et l’obsession. Ce second point nourrit d’ailleurs un des ressorts de l’humour : le malaise, le décalage produits par les actions du frère et surtout leur perception par les autres. L’ensemble explose lors d’une fête de mariage merveilleuse.

      La seconde convoitise c’est celle de Hadota, patron d’un magasin de jouets très à la mode. Hitsuji Gondaira installe un antagoniste insupportable à souhaits. Son arrogance se double d’une extrême confiance en soi et d’un sacro-saint mépris des règles. Tout est bon pour parvenir à ses fins : chantage, corruption…Ceci donne un face à face savoureux. D’un côté Taiyô, héros porté ses idéaux de noblesse et une bonne dose de naïveté. De l’autre, Hadota, challenger animé par une absence de scrupules et une inventivité hors normes.

      Un hommage à 40 ans de shonen

      Ce troisième volet de Mission Yozakura Family opère une très intéressante transition dans la trame narrative. En effet, toute la première partie reste dans la veine shonen du début. Nous retrouvons des archétypes : un héros en pleine formation, des mentors divers, des épreuves de plus en plus dures, un amour platonique. L’introduction des deux agents secrets poursuit en plus la construction de cet univers digne de John Wick où le monde des citoyens ordinaires coexiste sans le savoir avec celui des agents spéciaux. Cela conduit à la mise en place de bases secrètes improbables, de techniques de combats hautes en couleur.

      Cette partie shonen s’appuie sur une véritable orgie de références/citations visuelles extrêmement drôles et parfaitement cohérents avec l’univers. Pêle-mêle, l’auteur nous glisse une citation à Dragon Ball, Olive et Tom, Saint Seiya ou encore Dimension W. Une improbable répétition de mariage fait furieusement penser à un épisode de G.T.O. Et si vous rajoutez un clin d’oeil (sans jeu de mots) à Nick Fury ou à Shaolin Soccer, vous avez un aperçu de la douce folie qui anime ce Mission Yozakura Family.

      Mission Yozakura Family  : Un récit plus sombre

      La seconde partie de ce tome offre une évolution de ton surprenante et très bien amenée. Au détour d’une nouvelle mission périlleuse, les Yozakura font face à un étrange politicien. Populaire, démagogue, excentrique, il fascine les foules. Mais derrière ce show politique, que se cache t’il ? L’auteur profite de ce personnage pour discuter de la démocratie et de ses dérives face au poids de l’image. Il fait aussi référence aux nombreux scandales politiques qui ont émaillé la vie politique japonaise.

      La grande nouveauté de ce volume concerne les nombreuses révélations/mystères. Les parents décédés de Taiyô semblent au coeur d’une affaire tortueuse. De même que la figure de Black face. Est-il vraiment un antagoniste ? Quels liens a-t-il avec la mort des parents du héros ? Autant de questions qui demeurent en suspens et qui rendent les prochains tomes explosifs.

      Ce nouvel opus de Mission Yozakura Family fait encore mouche. Toujours aussi drôle, le récit prend une note plus dramatique augurant une nouvelle phase dans la narration.

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