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      Gravelines, ou la destruction de la légendaire Invincible Armada

      Seizième tome de la série de Jean-Yves Delitte consacrée aux grandes batailles navales de l’Histoire, Gravelines, l’invincible Armada nous embarque au XVIe siècle, à un tournant majeur dans les rapports de forces européens, lorsque l’Invincible Armada espagnole du très catholique Philippe II s’est vue balayée par la modeste marine anglaise d’Elisabeth I, la protestante reine vierge.

      Déjà riche de quinze albums, dont le précédent est paru seulement une semaine avant celui-ci en octobre 2020 (voir Gondelour), Jean-Yves Delitte fait un beau travail de vulgarisation historique, sans pour autant tomber dans le didactisme parfois rebutant de ce genre d’exercice. Et contrairement au tome précédent, il en a confié le dessin à ses comparses Denis Béchu, Giuseppe Balguera et Nico Tamburo qui avaient déjà officié sur quelques albums précédents de la série.

      Chemin faisant, la série historique s’étoffe

      Les premières pages présentent donc assez adroitement le contexte et les faits qui vont conduire Philippe II à décider d’envahir l’Angleterre. Puis, on nous transporte en Flandres espagnoles où l’on suit deux soldats dans leur quotidien, ce qui permet au lecteur de s’attacher à l’univers qui nous est dépeint. Les événements s’enchaînent ensuite le plus naturellement du monde, peut-être de façon un peu trop classique diront certains – mais le but n’est pas ici de faire du roman – et passant des lignes espagnoles à la cour d’Elisabeth pour revenir au terrain et finalement à la bataille proprement dite, on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer durant la lecture.

      Gravelines :De la froideur des mises en couleur contemporaines

      On ne regrettera que la laideur de la mise en couleur qui gâche littéralement certaines planches. Tout est bistre ou kaki. Il n’y a jamais de lumière, pas la moindre couleur vive (le ciel bleu n’est jamais bleu ciel, l’herbe n’est jamais verte mais toujours caca d’oie, les rouges ou jaunes ne sont jamais francs et il n’y a pas de blanc). Le feu est marronnasse au lieu d’être brûlant de jaune, d’orange et de rouge. Il n’y a pas la moindre sensation de lumière, pas même dans le ciel ensoleillé d’Espagne. Si ce gros bémol (problème récurrent de la bande dessinée moderne) ne gâche pas le travail des auteurs, il en réduit toutefois le plaisir de lecture.

      On peut ajouter qu’en fin d’album, on trouve quelques pages d’un dossier résumant l’époque en général, donnant quelques éclaircissements sur le contexte qui sont très intéressants et qui pourront donner l’envie au lecteur d’aller voir plus loin pour creuser la question (À noter deux erreurs un peu gênantes dans le texte, lorsque l’auteur nous parle de « stratagème » au lieu de « stratège » et de « curie » au lieu de « curée »).

      Au bout du compte, l’album est l’occasion de se remettre en mémoire l’un des plus fameux moments de l’histoire des batailles navales de tous les temps. Et si l’on ne connaissait pas déjà les faits, il est fort probable qu’un lecteur intéressé aura envie d’en découvrir plus, que ce soit en matière de batailles navales célèbres par les autres tomes de la série (Glénat) ou que ce soit sur celle-là en particulier par la lecture de livres d’Histoire.

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