Winter Break : un film de Noël sensible et touchant

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Winter Break

Alexander Payne vous le connaissez sans doute pour certains de ses films précédents comme Sideways (2004), The Descendants (2011) ou encore Downsizing (2017). Il est de retour cet hiver avec Winter Break, une comédie dramatique touchante emmenée par Paul Giamatti et le jeune Dominic Sessa. Winter Break raconte comment le jeune Angus se retrouve bloqué avec l’un de ses professeurs pendant les fêtes de Noël dans leur université. Les deux individus, que tout oppose en apparence, vont apprendre à se connaître et à s’apprécier.

Winter Break : une histoire touchante

On peut facilement avancer que Winter Break est tout simplement l’un des films américains le plus touchant de cette année 2023. Alexander Payne dresse le portrait de trois personnages délaissés, seuls, abandonnés, avec une sincérité à toute épreuve. Winter Break est une œuvre sensible, touchante, toute en retenue, qui se penche sur la solitude, qu’elle touche un adolescent perturbateur, une cuisinière en deuil ou un professeur vieillissant, laid et blasé.

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Dominic Sessa, Paul Giamatti et Da’Vine Joy Randolph dans Winter Break

Alexander Payne propose un film sur l’isolement, sur la solitude, et dresse le portrait des laissés pour compte, des oubliés, des gens tristes et seuls. Nostalgique et marginal, Winter Break dépeint le quotidien de trois personnages brisés, apprenant timidement à avancer, à passer au-dessus de leurs peurs et de leurs préjugés, pour devenir autre chose, pour devenir meilleurs, et surtout pour faire la paix avec eux-mêmes.

L’hommage aux années 1970

Winter Break est un magnifique film de Noël, à la fois drôle et touchant, qui questionne la plus généreuse des fêtes, tout en abordant la nature même de la notion de privilège. Alexander Payne questionne la place de Noël dans l’esprit des gens, sa représentation sociale et politique, et son impact sur des individus fracassés par la vie. Winter Break est aussi un récit d’apprentissage attachant, où un prof, magistralement incarné par Paul Giamatti, va se servir de ses connaissances (et pas seulement en histoire et en lettres) pour éduquer, instruire, conseiller, élever. En ça, le film se place comme un digne héritier de Le Cercle des Poètes Disparus. Mais la comparaison s’arrête là, tant Alexander Payne réalise un film très personnel. Winter Break offre également des évolutions de personnage passionnantes. Des trajectoires extrêmement attachantes qui rejouent, avec verve et sensibilité, le vieux tour de passe-passe du père spirituel et adoptif : un homme qui découvre un fils, et un fils qui découvre un père.

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Winter Break

Alexander Payne voulait porter cette histoire depuis plus de dix ans maintenant, quand il a découvert Merlusse (1935) de Marcel Pagnol. Il a alors décidé de placer son récit dans les années 1970, une époque durant laquelle il était encore adolescent. Son père était lui-même professeur à l’université. Et plus que de réaliser un film sur les années 1970, Alexander Payne a mis en scène un film tout droit sorti des années 1970. Dès le logo Universal, modifié pour l’occasion, les spectateurs sont ramenés en 1970. Le cinéaste opte pour des couleurs désaturées , un grain dans l’image old school et une bande-son grésillente pour placer son assistance directement dans l’ambiance des années 70. Une idée incongrue et passionnante qui offre un décalage esthétique singulier des plus passionnants.