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      Seule La Tour sauve de l’épidémie

      Alors que l’on laisse tomber les masquer dans les rues, le cinéaste Jan Kounen écrit avec La Tour sa première bande dessinée sur une immeuble pouvant sauver le monde d’une épidémie. Mais voudriez-vous y vivre une fois avoir lu cette chronique ?

      De la série télé à la bd

      La Tour est au départ une série écrite par Jan Kounen et Omar Ladgham mais le projet étant trop coûteux et voulant une plus grande liberté, le cinéaste a décidé d’en faire une bande dessinée chez Glénat. Il est logique de retrouver ce titre dans Comix Buro, collection inspirée du cinéma. Mr Fab, styliste et costumier devenu dessinateur, avait été chargé de réfléchir à l’identité visuelle du film. Logiquement, il se charge de mettre en image cette dystopie. On sent dans sa mise en page dynamique les cadrages d’un long métrage mais il sait jouer du médium différent en alternant sur le cadrage des pages entre des vues panoramiques de la ville et des plans serrés sur les visages. Le dessin faisant penser aux débuts de Rochette dans Transperceneige ne vise pas juste une belle image mais Mr Fab a compris que la succession des cases fait un récit.

      l'IA Newton dans La Tour

      En 2012, une simple bactérie a ravagé notre civilisation ne laissant trente ans plus tard que 2746 survivants vivants à Bruxelles dans une tour. Une intelligence artificielle, Newton, se charge d’assurer leur survie. Seuls les chasseurs sont autorisés à sortir de l’immeuble pendant deux heures car ce sont eux qui rapportent la viande, parcourant une Bruxelles redevenue sauvage. Avec fierté, Aatami vient de rejoindre ce groupe en tant que 47e membre mais elle cache ses véritables intentions et aura besoin de plus de deux heures à l’extérieur pour agir…

      La Tour est une splendide plongée dans un monde en déliquescence. Dès les premières pages, on est plongé dans une ville en ruine envahie par la nature. Les chasseurs ont fort à faire pour trouver du gibier alors qu’ils parcourent la ville en tenue de cosmonautes. Ne disposant d’une réserve limitée d’oxygène, chaque seconde est précieuse. Mais, le danger est aussi présent dans la Tour. Les scénaristes ont réfléchi à cette Tour construisant un rêve écologique. Elle est auto-suffisante en énergie par ses panneaux solaires. Ses vitres sont indestructibles ce qui est essentiel quand un faucon croyant avoir trouver une proie humaine menace de fissurer la fine protection de l’humanité. Une équipe d’intervention doit vite agir pour contenir la contagion. De plus, elle vieillit et la plus légère fuite peut tuer tout le monde. Donc Newton contrôle chaque action humaine par une caméra dans chaque pièce. Cette intelligence artificielle a la capacité de changer de forme mais elle a besoin de séances avec une psychologue car son fort ego devient envahissant. Ce personnage est le plus réussi de ce premier volume. Les autres très nombreux manquent d’espace dans ce tome d’exposition pour être subtils.

      Une critique sociale

      Les chasseurs hors de La Tour

      Ce récit en interne d’un groupe de survivants confinés dans un espace restreint évoque Snowpiercer. Un nouvel État est né dans La Tour, la Fédération des États-Unis d’Europe, mais les citoyens se divisent entre ceux qui ont connu le monde d’avant l’épidémie (les « anciens ») et les plus jeunes (les « intras »). Ces derniers supportent de plus en plus mal la domination des aînés. Ils veulent changer l’organisation sortir des règles qu’ils n’ont pas créé. Comment quitter sa famille quand il n’y a plus de place ? Jan Kounen et Omar Ladgham composent un récit d’anticipation pour montrer le conflit actuel des générations. Ce thème apparaît un peu légèrement pour l’instant alors que l’on est déjà au tiers du récit.  Dans la Tour, on ne s’épanouit pas mais on survit. La faim est très présente à cause de la surpopulation et du manque de production. Une enfant dénonce sa mère qui mange trop.

      Au terme de la lecture, La Tour est une réussite car les auteurs s’adaptent au médium. Le dessin réussit à impressionner alors que les scénaristes ne surchargent pas le récit par les dialogues mais, au contraire, de nombreuses pages n’ont pas de texte. Ce premier tome d’un triptyque se clôt par un puissant cliffhanger en fin de tome qui donne envie de lire la suite.

      Si cette chronique vous a intéressé, vous pouvez trouver d’autres textes sur les titres de la collection Comix Buro : Valhalla Hotel et Amen.

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