Critique de l’anime Saint Seiya, saintia Sho : passez votre chemin

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Saint Seiya saintia Sho

Saint Seiya Saintia Sho est à l’origine un manga spin-off écrit par Chimaki Kuori et dont les 16 tomes sont disponibles aux éditions Kurokawa. L’histoire se situe en parallèle du Tournoi Galactique et de l’Arc du sanctuaire. Le succès éditorial de la série a naturellement débouché sur une adaptation en anime confiée au studio Gonzo réputé pour son travail. Mais difficile de faire du bon travail quand le matériau est si pauvre.

Les gardiennes de la déesse Athéna

Les chevaliers du zodiaque ne sont les seuls à protéger le monde. Les saintias, des jeunes femmes chevaliers, mènent également des combats acharnés pour protéger celle à qui elles ont juré fidélité : Athéna. Deux jeunes sœurs, Kyoko et Shoko, vont être jetées dans les braises de l’affrontement cosmique entre Athéna et Eris, déesse de la discorde. En effet, celle-ci a été enfermée dans une pomme d’or par son adversaire. Mais l’arrivée d’une comète annonce son retour.

Pour revenir sur Terre, Eris a choisi de se réincarner dans une mortelle et a choisi Shoko. Mais sa sœur Kyoko ne compte pas se laisser faire. S’entraînant sans relâche, elle est devenue une saintia, le chevalier du petit cheval, pour protéger sa cadette. Et quand Eris revient, Kyoko l’affronte. Mais la déesse est trop forte. Pour sauver sa sœur, la saintia se sacrifie et devient le réceptacle de la déesse. Folle de chagrin, Shoko décide à son tour de devenir chevalier pour libérer l’âme de sa sœur et empêcher Eris de faire sombre la Terre dans le chaos.

Saint Seiya saintia Sho

Saint Seiya  saintia Sho : une réalisation très poussive

Saint Seiya  saintia Sho déçoit d’abord par sa réalisation très pauvre. En effet, l’anime alterne entre le passable et le très mauvais. L’animation hésite entre de la 2D old school hommage à l’œuvre originelle et une 3 D moderne qui lorgne du côté Saint Seiya Hadès. Si l’on peut comprendre la volonté de s’intégrer dans la chronologie (les premiers épisodes se passent pendant la première saison de saint Seiya), cela crée un immense malaise visuel devant des séquences qui copient le style de 1986, en moins bien en plus.

Car non seulement cette animation est datée mais même les séquences modernes ne sont pas plus réussies. Cela se voit sur les visages qui en fonction des angles sont méconnaissables. Cela se remarque aussi au niveau des combats, très mous, fades et qui se contentent de copier ce qui a été fait dans les séries précédents. Ajouter à celle le design des santias, très médiocre (hormis la chevalière au masque) et vous comprenez la difficulté de se passionner pour cette histoire.

Saint Seiya saintia Sho

Une histoire qui sent bon le réchauffé

L’autre point négatif dans cette série concerne le scénario. Dès le début, les connaisseurs de Saint Seiya reconnaîtront les emprunts multiples à la série originelle. L’héroïne par exemple porte l’armure du petit cheval, copie conforme de celle de Pégase dont elle reprend également les attaques. L’histoire de réincarnation quant à elle, s’inspire du manga  Lost Canvas. Sans parler de l’omniprésence des chevaliers d’or dont nous reparlerons.

Ce qui saute aux yeux, c’est à quel point les producteurs/scénaristes se désintéressent de leur sujet d’origine. L’affrontement avec Eris est bouclé en 4 épisodes avant de revenir en toute fin de série sans réelles explications. Ce qui fait qu’une grande partie de l’histoire est portée par les Chevaliers d’Or (du Lion, des Gémeaux, du Scorpion) qui vont réellement faire avance la narration. Tragique aveu d’échec d’un récit qui a échoué ou n’a pas voulu poser de nouveaux personnages. Les saintias sont reléguées au second plan autant par manque charisme que d’absence de temps à l’image. Penser que la formation de l’héroïne est bouclée en un demi-épisode…

Saint Seiya saintia Sho

Saint Seiya  saintia Sho : la nostalgie a une fin

La saga Saint Seiya serait-elle en train de subir ce que la saga Star Wars vit actuellement au cinéma et en séries ? Cette série montre que les créateurs ne parviennent pas à s’extraire de la magistrale série d’origine. Les rares belles surprises (Hadès, Los Canvas) sont contrebalancées par les échecs retentissants (Soul of Gold, les longs métrages…). C’est encore plus vrai dans cette série où les rares moments attachant sont ceux qui surfent sur la nostalgie.

Elle offre, en effet, de petits moments où nous revivons des scènes culte de la première saison : le tournoi entre chevaliers de bronze, l’affrontement contre les chevaliers d’or. Les scénaristes tentent de nous offrir le point de vue des saintias et offrent de très rares interactions entre elles et les chevaliers de bronze. Mais tout cela est extrêmement vain d’autant plus que, connaissant la fin de Saint Seiya, tout l’enjeu autour d’Eris s’évanouit très vite.

Saint Seiya, saintia Sho est donc une immense déception. Histoire, animation, rien ne fonctionne vraiment. Il vaut mieux retourner voir l’incroyable série originelle.

La série est en intégralité sur crunchyroll.