Bob Marley : One Love – un biopic largement convaincant

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Attendu ce 14 février, Bob Marley : One Love est le film événement de ce début d’année. Réalisé par Reinaldo Marcus Green (La Méthode Williams), le long-métrage est le tout premier biopic consacré au roi du reggae. Emmené par Kingsley Ben-Adir dans la peau de Bob Marley et de Lashana Lynch en Rita Marley, le film peut également compter sur Ziggy Marley, Cedella Marley ou encore Orly Marley à la production, et Stephen Marley à la direction musicale. Enfin, les véritables descendants des Wailers incarnent leurs pères dans le film pour encore davantage de réalisme. Bob Marley : One Love c’est donc un peu une histoire de famille, la moindre des choses quand on parle de reggae.

Bob Marley : la légende du reggae enfin à l’écran

Il y a un peu plus de dix ans, Kevin Macdonald réalisait l’excellent film documentaire Marley. Une œuvre emblématique, qui retrace la vie et le parcours du célèbre chanteur à travers des images d’archives. Ici, c’est autre chose. Reinaldo Marcus Green a la lourde tâche de mettre en scène le premier biopic consacré à la légende du reggae. Pas une mince affaire.

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Kingsley Ben-Adir dans la peau de Bob Marley

Pour rester concis, le cinéaste choisit d’explorer une période charnière de la vie de l’artiste, à savoir les années 1976-1978. Deux années importantes dans la vie de Robert Nesta Markey durant lesquelles il s’est fait tirer dessus, et durant lesquelles il s’est exilé à Londres pour composer le plus grand album de sa carrière : Exodus. Un album emblématique composé de sons inoubliables comme Jamming, Three Little Birds ou encore One Love. En 1999, le magazine Times l’a même élu meilleur album du XXe siècle.

Un biopic qui s’éparpille un peu mais extrêmement attachant

Difficile de se contenter d’un seul angle avec Bob Marley. Est-ce qu’on parle de sa musique ? De son implication politique ? De la Jamaïque ? De sa famille ? De religion ? De son message ? De sa mort ? Il y a tellement de sujets possibles que Bob Marley : One Love s’éparpille un peu. Biopic assez classique, ponctué de flash-backs et de séquences attendues de reconstitutions, le scénario est relativement cousu de fil blanc, et part un peu dans tous les sens. Politique, amour, musique, religion, le film veut parler de tout ce qui caractérise Marley, à tel point que parfois, il ne parle plus vraiment de rien en profondeur. La faute, aussi, à une mise en scène parfois trop académique, qui parvient même à éclipser les séquences de concert, beaucoup trop timides pour convaincre. Et finalement, 1h50 pour parler de la vie bien remplie de Bob Marley, c’est un peu court. Il n’empêche que le simple fait d’entendre les délicieuses musiques de Bob Marley sur grand écran est un voyage en soit. Quel plaisir d’écouter Jamming, One Love, I Shot the Sheriff sur un écran géant.

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Lashana Lynch et Kingsley Ben-Adir

Kingsley Ben-Adir est absolument parfait dans le rôle de Marley, mais celle qui crève réellement l’écran, c’est Lashana Lynch, remarquable dans la peau de Rita Marley. Cette dernière est presque la véritable héroïne du film. La comédienne prend une place folle dans les habits de cette chanteuse qui a tout sacrifié pour Bob Marley, sa carrière comme sa jeunesse, qui a évolué dans son ombre, et qui a soutenu l’homme et l’artiste malgré ses erreurs, ses trahisons, et sa renommée montante. Femme sensible, talentueuse, courageuse, tenace et extrêmement intelligente, elle est présentée sous un regard inédit dans Bob Marley : One Love et c’est incontestablement l’un des points forts du film.

Parfait pour les fans de Bob Marley, le film parvient à récréer à la perfection l’ambiance des années 1970. C’est une œuvre honnête, qui transmet le travail et le message de son héros avec sensibilité, spontanéité et véracité. On croit à tout ce que nous présente Reinaldo Marcus Green, qui offre un travail appliqué, crédible et passionné. Le message de paix et de tolérance est bien passé, et franchement, on sort de là avec plein de good vibes, l’envie de se refaire la discographie de Bob Marley, un petit pet au coin des lèvres.